En Haïti, le Brésil ressent la tristesse de la guerre

Avec une élection présidentielle en ligne le mire, le terrain politique brésilien a pris une nouvelle dimension il y a quelques semaines lorsque les forces armées et le ministère de la défense ont été pointés du doigt par certains politiciens et groupes de défense des droits de l’homme. Ces derniers ont tenté de rappeler des actes commis par les précédents régimes militaires il y a quatre décennies.


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Lula avait pourtant réussi à prendre ses distances de ce piège politique. Mais c’est l’armée de l’air, une des forces parmi les plus progressistes de l’établissement militaire, qui s’en est prise à l’alliance stratégique franco-brésilienne visant à choisir un avion français plutôt qu’un avion de chasse suédois. Une décision dictée par la politique et les prix.

À Washington, les analystes du comportement du Pentagone se référent à des conclusions telles que le «syndrome de soumission la plus basse».

Mais c’était sans compter le choc du tremblement de terre en Haïti, qui a transcendé a conscience nationale du Brésil.

Des milliers de soldats brésiliens travaillent avec les forces de maintien de la paix de l’ONU en Haïti. Des rapports indiquent qu’au moins 17 ont péri, d’autres sont portés disparus, et beaucoup sont occupés à se défendre contre les groupes armés qui pillent et qui cherchent à contrôler les quartiers dans et autour de Port-au-Prince.
La tristesse a pris une dimension plus profonde car la plus grande nation catholique a appris que Zilma Arns, la sœur du cardinal de Sao Paulo, qui était active dans les efforts de secours en Haïti, est décédé à la suite du tremblement de terre.

Dès-lors, comme les mots de l’écrivain américain Langston Hughes qui décrivait l’attaque de Madrid pendant la guerre civile espagnole, toutes les horloges se sont arrêtés. La tension qui entoure les relations civiles militaires ont pris une dimension de détente. La force aérienne brésilienne a ouvert ses hôpitaux pour traiter les soldats blessés en Haïti.

Chaque jour, les gros titres des principaux services d’Internet annoncent la mort des forces de maintien de la paix des Nations Unies en provenance du Brésil. Et chaque jour, ces mêmes sites publient des informations où l’on apprend que de plus en plus de soldats brésiliens sont portés disparus en Haïti.

Bien que le Brésil ait dans son histoire envoyé 23.000 soldats en Italie pour aider les Alliés contre Hitler, on a pourtant l’impression de vivre au Brésil une tension proche de celle vécue par une nation en guerre.

Avec l’internet haut débit qui augmente la vitesse et l’impact de l’information, le Brésil, normalement considéré comme une culture de gens heureux et de musique joviale, ressent la douleur… à la manière de cette notion de “peacekeeping” qui est une nouvelle variante de la guerre.

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