Alors que la polémique sur le quota de boursiers à admettre dans les grandes écoles continue de faire jaser, cette semaine on a décidé de se pencher sur la question de l’inégalité l’égalité des chances sur le marché du travail selon votre parcours scolaire. Fac vs Grandes Ecoles.
Le débat de cette semaine nous amène à nous demander si l’une ou l’autre de ces trajectoires promet ou non une carrière professionnelle mirifique. Sur le fond, cette question repose sur une habitude culturelle. Celle d’être regardant sur les diplômes. Car oui, en France, les diplômes, ça compte encore, même pas mal. Au lieu de se tourner vers les grandes écoles, ne devrait-on pas davantage tourner notre regard vers les entreprises? Ces dernières ont-elles assoupli leur mode de recrutement ?
Car si l’expérience finit par primer au fil des années, on a souvent peur, la première fois, face aux recruteurs de se faire recaler parce qu’on ne vient de « nul part ». Venir de « nul part » c’est ne porter aucune étiquette reconnue, aucun nom prestigieux, alors que sur l’annonce, c’était écrit à la rubrique « Profil » qu’il fallait être issu du « Celsa, de Science-Po ou d’une grande école », comme s’ils étaient synonymes de « fabrique de compétents ». Aujourd’hui, il me vient trois termes pour définir les grandes écoles : formatage, réseau, étiquette. Au delà de ça, en entreprise, il ne me semble pas que les « étiquettés » soient plus intelligents, plus beaux, plus fort que les autres.
Au lieu de se demander combien de boursiers il faudrait intégrer dans les grandes écoles, on devrait d’abord se demander comment préparer correctement les étudiants à intégrer les entreprises (plus de stages ? de cursus professionnalisé ?). L’exemple des nouveaux métiers émergents (comme dans le digital) les contraint à venir sur le terrain pour faire leurs armes. Et le terrain c’est bel et bien l’entreprise et non la grande école ou la fac.

lu 100 fois by 54 lecteurs



Bim ! Pas du tout tranché, comme billet
Plus sérieusement, école, pas école, fac ou pas… Me dérangent plusieurs choses :
- y’a quand même des gens qui font arts du spectacle ou psycho, en sachant qu’il n’y a pas de débouché. Ok, très bien. Ceux qui s’en sortent ? Ceux qui en veulent.
- T’es dans une école, c’est bien pour toi. Mais si tu n’en fais rien, tu ne seras rien…
- L’idée même d’aller en école ne vient qu’aux enfants de cadres, c’est un fait. Et ça, ça fait ch***. Parce que n’importe qui devrait pouvoir se dire : « pourquoi pas moi ? »
- C’est bien l’expérience, c’est mieux de savoir ce qu’on a envie de faire de sa vie. Je dis oui aux études qui donnent à découvrir différents mondes. Je dis oui aussi aux formations continues pour jeunes pros. C’est bien de pouvoir évoluer.
- Admettre ou pas plus de boursiers… C’est une des formes de diversité qu’on tente d’initier par la loi. N’est-ce pas aussi un cache-sexe pour éviter de parler de la diversité tout court ? Tu sais, celle des blacks, des beurs, des handicapés ?
M’enfin, on verra ça en fin de semaine, hein ?
Bon, quelques idées jetées en vrac, là comme ça.
Marie > tu as raison, toutes les questions qui se posent, celle des quotas, celle de la fac ou de la grande école, tout ça sont des faux problèmes. Qu’on soit issu de l’un ou l’autre, je crois beaucoup en l’égalité des chances, la débrouillardise, l’opportunisme, la volonté d’utiliser son propre bagage personnel pour transformer l’essai. Soulever des questions de quotas, c’est montrer que l’on se reproche quelque chose…
Samy > Ce qui est intéressant c’est que ton commentaire se base sur un contre-sens. Et peut être ne seras tu pas le seul à le faire. Ma seule phrase un peu provoc’ c’est de dire que vous êtes étiquetés, formatés, blablabla mais ça, je l’assume, il y a une part de vrai dans tout ça, mais ça serait con de le prendre au premier degré. Ce n’est pas un constat bête et méchant, c’est une opinion destinée à soulever la polémique.. tu te souviens de la vocation de ce magazine…
Donc revenons à ce contre-sens. Je ne prends parti ni pour la fac, ni ne fustige la grande école même si au premier abord, c’est ce qu’il apparait. Si tu lis entre mes lignes, je dis que l’un ou l’autre peu importe, c’est l’expérience qui compte.
