Pensée Fac(ultative)?

Les écoles mieux que la fac? La question mérite d’être posée… Aujourd’hui, les écoles ont incontestablement le vent en poupe, et ce, pour plusieurs raisons:

Elles sont plus accueillantes : les étudiants ne déambulent pas dans de grandes usines à savoir, qui perdent les êtres humains par leur côté impersonnel. Laurent l’atteste: (A l’université, combien) « de gens non détectés et non suivis ». Dans les écoles, les élèves trouvent un aspect convivial et chaleureux, une proximité et une dimension humaine qui leur convient dans l’océan d’incertitudes du monde mouvant.

Ensuite, les écoles sont mieux armées pour la vie professionnelle : plus de stages, d’expériences professionnelles programmés pendant toutes leurs études. Cela les sensibilise à la culture professionnelle qui évolue en permanence. Les stages sont souvent plus prééminents pour les entreprises. La vraie plus value vient souvent pour les RH de la quantité (et dans une certaine mesure de la qualité d’expérience), chose permise uniquement en école. Ainsi, le marché du travail est mieux abordé par les écoles, et c’est la priorité des étudiants : être inséré, reste la clé de tout parcours.

Enfin, n’oublions pas un trait essentiel:  les parcours se construisent par des réseaux, et les écoles sont beaucoup mieux armées pour les établir, avec leur esprit corporatiste.

Néanmoins, pour être honnête (et moins cynique), la vraie question n’est pas celle de la compétition mais au contraire celle de l’amélioration globale. Comme questionne Laurent (le même), pourquoi ne pas parler de synergies?

Et surtout, il est grand temps de repenser cette exception culturelle française (méprisable celle-là), de penser que le talent à 20 ans est celui de toute une vie.

Faux car il est des jeunes un peu limités dans ce système qui deviennent des professionnels reconnus.

Faux car des étudiants aux multiples diplômes prestigieux sont capables du pire (n’est ce pas messieurs les directeurs généraux des grands groupes – avant la bulle Internet, des grandes banques – avant la crise des subprimes, et j’oublie nos énarques qui ont abondé dans ce sens…). Cette création de trajectoires rectilignes est la vraie gangrène psychologique qui atteint l’éducation de la société en profondeur. Car aujourd’hui, rien n’attaque cette violence symbolique d’une usine à  castes. Aux conséquences aberrantes: voir Vu Quan qui dénonce cette absurdité qui touche au recrutement: « Pour que l’embauche marche et que la compétitivité nationale augmente, il faut que les RH repensent leurs codes, surtout vis-à-vis des très diplômés. »

Faux, car la valeur des êtres humains est avant tout un processus psychosocial. De la même manière que les individus grandissent en questionnant leur environnement, les haut diplômés voient leur qualité intrinsèque décroitre avec la certitude de leur valeur immanente.

Faut-il y voir le signe d’une pensée fac(ultative)?

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A propos du chroniqueur

Antropologue et philosophe au quotidien (le reste n'a pas vraiment d'importance), j'oscille entre la réflexion contemplative d'un Aristote et la mordante taquinerie d'un Greg House. Ca vous agace? C'est déjà bon signe...