Une culture de l’after?

Qui n’a jamais entendu le warrior de la soirée interpeller l’assemblée à 4h30 du matin, pour proposer de continuer la soirée ailleurs?

A l’heure où certains se lèvent, où d’autres sont déjà endormis depuis une plombe (ceux qui s’endorment avec l’alcool) voire deux (ceux qui ne sont pas sortis), il y en a qui partent en quête de l’Après. Pardon. De l’After.

Pour ceux qui auraient lu « The Road » de Cormac McCarthy ou vu « 28 Days Later » de Danny Boyle, il est évident qu’il n’est pas sage d’attendre ce qui vient après. Au mieux un monde post-nucléaire, au pire une épidémie zombiesque.

Pourtant, à chaque soirée, il y a ces irréductibles noctambules qui n’ont curieusement pas peur de voir le jour poindre. Quelle est donc la force qui les pousse à faire nuit blanche?

Il est 19h, le moment de se trouver un petit before. Un vernissage ira très bien. Ah non! Ce soir, c’est le blog xtropcool.com qui fait sa release party dans (au choix) un café branché/musée décalé/rade agréé.

Quelques bières, un cocktail plus tard, on dîne. Ou pas. 23h, c’est le moment de se pointer chez des amis/potes/friendos/inconnus. Des chips pour  ceux qui n’ont pas dîné, de la vodka pour les autres.

Si tout va bien, à 1h, chopage dans le couloir, c’est tellement plus spontané que dans les chiottes. (N’oubliez pas, ça évite de devoir poster l’exploit en status facebook mystérieux le lendemain matin)

Le temps de redescendre, il est 3h23. Si vos amis sont sympas, ils ne vous ont pas lâchement abandonné à un retour taxivomi.

Dans ce cas, il y a toujours un retour d’acide ou autre chose, un cycle de sommeil dépassé – peut être? – qui vous relance. Il est alors hors de question de rentrer, encore moins de dormir. Ce qu’il faut, c’est. Un After. Un 5 à 7 du matin, quoi. Le trajet n’est souvent qu’un vague souvenir, et c’est une fin de nuit au fond d’un club qui se profile.

Faut il voir là une errance sans but, une quête sans résolution, ou au contraire l’after est-il une construction consciente du toujours plus loin cher aux animaux nocturnes? Ne pas finir la nuit, c’est en quelque sorte nier le lendemain, tout en espérant l’instant suivant. Cette contradiction m’intrigue. Si quelqu’un pouvait m’expliquer.

source: caligula

7 Comments

  1. Sarah Lemarié:

    hm… Il se passe quand même beaucoup de temps entre 1h et 3h23!

  2. je pense qu’il y a une corrélation importante à démontrer ici :

    soit X l’envie de prolonger la nuit

    soit a, le taux d’alcool, b, le taux de célibatage, €, le taux d’argent, f, le taux d’emploi plus ou moins fictif

    en clair
    X= f: (axb + €xf) + r (il faut toujours un résidu)

    en gros : plus t’as de sous, de célibatage et d’envie de chopper, et plus tu vas prolonger ta night

    se pose ainsi la question de la qualité de l’after : je crois profondément qu’un X très fort est indépendant d’un célibatage haut.

    qu’en penses tu ?

  3. Mathieu Lamour:

    Pratiquant la culture de l’after comme tu dis. Ta description aurai comme une petite faille : le chopage.
    D’expérience, cet instant (parfois magique), entraine une suite qui ne se finira pas en after 5 a 7 de beuverie et de vagabondage sur les grands boulevard…
    Comme l’a dit Laurent, lorsque le célibatage est au rendez vous, l’envie de chopper va entrainer la suite, mais ce n’est la qu’une des facettes de la course à l’after.
    Plus généralement, on cherchera à satisfaire un désir d’accomplissement. Une soirée qui ne sait pas révéler être à la mesure de ses attentes doit continuer. Que ce soit dans la recherche d’un partenaire de jeux ou dans la quète de la folie des nuits.
    Par définition, l’after signifie une rupture avec ce qui c’est passé avant, on passe à autre chose pour reprendre à zéro.
    Ma question : pourquoi ne pas apprécier les choses que la vie nous donne plutôt que de chercher ceux que l’on obtient pas ? Sommes nous des bêtes malades de frustration ? Dans un monde frustrant ?
    Et un petit pic pour la route, c’est pas un peu citadin (pour ne pas dire parisien) comme maladie ?
    Une bonne question en tout cas !

  4. vq:

    @Sarah: Certes. J’ai mis 1am plutôt que 2am en me mettant à la place des plus efficaces :)

    @Laurent: D’accord sur les paramètres de l’équation. Ceci étant, il est utile mais difficile de pondérer chaque variable selon l’importance qu’elle acquiert auprès de l’individu concerné.

    @Mathieu: J’avoue avoir pris le parti de me mettre dans la situation d’un gentillet chopouillage sans suite. Les plus efficaces se dirigeraient donc vers un autre scenario non inclus dans le questionnement ici présent. Quant à l’urbanité de la problématique, elle existe, mais je n’irai pas jusqu’à ire qu’elle soit spécialement parisienne. (Quoique je me couche plus tôt depuis que je suis à Lyon)

  5. En fait t’es en train de raconter nos soirées de ces cinq / six dernières années là ?

  6. Prolonger la nuit n’est ce pas fuir le jour ?
    Un after suppose-t-il forcément une nuit blanche ?
    (ton article à un nombre de lignes optimal qui en rend la lecture très agréable)

  7. VQ:

    @Samy, mais non tu sais bien. What happens in Vegas, stays in Vegas. Je romance une vie que je ne connais pas, là. C’est un procédé bloggesque très répandu.

    @Adrien, j’ai malencontreusement étendu la notion de nuit blanche à « ne pas dormir au moment habituel » au lieu de « ne pas dormir du tout ». Sinon tu ne peux pas imaginer comment j’ai lutté pour ne pas refaire un pavé.

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