Fac, Grandes Ecoles…J’ai eu la chance de suivre plusieurs cursus en parallèle et d’avoir accès à différents univers.
Une chose a été clé dans ma formation « éducative » mais surtout personnelle : la force de l’écosystème de l’IEP de Lyon notamment et sa capacité à donner les moyens de transformer des affinités en projets.
Contexte :
un joli bâtiment à côté du centre de résistance, avenue Berthelot. Et puis surtout, quelques salles réservés aux étudiants, les fameux « locaux ». Au programme : labo photo, zone pour le BDE, matériel pour les apprentis journalistes et consorts. Rien d’exubérant non plus, les pancartes se faisaient à la force de l’envie et de la passion.
Une commission étudiante chargée d’allouer un budget pour les associations. Une expérience avant l’heure de « démocratie participative » ? Qui sait.
Quels atouts ?
- proximité : tu descends de cours et tu vas au sous-sol te construire
- réseau : tu es central dans la ville, « y’a plus qu’à » engager la conversation avec les gens que tu veux inclure dans ton projet
- partage d’expérience : les plus vieux étudiants aident les plus petits à bâtir leurs budgets et projets. Les profs se marrent de participer au dernier festival underground pour le commerce équitable
- premiers liens avec les entreprises : la Société Générale et la BNP se tiraient la bourre pour nous faire ouvrir des comptes associatifs. La CCI de Lyon nous suivait, la Mairie de Lyon passait parfois dans les locaux
Facile, efficace Et pourtant on apprenait en parallèle la philosophie politique.
Sciences Po Lyon et sa structure permettait une approche décomplexée de la construction individuelle. Le genre de projets qui transforment un CV en histoire de vie. Et en une histoire à plusieurs, si tenté que l’étudiant soit en mesure de s’impliquer un tantinet.
Et ça ne semble pas tellement surréaliste ni compliquée à construire.
Je suis en colère contre la fac.
En colère car la fac a en son sein un vaste vivier de talents, de gens doués, de gens avec des projets. De gens non détectés et non suivis.
En colère car certains décideurs de la fac s’abritent derrière l’argument que l’Université forme des cerveaux, pas des employés. Soit. Néanmoins les clubs de foot qui forment leurs futurs élites ont bien compris que tous ne deviendront pas des Zidane et qu’il faut anticiper les débouchés, au risque d’irresponsabilité. Si le PSG le fait, pourquoi pas l’Université ?
En colère car on met dos à dos Grandes Ecoles vs Universités, alors que la question des synergies n’est que trop rarement évoqué.
De la force de l’écosystème dans la formation supérieure.

lu 88 fois by 29 lecteurs



