Assiste t-on à la décadence du sport français ?

Une Marseillaise, la main sur le cœur, les larmes aux yeux, sur le podium protocolaire, alors que le drapeau français monte dans les airs. Et derrière, toute une nation qui célèbre son champion, dans les tribunes ou devant son petit écran… A quelques heures de l’ouverture des 21e olympiades d’hiver, à Vancouver, les spécialistes, politiques et autres amateurs de sport espèrent que l’hymne national retentira sur les montagnes canadiennes durant les deux prochaines semaines.  Les Jeux Olympiques, l’occasion de se poser une question : quelle est la place de la France dans le sport ?

Le français, langue officielle des instances internationales

Et là, premier cocorico, niveau organisation, la France reste une référence. Rappelons que les JO (d’été) de l’air moderne ont été remis au goût du jour par le baron Pierre de Coubertin, en 1896. Depuis, le français reste la langue officielle du comité international olympique, avec l’anglais. L’ensemble des commentaires à Vancouver seront donc exprimés en anglais mais aussi en français, et il en sera de même en 2012 lors des JO de Londres. C’est déjà une petite victoire face à la « perfide Albion ! »

Autre exemple, le français est également la langue officielle de l’UCI, l’union cycliste internationale. Là aussi, une raison historique : l’organisation fut créée à Paris en 1900, et à l’époque la France était le fer de lance de cette nouvelle discipline… le cyclisme. La FIFA (la fédération internationale de football association) utilise également le français comme langue officielle, au même titre que l’anglais.

Autre motif de satisfaction, la France organise tous les ans le 3e événement sportif au monde : le Tour de France cycliste. Devant la Grande Boucle, on ne trouve que les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde de football, ces deux compétitions ne se déroulant que tous les 4 ans…

La lente décadence de la France sportive ?

Malheureusement, si la France était moteur du sport international il y a un peu plus d’un siècle, aujourd’hui les choses sont beaucoup plus compliquées. Du point de vue des résultats, le classement de la France n’est plus ce qu’il était. Au niveau des JO, le bilan des dernières olympiades, à Pékin en 2008, s’est révélé paradoxal : avec 40 médailles, les athlètes de l’Hexagone n’ont jamais récolté autant de médailles. Pourtant, avec seulement 7 titres olympiques, la France se classe 10e nation, son plus mauvais score depuis les JO de Los Angeles en 1984.

En cyclisme, discipline longtemps dominée par les Français – en tout cas au cours du XXe siècle – on attend toujours le successeur de Bernard Hinault, dernier vainqueur du Tour de France, en 1985. Malgré tout, d’un point de vue statistique, la France reste largement la première nation avec 36 vainqueurs depuis 1903, loin devant la Belgique, qui en compte 18. Les Etats Unis, eux, sont loin derrière, avec (seulement) 10 tours, répartis entre 2 coureurs : 2 pour Greg Lemond (1986, 1989 et 1990) et 7 pour Lance Armstrong (de 1999 à 2005).

La mondialisation du sport

Rien d’étonnant à cela, la mondialisation, dans le sport aussi, est passée par là : exemple sur le Tour de France, dans les années 1950, le peloton au départ d’une Grande Boucle était composé au maximum d’une dizaine de nationalités. En 2009, on en comptait près d’une trentaine. Pour l’anecdote, il y aura 10 athlètes africains à Vancouver. La concurrence est donc de plus en plus relevée, tout du moins dans les sports individuels… La France a donc perdu des places au classement des nations dans certaines disciplines (en athlétisme et cyclisme notamment).

Il faut raison garder…

N’exagérons pas, moins de résultats ne signifie pas décadence. Nous ne sommes pas (encore) à ce que le président de la République mette en place un programme spécifique d’entrainement pour galvaniser la jeunesse et élever en batterie les champions de demain !

La France compte encore sur le plan international, tout d’abord au niveau des instances dirigeantes, ensuite dans un certain nombre de sports individuels et collectifs. Les handballeurs français en sont le dernier exemple, eux qui ont réussi le triplé historique : championnat du monde, JO et championnat d’Europe. En football aussi, malgré une qualification calamiteuse, l’équipe de France pointe encore à la 7e place au niveau mondial. Reste à savoir si 2010 permettra au XV tricolore de bien figurer dans le tournoi des 6 nations, si les athlètes Français réaliseront une moisson fructueuse au Canada, et si les hommes de Domenech arriveront à nous surprendre en juin prochain en Afrique du Sud…

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