A serious man. Mais pourquoi ?

A Serious Man est paraît-il le nouveau chef d’oeuvre des frères Coen. A Serious Man, c’est un peu comme tomber dans la VDM d’un américain juif bien tranquille, au milieu des années 1960, de ses papiers peints psychédéliques, des débuts fracassants de la marijuana et des résidus du McCarthysme dont est atteint le voisin totalement WASP de Larry Gopnik qui tire sur les juifs dans son sommeil.

« Accept with simplicity everyting that happens to you« 

Pour mieux expliciter le message, les frères Coen nous entraînent sans sourciller dans une scène en Yiddish surréaliste au millieu d’un village enneigé d’Europe orientale, hyper esthétique ceci-dit. On hésite entre le sérieux du message religieux et le fantastique de cette séquence. Et à  faire appel aux voies du seigneur pour mieux comprendre pourquoi le malheur s’abat sans prévenir sur Larry Gopnik, on en perd un peu pied. Mais pour Larry, rien ne va plus. Quitté du jour au lendemain par sa femme pour Sy Ableman, délaissé par ses enfants égoistes, démotivé par sa carrière de professeur en suspens, traînant son frère du Jolly Roger à la frontière canadienne, là débute à ses côtés une longue traversée du désert.

Une seule question alors, mais pourquoi ?

Pourquoi Larry tel un pauvre Job dans son tonneau accepte-t-il avec tant de soumission les calamités que lui inflige Dieu sans vraiment s’en plaindre ni le maudire ? Il ira bien chercher conseil auprès des hautes autorités spirituelles de la communauté, hélas sans recours. La tradition n’existe que dans la Torah, elle n’est plus comprise par les membres de la communauté ; la religion devient une caricature.

Il est possible d’être dérouté par la situation de Larry et de ne finalement pas trouver une seule explication pour justifier le lien entre le péché et la punition, pour expliquer ce principe de contrition propre à un Serious man et un peu énervant. Pour les plus philosophes, de bons débats en perspective. Pour les autres, un portrait édifiant de la société américaine et de la communauté juive, tiraillée entre respect de la tradition et basculement vers un individualisme inévitable, précipité par les évènements des 60s. Au final, le salut, peut-être, pour Larry…

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