Leçon de séduction N°3

(ou les limites à respecter, ou pas, dans le contexte du plan cul)

Passée la phase de séduction, les hésitations, les préparations, les blagues qui tombent à l’eau et les multiples questionnements inhérents à la situation (« On boit un dernier verre ? » « Chez toi ou chez moi ?») il est temps de passer à la finalité de l’échange : le plan cul en tant que tel. A ce moment précis, vos lèvres et vos langues ont déjà fait connaissance et vos vêtements sont partiellement disséminés à tous les coins de la pièce… il est temps d’attaquer sérieusement les choses. Supposons, que cet homme qui taquine vos zones érogènes n’est pas l’homme de votre vie, celui qui la partage et avec qui vous avez déjà fait la vaisselle/le ménage/les courses/glandé un dimanche matin… bref, un parfait inconnu ou presque. Vous ne connaissez que le strict minimum de ce compagnon de beuverie/voisin/meilleur ami/livreur/pompier/ce que vous voulez, il est hétéro et il a envie de vous et c’est déjà suffisant.

Règle n°1 :

Je ne le dirais jamais assez (c’est mon coté mère-la-morale), protégez vous. Car à moins que l’apollon fricotte avec le milieu du porno je doute qu’il trimballe un état des lieu complet de ses MST ou IST plus ou moins graves et ce serait bien dommage de s’en apercevoir plus tard (beaucoup plus tard même, quand vous n’avez même plus le numéro du monsieur pour l’engueuler copieusement). Un point intéressant, un détail qui a son importance, est à noter : il est IN-DIS-PEN-SA-BLE de se protéger également pour ce qui est de l’oral. La pratique n’est pas entièrement répandue, mais même si on n’attrape pas des bébés par la bouche a autant de risque de laisser passer une saloperie que plus bas (j’ai même lu que le papillomavirus pouvait provoquer des cancers de la gorge). Pour une petite touche de fun, on ose le préservatif qui brille, ou ceux à goûts divers et variés (pomme, fraise, menthe) qui ont la couleur de leurs goûts… C’est toujours du plastique, je sais, mais vous me remercierez plus tard. Oh… et bien sûr j’allais oublier, on change de préservatif entre le vaginal et l’anal (ou l’inverse), mais ça, c’est du bon sens (ah ah).

Règle n°2 :

Ne pas avoir peur de dire non (et à l’inverse, de proposer des techniques inédites). Car si le plan cul, coup d’un soir ou régulier, n’a de valeur et d’implication que sexuelle, tous les coups sont permis. Ca ne veut pas dire qu’il faut tout accepter (faut pas déconner non plus) mais il est bien sûr évident que se lâcher un peu plus que d’ordinaire fait partie du jeu. Je repense à ces forums où une question récurrente concerne la sodomie (« je ne le fais pas avec mon mari mais j’adore que mon amant me le fasse »), et j’ai bien envie de répondre à ces femmes : grand bien leur fasse. Pourtant, certaines pratiques nécessitent quand même un certain degré de confiance impossible à obtenir dans une configuration de ce genre sans prise de risques. Alors, si on se lance dans le SM light (ou pas), le fist-fucking ou la triple pénétration avec un parfait inconnu, il y a quand même des précautions à prendre avant. On oublie pas le safe word (un mot convenu à l’avance qui permet d’arrêter tout de suite le jeu), quelque chose pour se protéger éventuellement de l’amant un peu incontrôlable (une bombe au poivre, un pic à glace, le bottin téléphonique, un talon aiguille ou n’importe quoi qui passe à votre portée) ou le numéro des urgences à coté du téléphone.

Règle n°3 :

On va direct à l’essentiel. A moins que votre trip soit le jeu de rôle malsain, le mâle du plan cul est configuré et n’existe dans votre univers que pour le sexe. Inutile donc de simuler pour lui faire plaisir, de le sucer si ça vous n’en avez pas vraiment envie (voir plus haut) juste parce que vous sentez que vous devez le faire, de l’appeler par son prénom, et, plus tard, de le câliner et lui faire des compliments sur ses performances. Vous avez une chances sur trois que le monsieur fasse vraiment des efforts pour vous et ne s’occupe pas que de son plaisir personnel… alors, pour une fois, payez vous le luxe de faire la même chose. Si avec un peu de chance, vous savez que vous ne recroiserez pas l’intéressé et que vous ne prévoyez pas de faire des enfants avec lui (la fausse tendresse de circonstance serait juste un mensonge propice au délire bien féminin), lâchez-vous, faîtes lui en voir de toutes les couleurs, écoutez votre corps et demandez, à voix haute (je vous jure que ça fait son effet) ce qui vous ferait vraiment plaisir au moment où ça vous ferait plaisir.

Règle n°4 :

Si le plan cul est organisé à l’avance, prévoyez le matériel possible à vos délires. Que votre fantasme soit de l’ordre du jeu de rôle, du bondage, du SM, de l’utilisation de sextoys ou juste que vous délirez sur un huile de massage chauffante comestible (ma préférée : fraise et champagne, à essayer au moins une fois)… il vaut mieux prévoir le matériel que d’être déçue après. Au pire, le monsieur refuse de participer (et éclate de rire en vous voyant déguisée en canard avec une bougie dans une main, un fouet dans l’autre…) au mieux il est intrigué et la nouveauté l’excite encore plus. Et le best of the best, monsieur est un joueur sur la même longueur d’onde, pratique votre perversion obscure, la maîtrise et la respecte… Tout est possible, c’est là où réside la beauté de ce genre de moments.

C’est donc le minimum à maîtriser pour faire de ce rendez vous, un souvenir inoubliable (en ces temps de Saint Valentin, autant se faire un peu plaisir). Nous aurons, de toute façon, l’occasion de revenir ensemble sur les différentes pratiques, point par point. La semaine prochaine, je vous ferais découvrir le petit dictionnaire des relations amoureuses. Vous saurez tout sur les sexfriends, targets, love interests et autres one shots.

1 Comment

  1. Naïvement, je me posais la question (rapport à la règle 1) du « play safe » dans le cas d’un cunnilingus. Et puis je suis tombé sur ça : http://www.playsafe.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=44&Itemid=36
    ce qui répond à ma question.

    C’est toujours un plaisir de te lire !

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