Je ne permettrais pas de juger les gens qui choisissent tel ou tel cursus. Je n’ai fait ni fac ni grande école, mon entourage est composé des deux et tous ont plus ou moins bien réussi. Une nouvelle fois, pour reprendre Marie ci-dessus, c’est ce que tu en fais qui compte. Mon jugement s’arrête là très cher Samy. du coup j’ai rajouté la fac à la fin de mon article pour équilibrer la balance et pour ne pas fâcher les gens de grandes écoles qui se sentiraient viser…
je ne me permettrais pas, j’aurais rêvé d’en faire une. (sans ironie)
Je dirais bien T 1 – 0 S
Mais je vais me faire clasher. Alors avant de poser mon pavé demain, je répondrais juste à Samy:
- il est admis dès le départ qu’il s’agit ici d’écouter les opinions de plusieur chroniqueurs, afin d’en tirer une synthèse en fin de cylce. Il est aussi prévu d’organiser des recueils de témoignage.
- dès lors il suffisait, mon ami, pour reprendre tes exigences de bien-fondé, de rigueur et de logique dialectique, de prendre note des intentions et du mode d’opération de ce blog. Tu n’aurais alors pas attaqué cet édito avec la virulence que je te connais, ou alors pas sous cet angle abrupt et précipité qui d’ailleurs t’a fait perdre sens.
Contrib à suivre.
J’ai effectué sagement 4 années de droit pour décrocher une maîtrise en droit des affaires, dans un environnement universitaire coupé au possible du monde du travail. Quand j’ai obtenu mon diplôme, j’ai pu entendre à l’unisson que non je n’étais pas employable car je ne connaissais que de la théorie.
Sauf que moi, j’avais fait ce que ce système « supérieur » me demandait de faire.
Je garde un goût très amer de cette situation qui m’avait alors apporté un malaise profond. Je n’ai mis fin à ce malaise qu’en changeant de voie et en m’auto-formant… Ce qui me semble assez hallucinant au final.
Aujourd’hui, je donne de temps en temps des cours en IUT. Et l’accent qu’ils mettent sur l’intégration en entreprise me tient vraiment à coeur. Mes cours, je les voeux en mouvement, proche de la réalité et des préoccupations des étudiants.
Je veux leur éviter ce que le système que j’ai connu, m’a apporté comme désillusions
Il me semble qu’avant ( il y a très très longtemps dans une galaxie très très lointaine)les employeurs étaient heureux d’employés des jeunes gens qui avaient fait des études universitaires, plus ou moins longue, qui avaient des connaissances théoriques et tout. Et maintenant, paf pastèque plus rien, si t’as pas bac + 5 et 5 ans d’expérience, autant dire que le patron il va te rire au nez. C’est mon cas, je sors d’une grande école, la même que VQ et François, et je glande chez moi parce que je suis trop diplômée et que je n’ai pas assez d’expérience. Alors que je m’en souviens bien des discours qu’on m’a tenu sur » vous êtes l’élite de la nation » blablabla…
Bref, il faudrait qu’on arrête absolument de dire que la fac ça ne mène à rien, qu’on arrête d’embaucher de partout des mecs qui sortent d’école de commerce ( et des nanas aussi) parce que franchement ça part en couille là. Une ets ne peut pas fonctionner correctement avec des gens qui ont tous le même profil. Il y a qq années, les écoles de commerces se sont ouvertes à des étudiants en BTS, ont ouvert leur concours bac+2 à des élèves venant de prépa littéraire pour mixer les profils. Mais les ets ne font rien. Professionaliser les étudiants est une bonne chose, mais il faut tout de même qu’on continue à avoir autre chose à côté parce que bon si on ne veut que former une bande de » bon techniciens opérationnels en 2 minutes » bonjour les dégats…