L’Homme de 2011

Après des années de sophistication progressive de la mode pour homme, accompagnée de son lot de silhouettes plus fines, plus « fit » – comme certains disent dans le milieu – et de nouveaux comportements masculins type peignage – UV – masque d’algues – épilation laser – fond de teint – eyeliner hérités de la culture féminine et/ou gay, il semblerait que la tendance pousse une nouvelle piste.

Je n’irai cependant pas jusqu’à dire que le métrosexuel est dépassé ou que l’übersexuel prendra sa place dans les modèles de lifestyle prêt-à-l’emploi dictés par GQ, car il faut considérer qu’en cette ère nouvelle de geekitude démocratisée, de communautarisation des looks, de multiplications des tribus elles-même poreuses (voir ce fameux Dictionnaire du look de G. de Margerie), l’homme peut décider désormais d’adhérer à un univers ou à un autre sans qu’il y ait d’hiérarchie historique.

Etre ringard ou avant-garde n’a plus de sens. Premier enseignement.

Emerge par contre une belle dichotomie de style entre

- une allure soignée représentée à ses extrêmes par les métrosexuels les plus superficiels (penser au héros d’American Psycho, Patrick Bateman – et non pas à David Beckham, trop cliché) et les kids maniaconarcissiques évoqués dans la dissertation précédente.

- et une allure brute représentée à ses extrêmes non pas par votre voisin punk à chien mais par ces grands garçons mal rasés, indépendants ou dominants. C’est sûr, être créatif freelance ou PDG d’une start-up ça tolère mieux l’échevelé. Des übersexuels, paraît-il.

Deux looks pour deux écoles de pensée, en fait. Moi, je fais partie de la troisième (celle du micro d’argent): sans être un obsédé du costume et de l’awesomeness, j’aime adopter un look casual mais strict. Une silhouette taillée à la serpe, bien qu’ayant peu à voir avec l’androgynie des baby rockeurs made by Hedi Slimane.

Je me situe donc à mi-chemin entre les premiers, optimistes et hédonistes, et les seconds, inquiets et revanchards. Chez les uns, on trouve la manifestation visuelle d’un certain spontanéité sans-gêne. Ils vivent dans l’immédiateté (écoutent donc Yuksek, par exemple) tandis que les autres vivent dans une projection temporelle, soit vers le passé justifiant de se prémunir des dangers de la nature, soit vers le futur justifiant une approche très aventurière des choses pourtant futiles de la ville.

Alors, en 2011, la Nature est à l’honneur, on revoit Into the Wild. Ou alors on retourne compulser ses disques de David Bowie.

AU CHOIX.

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A propos du chroniqueur

Shop + Project Manager pour Le 10ème Arrondissement - shop mode & culture à Lyon. Ecoute Shivaree, Rubin Steiner, Ghinzu et Royksöpp. Lit Hegel, Bard&Söderqvist et des Joystick vintage circa 1999. Regarde Sunshine, les adaptations Marvel et les films déprimants. Télécharge Spooks, How I Met Your Mother et Gossip Girl. Porte Commune de Paris 1871, Shipley & Halmos et Agnes B. Attend la fin du monde, et après.