Samuel Faure travaille en Affaires européennes, et est blogueur euro-politique sur Le Monde.fr. Pourquoi Obama boude-t-il l’Europe, revue de presse et analyse. A lire absolument pour saisir les vrais enjeux de la special relationship !
Non, non, aucune ironie dans le titre de ce billet.
Mais commençons par le commencement. Depuis hier, la presse européenne se déchaîne ici et là, là et ici ou encore là: Barack Obama n’assistera pas au sommet Union européenne / États-Unis qui devait avoir lieu à Madrid les 24 et 25 mai 2010.
Si la version officielle est que Barack Obama est déjà allé plusieurs fois en Europe ces derniers mois, l’explication est peut-être à chercher ailleurs. C’est l’avis de Jean Quatremer de Libération selon lequel, au mieux le Président des États-Unis ne s’y retrouve pas avec toutes ces têtes couronnées (Mme Ashton, Mrs Van Rompuy, Barroso, Zapatero, Buzek), au pire conseillé par Andrew Moravcsik il est agacé par la machine européenne produisant, selon le quotidien espagnol conservateur El Mundo, « peu de résultats ».
Une chose est sûre. Par cette prise de position, Barack Obama – premier Président des États-Unis à ne pas avoir connu la Deuxième Guerre Mondiale dixit Nanar Guetta – rappelle à l’Europe qu’en politique internationale plus qu’ailleurs, rien n’est acquis.
Dès lors, on peut envisager deux voies pour les Européen-nes, dans leur relation avec les États-Unis :
- soit ils font les vieux wasp fiers et vexés et s’exclameront sans tarder: « Pour qui se prend-t-il ce bronzé! » Dans ce cas, ils devront se préparer à ce que le Président américain troque les numéros de téléphone de Sarkozy, Merkel, et Brown contre ceux de Medvedev, Poutine, Jintao, Jinping et Jiabao en oubliant ceux de Van Rompuy et Ashton.
- soit ils entendent le « Ne vous endormez pas sur vos lauriers » et décident d’aller de l’avant et de montrer aux États-Unis que l’UE est un partenaire international crédible.
Alors que la presse européenne est si morose et pessimiste, pourquoi ne pas voir cette prise de position comme une chance pour la construction européenne ? Sans tomber dans un raisonnement schmidtien simpliste – ami/ennemi – et sans non plus épouser les dérives quatremeriennes – « il nous faudrait une bonne guerre » (pour construire l’Europe) – l’Europe, si elle arrivait à être unie, ce qu’elle n’avait su faire sous l’ère W.Bush, pourrait transformer la pichnette américaine en un multiplicateur de cohésion.
Les Européen-nes prendront-ils-elles la balle au bond ?


5 Comments
Pas fair-play de reprendre mon titre intégral sans linker…
bonjour Edgar,
c’est transmis à l’auteur (je doute qu’il est fait exprès…)
bon dimanche
bon dimanche !
@edgar
j’imagine que tu fais référence au dernier lien de ce billet qui effectivement reprend intégralement le titre d’un des billets du blog la « lettre volée » en linkant la source primaire (la taurillon) et en n’oubliant la secondaire (la lettre volée).
mea culpa !
c’est effectivement injuste et pas réglo (même si c’est bien évidemment involontaire) de faire de la pub’ au taurillon et d’oublier ton blog.
je transmets immédiatemment ton lien à la rédac’ de tt-ça pr te linker.
ac mes plus plates excuses, très bon dimanche !
sf, l’auteur de ce billet, du blog d’à coté, euh du bar d’en face
pas de problème !