
On connaissait le shopping classique.
1) On se ballade
2) On entre dans la boutique
3) On achète. Ou pas.
On connait aussi le shopping 2.0.
1) On surfe
2) On bookmarke
3) On achète. Ou pas.
Mais personne n’a encore considéré le shopping 3.0. Celui du futur, celui où la marque et le client ne tomberont plus sur les embarassants écueils qui suivent.
1) La boutique est moche ou a l’air trop snob, on ne rentre pas.
2) Le vendeur n’est pas pertinent, on le rabroue.
3) Le vendeur est envahissant, on s’enfuit.
4) Le produit ne nous plaît pas, on s’en va.
C’est pourquoi j’ai décidé de construire le programme suivant, qui permettra au rituel du shopping de devenir plus naturel, plus doux, plus agréable.
- Il faut d’abord créer la curiosité. Une vitrine ne doit pas présenter de simples produits, mais bien l’ensemble de l’identité culturelle de l’endroit. Une mise en scène mêlant contenus audiovisuels et articles vendus serait l’idéal.
- Le vendeur n’est pas un marchand. Ce n’est pas moi, c’est l’expert en la matière, le fondateur de l’Eclaireur – Armand Hadida – qui le dit. Le shopping doit être un moment à l’instigation du visiteur. A moins de vendre des fausses assurances au 3e âge, il faut bien comprendre que les vieux ressorts psychologiques enseignés en cours de vente ne doivent pas avoir cours dans un environnement où l’on est aussi au service du client. Respecter le client, c’est respecter l’image qu’il se projette de notre marque, ni plus ni moins. Le prendre pour un con, c’est agréer la pauvreté identitaire d’une marque.
- Le vendeur est aussi un conseiller. Il doit dès lors être capable non pas de produire un discours formaté centré sur le produit ou la promotion du moment, mais bien habile à construire une conversation riche avec le client. Vendre un vêtement ou un accessoire, c’est donner un écho réel à toute une vie intérieure – culturelle – du client. Il n’y a rien de pire qu’un triptyque « Que puis-je pour vous? (gratte moi le dos) Oui oui ça vous va bien (merci je suis belle je sais) C’est notre nouvelle collection (ah bon, ça ressemble aux années 80 pourtant) ».
- Pour fidéliser une clientèle large et sceptique, il faut étendre le périmètre de désirabilité et de coolitude de la marque et de l’enseigne. Le client déçu de la sélection du moment n’est pas une cause perdue. Son attachement peut s’ancrer à de tous petits détails: l’ambiance musicale, le parfum, la décoration. C’est donc un travail très pointu qui peut être fait dans l’Autour. Un design soigné ne suffit pas, il faut tendre des perches de familiarité au client. Au choix, une sélection diversifiée d’ouvrages dans la bibliothèque, une playlist variée et lisible, une invitation à une programmation culturelle.
C’est en innovant que les boutiques de mode pourront sortir de la crise. Le client d’aujourd’hui est à la recherche d’interactivité, d’échange et de dialogue. C’est dans cette optique éloignée des impératifs marchands ancestraux – discours nébuleux et obtus, distanciation snob dépersonnalisante – que les communautés se formeront autour d’une marque et de son point de vente.
Les shops de cette nouvelle décennie seront de véritables acteurs de la vie culturelle. J’espère.
Source image : http://www.frenchtruckers.com
Manifeste du shopping 3.0 (part 1, le shop)
On connaissait le shopping classique.
1) On se ballade
2) On entre dans la boutique
3) On achète. Ou pas.
On connait aussi le shopping 2.0.
1) On surfe
2) On bookmarke
3) On achète. Ou pas.
Mais personne n’a encore considéré le shopping 3.0. Celui du futur, celui où la marque et le client ne tomberont plus sur les embarassants écueils qui suivent.
1) La boutique est moche ou a l’air trop snob, on ne rentre pas.
2) Le vendeur n’est pas pertinent, on le rabroue.
3) Le vendeur est envahissant, on s’enfuit.
4) Le produit ne nous plaît pas, on s’en va.
C’est pourquoi j’ai décidé de construire le programme suivant, qui permettra au rituel du shopping de devenir plus naturel, plus doux, plus agréable.
- Il faut d’abord créer la curiosité. Une vitrine ne doit pas présenter de simples produits, mais bien l’ensemble de l’identité culturelle de l’endroit. Une mise en scène mêlant contenus audiovisuels et articles vendus serait l’idéal.
- Le vendeur n’est pas un marchand. Ce n’est pas moi, c’est l’expert en la matière, le fondateur de l’Eclaireur – Armand Hadida – qui le dit. Le shopping doit être un moment à l’instigation du visiteur. A moins de vendre des fausses assurances au 3e âge, il faut bien comprendre que les vieux ressorts psychologiques enseignés en cours de vente ne doivent pas avoir cours dans un environnement où l’on est aussi au service du client. Respecter le client, c’est respecter l’image qu’il se projette de notre marque, ni plus ni moins. Le prendre pour un con, c’est agréer la pauvreté identitaire d’une marque.
- Le vendeur est aussi un conseiller. Il doit dès lors être capable non pas de produire un discours formaté centré sur le produit ou la promotion du moment, mais bien habile à construire une conversation riche avec le client. Vendre un vêtement ou un accessoire, c’est donner un écho réel à toute une vie intérieure – culturelle – du client. Il n’y a rien de pire qu’un triptyque « Que puis-je pour vous? (gratte moi le dos) Oui oui ça vous va bien (merci je suis belle je sais) C’est notre nouvelle collection (ah bon, ça ressemble aux années 80 pourtant) ».
- Pour fidéliser une clientèle large et sceptique, il faut étendre le périmètre de désirabilité et de coolitude de la marque et de l’enseigne. Le client déçu de la sélection du moment n’est pas une cause perdue. Son attachement peut s’ancrer à de tous petits détails: l’ambiance musicale, le parfum, la décoration. C’est donc un travail très pointu qui peut être fait dans l’Autour. Un design soigné ne suffit pas, il faut tendre des perches de familiarité au client. Au choix, une sélection diversifiée d’ouvrages dans la bibliothèque, une playlist variée et lisible, une invitation à une programmation culturelle.
C’est en innovant que les boutiques de mode pourront sortir de la crise. Le client d’aujourd’hui est à la recherche d’interactivité, d’échange et de dialogue. C’est dans cette optique éloignée des impératifs marchands ancestraux – discours nébuleux et obtus, distanciation snob dépersonnalisante – que les communautés se formeront autour d’une marque et de son point de vente.
Les shops de cette nouvelle décennie seront de véritables acteurs de la vie culturelle. J’espère.
Source image : http://www.frenchtruckers.com