Indépendance et loyalisme : la politique tropicale est parfois paradoxale

Intéressant vote qui vient de se dérouler en Guyane et en Martinique il y a quelques semaines sur la question d’une plus grande prise ou non d’autonomie par ces territoires.

Le résultat s’est soldé par un second échec de l’autonomisation des collectivités territoriales après la Corse.  Si le résultat a surpris par son ampleur, son issue faisait peu de doute :Derrière certains mouvements comme celui du LKP, les habitants des DOM-TOM sont très attachés à leur appartenance à la France et opposés tout ce qui pourrait ressembler de loin à un début de commencement de cheminement vers l’indépendance.

Ainsi sur cette base, c’est la tradition la plus attachée au lien avec la métropole, le gaullisme puis la droite chiraquienne qui a longtemps tenu le haut du pavé, les partis de gauche locaux prônant très souvent ou la décentralisation de nombre de compétences (PS) ou l’autonomie ( Parti Progressiste Martiniquais) ou même l’indépendance (Parti Communiste Reunionnais).

Il n’était pas rare à la Réunion, de voir des électeurs progressistes voter pour la droite aux présidentielles par peur de l’indépendance

Avec la prise en main des outils de la décentralisation au cours des années 80, les iliens et guyanais se sont rendus compte que la République pouvait s’accommoder d’un pouvoir plus local et la gauche a pu notablement progresser électoralement.

Certes les situations sont très différentes d’un endroit à l’autre : Si la Réunion, Saint-Pierre-et-Miquelon et Mayotte ne comportent quasiment aucun indépendantiste ni même de véritables autonomistes, la Nouvelle-Calédonie comporte un grand nombre de forces, comme l’Union Calédionienne ou le FLNKS déterminées à aller vers un Etat souverain et qui comptent énormément dans le paysage politique. C’est là d’ailleurs le cas le plus extrême.

Même si dans l’incompréhensible scène politique locale de la Polynésie Française, on voit s’affronter indépendantistes, autonomistes et régionalistes sans que des forces conséquentes ne se revendiquent réellement du loyalisme à la métropole, personne n’œuvre réellement pour l’indépendance. Si la Guadeloupe compte d’importants mouvements, syndicaux notamment, demandant l’indépendance, c’est la parti socialiste, loyaliste, qui détient la région avec le très populaire Victorien Lurel. Sa principale opposition, l’UMP, qui garde de puissants réseaux, n’est pas moins non plus attachée à la République. E nfin si quelques indépendantistes existent à l’extrême-gauche du spectre politique de la Guyane, la quasi-totalité de la scéne politique est loyaliste.

Reste un cas des plus paradoxaux : la Martinique. Le MIM indépendantiste allié à d’autres forces encore plus attachées à la création d’un Etat indépendant a connu de gros succès aux élections municipales et gouverne la Région Martinique. Et pourtant  paradoxalement aucune avancée significative n’a été fait dans le sens du détachement de la métropole. Bien plus, en votant contre l’autonomisation, les martiniquais ont montrés que si ils aimaient bien les indépendantistes ils n’aimaient pas l’indépendance. Paradoxales politiques tropicales parfois

Rendez-vous sur Hellocoton !

lu 87 fois by 40 lecteurs

A propos du chroniqueur

Elu local, militant politique,salarié dans un grand groupe, consultant web, mes journées sont longues. Passionné de web, de chose publiques et privées, sympa à mes heures et lyonnais à plein temps