Cette semaine, nous nous engageons!
J’ai hésité à traiter de ce qui sera très certainement considéré comme une nouvelle forme d’engagement dans les années à venir, à savoir : le statut « in relationship with X » sur Facebook, mais je me suis dit que, puisque l’occasion m’était donnée et qu’en tant que femme, j’allais pour une fois tenir des propos qui ne me ressemblent pas et parler de l’image des femmes dans les medias français.
J’accepte votre grimace signifiant : « sujet réchauffé », « sujet de féministe tout fraichement engagée »!
Oui mais non! Je ne vais pas vous servir le laïus sur l’aspect dégradant de montrer, dans des publicités ringardes, une femme plantureuse pour vendre une voiture de sport, ou une femme en micro-short et chaînes-en-or-qui-brillent (avec en option une éponge, de la mousse et une carrosserie à nettoyer), dans certains clips musicaux.
Au nom de notre grand principe d’égalité entre les hommes et les femmes, engageons-nous pour que ce qui est acceptable de l’image des hommes le soit aussi pour les femmes!
Les magazines stigmatisent ces Demi Moore ou Madonna qui sortent avec des « garçons plus jeunes » et pourtant lorsque Georges Clooney et Flavio Briatore sont vus avec des mannequins brésiliens, ils sont traités en héros.
Récemment, le Jury de Déontologie Publicitaire a été saisi d’une plainte relative à une campagne télévisée pour les montres Dolce&Gabbana qui montrait notamment les scènes suivantes :
Le film a été jugé choquant pour le jeune public par les plaignants, car il met en scène une pratique sexuelle entre une femme et deux hommes.
En application des dispositions déontologiques relatives à l’image de la personne humaine (« la publicité ne doit pas être susceptible de heurter la sensibilité, de choquer ou même de provoquer une partie du public en propageant une image de la personne humaine portant atteinte à sa dignité ou à la décence »), le Jury de Déontologie Publicitaire relève que la publicité en cause contrevient aux principes déontologiques, en mettant « en scène de façon explicite des pratiques sexuelles susceptibles de troubler ou choquer certains publics ».
Le débat sur le mérite de la tendance porno-chic mis à part, il est légitime de se demander si en représentant un homme avec deux femmes, cette publicité aurait été jugée moins choquante.
Naturellement, comparaison n’est pas raison mais pourtant lorsque l’on se remémore les publicités pour le déodorant Axe dans laquelle une horde de jeunes filles en bikini se ruent sauvagement sur un pauvre garçon innocent, la publicité est jugée drôle et acceptable.
Il en va de même pour cette campagne pour une boisson énergisante, au bon goût douteux :
Le Jury de Déontologie Publicitaire relève ici que « le traitement publicitaire de genre graveleux et de « mauvais goût » est volontairement choisi » . La publicité ne peut pas être qualifiée de pornographique, ni d’indécente et joue sur un message implicite qui ne peut pas être compris d’emblée par le jeune public. Elle est jugée acceptable car présentée de façon humoristique.
Et pourtant, il est à parier que si la même publicité avait mis en scène une femme avec un slogan en allusion à la taille de ses seins, la société aurait considéré que la femme en est réduite à une fonction d’objet.
Engageons-nous donc, Femmes, dans l’auto-dérision (à quand une publicité pour du Jello associé à une paire de fesses féminine pleine de cellulite? ok ce n’est ni glamour ni commercial mais c’est peut-être bon pour la démarche pour l’égalité homme-femme)
Considérons Eddie Britt la croqueuse d’hommes avec autant de respect que James Bond.
Oui à l’humour en toutes circonstances!
Source décisions et images : http://www.jdp-pub.org/




1 Comment
Bien vu Ermeline – ce qui est inacceptable et risque de choquer est encore une fois le désir de la femme. Mon Dieu comme nos fantasmes peuvent effrayer tous ces grands garçons. Bravo.