Or voici donc qu’en écho à nos amis italiens, une effervescence remue certains groupes, blogs ou militants pour lancer un vaste « No Sarkozy Day » sur le mode du « No Berlusconi day ».
Je me pose la question de la pertinence et du bien fondé de l’action.
Parce qu’on sait, et c’est une expression de Jean-François Kahn, que la France a aujourd’hui une majorité d’insatisfaits mais aucune opposition crédible.
Donc on n’ajoute rien à la grogne ambiante de se mobiliser contre un seul homme.
Au mieux, quelques dizaines de milliers de manifestants, qui seront ensuite décriés et perçus comme des alter-bobos ou atermoiements sans lendemain.
Au pire : la manifestation ne parviendra pas à faire changer les électeurs indécis, ceux qui ne sont pas l’électorat historique de la droite. Ceux qui ont sincèrement cru que Nicolas Sarkozy incarnerait la rupture. Celui qui a donné aux commerçants, du moins certain, la chance d’être décomplexés lorsqu’ils portent leurs fourrures dans les congrès UMPistes.
La lutte contre la machine Sarkozy ne peut plus passer par de simples coups. Parce que l’engagement s’érode. Parce qu’après faire peu confiance aux élites, les Français risquent de se désintéresser du citoyen surexcité d’à-côté.
Dans une économie de l’attention, l’engagement est rare. Ce genre de défouloir est contre-productif. On crie et on réfléchit ensuite, c’est inscrit dans ses gênes :
« A l’issue de cette journée de mobilisation, se tiendront partout des réunions ouvertes, où nous pourrons ensemble, démocratiquement, décider de la suite à donner à ce mouvement de contestation populaire du sarkozysme, contestation que nous espérons aussi large que possible. »


5 Comments
Et si on n’attendait pas le 27 mars ?
Et si ce soir, on regardait FBI sur la Deux ?
Very good. Si je peux me permettre, la différence avec l’Italie, qui donne beaucoup moins de sens à une telle manifestation en France, c’est que nous, citoyens, avons tous les moyens de nous exprimer au travers d’une presse libre. De plus, quelle valeur donner à cette mobilisation, comme tu le dis justement? Qu’on soit pour ou contre Sarkozy, on ne peut qu’accepter sa « légitimité démocratique « acquise par les urnes, retirée (ou pas) par les urnes. Cela semble un bien grand mot, mais il faut penser que les italiens se sont mobilisés contre un usurpateur du pouvoir qui bafoue chaque jour un peu plus les principes de l’Etat de droit, non ? Il s’agit de ne pas se tromper de cible…
mes copines blogueuses de gauche vont pas m’aimer, mais tout ce que je vois de cette journée, c’est qu’on va encore plus parler de lui que les autres jours, déjà sur twitter on ne parle plus que de ça, alors que bon merde quoi, y a Assia qui prépare un nouvel abum!
Donc je pense que ça sert à rien, sauf si qqun se dévoue pour lui envoyer une tour eiffel en porte clé dans les dents…
en meme temps, meme si je suis un peu sceptique, sur le plan symbolique ce serait pas mal… si vraiment c’est un truc national et pas juste une manif de zinzins…
@ tous
effectivement, ce qui est agaçant avec le petit Nicolas, c’est qu’il a réussi à établir un système où qu’on le honnisse ou qu’on l’encense, tout va dans son logiciel.
@flou effectivement, mais sans projet véritable, j’ai bien peur que ça ne fasse qu’un coup d’épée dans l’eau…