YSL Manifesto : quand la mode perd de son engagement

Le Manifesto d’YSL avait réussi depuis quelques années à générer une attention extraordinaire en cassant les codes conventionnels de la communication « Fashion » au sens large.

Oui mais voilà; ce qui était un rendez-vous digressif et porteur pour l’univers YSL est en passe de ressembler à Fashion TV dans un bar où on écoute Lorie : un artefact inutile.

Je cite Miss Planning:

« Le Manifesto » crée par la marque YSL est un « semi-viol » des codes habituels de l’univers très conventionnel du luxe, par sa réinterprétation des codes des magazines gratuits (type 20 minutes), et par l’intégration du street-marketing (tags + tracktage) dans les usages d’une marque de luxe. Cette « subversion de luxe » ne pouvait être que le fait de la Maison Saint Laurent.

Stefano Pilati,aurait perdu de sa superbe. Quelques photos artistiques, sans véritable intérêt. Pas par manque de talent d’Inez Van Lamsweerde et Vinoodh Matadin mettant en scène Natalia Vodianov, non. Mais par une narration proche du zéro pointé. Une semaine après, nulle trace d’ailleurs de quelconque analyse poussée sur des codes éventuellement transgressés par la maison YSL. Nada. Même Vogue n’a accordé qu’une annonce du rendez-vous, sans entrer dans le détail.

La mode ne peut pas simplement prendre d’un côté les fans pour de simples réceptacles à images. Et de l’autre les acheteurs ou top élites à part dans les boutiques et réseaux plus privés. Ce manifesto, c’est donner à voir sans donner à ressentir. C’est publié en nous faisant croire qu’un site web prolongera cette fameuse « expérience ».

De « demi viol » à demi vol, dans ce manifesto, le pas est franchi.

Rendez nous l’engagement.


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A propos du chroniqueur

Communicant consentant. Infâme contestataire socialisant. Sans-carte assumé. Ancien accro à l'Ayer's Rock et photographe freelance à ses heures. Schyzoblogueur. Connivences avec les Gônes, les Grecs, les Ardéchois et les Européens convaincus. A fait des Grandes Ecoles mais ne trouve pas ça sale. Directeur de la Rédaction.