It is the economy, stupid

L’année commence décidément sous de mauvaises augures pour l’Union européenne, et  sous les meilleures auspices pour ses détracteurs. De la dilution des compétences en politique extérieure que semble infliger le jeune Traité de Lisbonne au couac d’Haiti et à l’affront de Barack Obama, on a vu renouveau plus optimiste. Mais à cela s’ajoute depuis quelques jours une histoire de gros sous, qui est l’occasion de rappeler que l’Union, avant d’être un espace politique et de gouvernance, est une zone économique.

A l’origine, comme dirait l’autre, il y eut un projet de marché commun et d’établissement d’une vaste zone de libre échange qui répondait au principe simplifié selon lequel, l’économie, d’une main libre bienveillante, permettrait d’établir une paix durable, par la constitution de « solidarités de fait« .

L’espace économique européen, noyau de l’Union politique, s’est agrandi et renforcé durant cinquante ans. Ses membres peuvent se targuer d’appartenir à l’une des zones régionales les plus puissantes du monde en matière de commerce intra / inter-zone, et de flux d’IDE notamment. On pourrait considérer que l’achèvement du système se matérialise par la mise en circulation d’une monnaie unique. Relisons encore et encore à ce titre l’excellent article de Marc Fiorentino et justement intitulé « Si l’euro n’était pas là« . Bon gré mal gré l’euro nous protège de l’éclatement des bulles, des spéculations des grandes places financières et amortit les effets de la crise.

Le domino grec  s’écroule aujourd’hui en illustrant une gestion qui n’a rien de celle du bon père de famille et risque d’emporter avec lui les économies du pourtour méditerranéen. Le poids des déclarations politiques est dans le même temps extrêment faible. M. Van Rompuy s’est ainsi contenté d’assurer laconiquement que « les Etats-membres de la zone euro prendront des mesures déterminées et coordonnées, si nécessaire, pour préserver la stabilité financière de la zone euro dans son ensemble ».

Mais c’est sans compter l’existence d’un ensemble de structures et d’institutions financières solides, de l’Eurogroupe à la BCE sans oublier la Commission. Leur action de haut niveau pour la coordination des politiques monétaires remet à l’ordre du jour la notion moult fois évoquée de « gouvernement économique européen« . Que la Grèce promette à l’Eurogroupe de réduire son déficit public et de montrer sa bonne volonté d’ici trente jours, soit.

Mais de la tourmente on pourra alors tirer quelques leçons pour l’avenir : que ce gouvernement existe de facto ; qu’il a besoin d’un porte-parole, une sorte de super-ministre des finances qui rassurerait les places financières et limiterait des formes de spéculation dignes de la Curée ; qu’il doit enfin être complété par une coordination plus poussée des politiques budgétaires (impliquant des compétences accrues pour l’UE). L’économie accélératrice de l’histoire politique ? On peut y croire.

1 Comment

  1. en même temps, comment parvenir à cadrer un pays en pleine explosion de talents, d’envie, de lui donner envie d’Europe, et de le contraindre à une austérité ?

    politéia politéia j’entends ton nom..

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