Sextape de «Marylin Monroe (?)», source : www.eteignezvotreordinateur.com
Difficile de passer à côté de ce phénomène de société qui a fait les choux gras de la presse people ces dernières années. Que ce soit pour relancer une carrière en perte de vitesse, se venger d’un ex partenaire ou même faire ses débuts dans le monde (la sextape comme nouveau bal des débutantes pour starlette), avoir une sextape relève de l’indispensable pour le people américain… Mais que dire alors de ces milliers d’inconnus qui ont immortalisé leurs ébats depuis l’invention de la caméra familiale ? La sextape est-elle un art réservé aux presque connus ? Dans un souci de démocratie et parce que c’est un luxe que vous pouvez vous offrir, voici les étapes pour réussir sa sextape.
Que vous vous appeliez Janine (boulangère de votre état) et que votre mari ai 15 bons kilos en trop ou que votre intérieur n’ait rien en commun avec une chambre du fameux Château Marmont (haut lieu de luxure et de dépravation de nos starlettes, Lindsay Lohan et Mischa Barton en tête), vous avez bien droit à un souvenir de vos exploits sexuels. Avant de se lancer dans l’aventure, il convient quand même de vous mettre d’accord avec votre partenaire sur le pourquoi de la question et les modalités de confidentialité. Par curiosité, ennui, aphrodisiaque pour les ébats futurs ou juste pour emmerder vos parents, aucune raison de faire votre sextape n’est plus ou moins bonne qu’une autre mais elle peut toujours devenir un poison si elle tombe entre de mauvaises mains. Si le but en est la diffusion en masse sur Facebook tant mieux mais si ce n’est pas le cas, pensez à l’avenir : « allez vous postuler pour la couronne de Miss France ? », « si votre partenaire actuel devient votre ex, est ce que cela ne risque pas de causer des soucis avec le futur ? », « avez vous l’intention de faire carrière dans la télé-réalité ? » (si oui, la sextape est un plus non négligeable dans le CV) et enfin « êtes vous prêts à VOUS voir faire l’amour ? ». Si c’est encore un grand oui pour les deux parties (ou plus), il est temps de réfléchir (encore, oui je sais, l’exercice physique vient après) à mettre toutes les billes de votre coté pour que votre sextape entre au panthéon des sex tapes aux cotés de One night in Paris et la vidéo de la nuit de noces de Pamela et Tommy Lee.
Faisons une liste (c’est mon coté fille, maniaque, un peu control freak sur les bords mais vous verrez, c’est quand même plus pratique comme ça) :
1-D’abord, la caméra… vous pouvez toujours faire ça avec un téléphone portable ou une webcam mais je conseille quand même du matériel de bonne qualité, maniable (pour la vue subjective !), avec des options et/ou accessoires (comme un pied, pour le plan fixe, ou la vision nocturne). L’idéal serait donc une bonne caméra DV. Avec au choix selon la taille, un sourire au prochain anniversaire du petit dernier si vous utilisez la caméra familiale ou un trip film porno avec une grosse machine…
2-Un storyboard : je ne vous demande pas de maîtriser le champ/contrechamp ou de dessiner sur des feuilles de papier la future sextape plan par plan mais juste d’anticiper l’action et d’avoir déjà quelques idées de mise en scène. Si c’est pour finir avec deux playmobils en missionnaire à 100m de là en plan fixe, vous n’avez pas besoin de moi. Mais jouer avec les angles, tenir la caméra à la main chacun son tour ou inventer un contexte au film (jouer avec la distance et le plan fixe en imaginant un voisin voyeur qui passait par là) sont peut-être des idées à creuser.
3-De la lumière : alors là, tous les goûts sont dans la nature, soit vous vous la jouez old school et vous préférerez la vision nocturne (moi je trouve que ça a un coté Blair Witch…), soit gonzo avec sur luminosité crue (il vaut mieux être bien balancée pour ça, mesdames) soit ambiance romantique avec bougies et lumières tamisées (votre cellulite et les petits défauts disparaissent comme par magie mais prévoyez des tests caméras avant pour ne pas ressembler à Sadako dans Ring avec visage creusé et blafard)
4-De la musique. Pour ne pas tomber dans le plan bruits disgracieux façon porno glauque ou hurlements genre équarrissage de porcs, je vous conseille de voir votre sextape comme une œuvre sexy mais de bon goût (pensez Dita Von Teese) : musique sensuelle, pose langoureuse, gémissements appuyés ou pas… vous êtes une reine de la nuit, l’impératrice du sexe pas la nouvelle étoile filante de Hot Vidéo.
5-Des accessoires ! Et pas nécessairement sexuels (quoique…), les bougies parfumées, bouteille de champagne, fraises, friandises, crème chantilly, huile de massage comestible, peinture au chocolat, déguisements (« je vais te fesser, Harry Potter !! ») et les obligatoires condoms sont à placer un peu partout dans la pièce le plus accessible possible.
Maintenant c’est à vous de jouer… laissez aller votre imagination, votre désir pour votre partenaire et surtout demandez vous ce que vous avez envie de voir sur cette sextape. Si c’est une parodie de Star Wars, un remake de la sextape de votre star préférée (avec la perruque), un délire gothique SM ou juste la preuve toute simple de l’amour que vous portez à la personne qui la fait avec vous, cette sextape est avant tout unique. Il ne vous reste plus qu’à vous amuser dans la joie et la bonne humeur et à effacer et recommencer encore et encore en cas de fou rire le lendemain matin…


2 Comments
« je vais te fesser, Harry Potter !! » : LOL, je n’y avais jamais pensé ! Ca nous encourage à la décadence tout ca :p
Une société de l’image qui crée sa norme de voyeurisme… Plus la pression tant individuelle et sociale de réinvention permanente de sa libido…
Rajoutons à cela le bon fameux buzz, qui dicte à l’opinion le scandaleux comme étalon de valeur… on secoue… et on obtient: Oh my God !
PS/ je suis d’accord avec Lucile, un peu d’ambition dans la conception et la réalisation sont indispensables….(la culture de l’image est passée par là)