On a tous une fessée en nous

La fessée. Un sujet anodin ou provoc? Pas tant que ça. Depuis quelques années, cette question remonte autour de moi. Elle alimente les soirées entre amis en créant des clivages inédits. Rapide états des lieux : à ma droite « Angélik », elle voit la fessée comme un geste rétrograde, machiste et barbare. Une facilité qui n’invite pas à l’intelligence et qui risque (oh my god)… de traumatiser l’enfant et de freiner son processus créatif. A ma gauche « Poojad » qui voit le paficisme des « non fesseurs » comme une invitation à la passivité et donc au désordre, signe de plus d’une décadence de civilisation. Mine de rien, cette discussion n’a rien d’une conférence de comptoir. Ce parti pris se trouve en effet au cœur du processus éducatif, avec la notion de punition plus ou moins forte, plus ou moins adéquate.
A mon sens, cette question ne peut être traitée sans un éclairage plus large du rapport à la force physique.
Mettons les pieds dans le plat : de nombreuses femmes battues recherchent au départ l’attrait d’un homme viril et brut(e), dont la force va leur permettre de stimuler le désir (animal quand tu nous tiens) et l’orgueil (le côté conquête du barbare). Tentation de soumission ? Une des pistes consiste aussi à voir cela comme un moyen de maitriser ce qui fait peur : un levier d’apprehension de la barbarie du monde en jouant avec.

Bien évidemment, la légitimation de la violence faite aux femmes n’est pas à l’ordre du jour (pas dans ces lignes, dieu merci !), mais ce phénomène éclaire une attitude ambiguë et les dommages collatéraux qui en découlent. Servitude volontaire ? Cette démarche n’est pas isolée. On la retrouve dans les entreprises où certains se satisfont d’être serviles pour mieux être approuvés. Sentir la force permet à certains plus que d’autres de se construire. C’est curieux mais ainsi fait. Sommes nous tous un peu SM sur les bords ? A titre indicatif, ce cher Flaubert disait « le meilleur moyen de connaître une chose est d’en souffrir. »

1 Comment

  1. VQ:

    Je pense qu’il y a une distinction en effet entre les personnes qui appréhendent le monde via le concret, donc la force physique, et celles qui l’appréhendent de manière cérébrale, donc de façon immatérielle.

    Mais alors, naît on ainsi prédestiné, ou alors le traitement subi durant l’enfance conditionnera t-il ces schémas?

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