Un, dos, tres

Y que viva Europa ! Quelques mots d’espagnol pour une année européenne qui débute à l’heure ibère, sous le sceau de la nouveauté. Du passé faisons presque table rase, la nouvelle Europe vous salue bien ! Un nouveau traité, Lisbonne, difficilement acquis est entré en vigueur et sera pour les quelques années à venir le socle institutionnel sur lequel l’Union européenne devra coute que coute relever les défis qu’elle s’est posée. Plus d’excuses de dysfonctionnements ou de blocages institutionnels donc ? Pas sûr, mais ce que Europe a voulu, Europe en est aujourd’hui pourvue. Énergie et environnement, gouvernance économique, relations extérieures, etc., les priorités ne manqueront pas pour une Union Européenne en « phase d’apprentissage permanent » pour citer Günther Nonnenmacher du Frankfurter, et dont l’équilibre fragile repose sur le contrat passé entre ses membres, États souverains s’il en est.

Pour l’heure, on attend de voir. Un traité certes, deux présidences, trois piliers. Un, dos, tres. Les hasards du calendrier accordent donc le privilège à Jose Luis Zapatero d’inaugurer le nouvel équilibre européen. Pour faire simple, il sera en charge de mener la présidence tournante de l’Union Européenne pour six mois, exercice précédant au traité de Lisbonne. Un moment fort pour le pays à la tête de l’UE, qui lui permet de montrer son engagement européen et de placer les priorités de son choix dans un cadre communautaire, par exemple, le rapprochement avec l’Amérique Latine ou la lutte contre la violence faite aux femmes.

Mais à cette présidence tournante s’ajoute la présidence tournante de l’UE pour deux ans et demi, incarnée par l’insignifiant Herman Von Rompuy, oui, oui…Situation inédite qui pose sine die la question du partage de compétences.

Comme le soulignait Olivier Duhamel, on peut pour le moment croire que « tout est au mieux dans le meilleur des mondes » , les deux présidents s’accordant sur le renforcement de la gouvernance économique de l’Union Européenne. A la prudence de la présidence espagnole, on répondra par les arguments suivants : laisser d’une part s’installer Von Rompuy et Catherine Ashton dans le nouveau cadre institutionnel et montrer ainsi qu’elle est une bonne élève de Lisbonne. D’autre part, diplomatiquement imposer ses dossiers tels que le renforcement des droits des citoyens européens et de l’influence de l’Europe dans le monde (dix sommets bilatéraux prévus). Et si vous n’y croyez toujours pas, Herman Von Rompuy et Jose Luis Zapatero ont cosigné une tribune où ils promettent  » de consolider le nouvel ordre institutionnel dans un esprit de coopération et de loyauté« . On y croirait presque, à l’idéal européen du compromis ; à suivre.

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