Carla/Clara, même combat?


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Il y a quelques semaines, un plateau télévisé (LCP) s’attardait sur l’icône Carla Bruni Sarkozy. Au programme, une sémiologiste, une psychanaliste et un journaliste politique dissèquent les faits et gestes de la Première Dame.

Il ressort du débat que Madame Sarkozy impose une personnalité nouvelle, éloignée de son identité « people » originelle. Un des intervenants parle même d’embourgeoisement.

Le sentiment général est que cette tendance de l’ex-top model à lisser son image lui permet de légitimer sa position, et de créer une distance, une icône froide et inhumaine. On pourra contester cette image en invoquant ses engagements artistiques et humanitaires, ainsi que sa désinvolture à l’approche de certains plateaux télé.

Ce que le débat oublie, c’est que l’embourgeoisement de Carla ne participe pas que d’une gentrification de son identité. La sex symbol est toujours là, sous les robes Dior et les gant Hermès.

Mais oui, la coupe stricte, le maintien haut, les tenues haute couture et la minauderie ne vous rappellent rien? Messieurs (et Dames), creusez-bien. Dans la culture française contemporaine, il existe bien une figure mythique portant les mêmes valeurs et moues que la femme du Président.

J’ai nommé la bourgeoise salope estampillée Marc Dorcel 1990s. Si l’on s’arrête par hasard un soir sur les pâles copies érotiques meublant comme des fossiles les nuit de la TNT, on tombera parfois en émoi devant cette belle femme, distante, méfiante, voire cassante d’abord, qui par la beauté des jeux de l’Amour (et du Hasard), finira par dévoiler une sacrée bonne dose de frivolité.

L’identité visuelle porno chic caractéristique des campagnes de maisons de mode italiennes a trouvé son interprétation hybride, pute mais élégante à la française, et elle s’appelle Carla.

(Laure Sainclair, actrice dans Les Nuits de la Présidente – sic!)

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