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Dans le futur, il n’y aura plus d’immigré
C’est marrant, quand même. Alors qu’on n’a jamais pu autant voyager (merci LastMinute), s’expatrier (merci les VIE), manger de la culture (le couscous toujours plat préféré des Français), on voit ici et là s’agiter la peur de l’étranger. Et alors que notre joli pays est à la recherche de sa compétitivité économique, on n’arrête pas de durcir les conditions pour obtenir des papiers. Ou permettre à des talents de pouvoir avoir une place plus sécurisée au sein de l’entreprise.
Ce qui est bien pratique avec un discours sur l’immigration, c’est qu’il permet de se focaliser sur l’altérité. Pensez donc au jeu des 7 différences : on aura des réponses rapides, claires, discriminantes, sur ce qui est différent. Faites le même jeu et demandez alors ce qui se ressemble : ellipses, divagations, contours flous, approximations.
Soyons optimistes : on peut rêver d’un monde où à terme il n’y aurait plus d’immigré. Il y aura bien des migrations, des changements d’adresse, certes. Mais nos corps mélangés en passeport et en chair ne laisseront cette fois-ci plus d’aspérité à des discours basés sur le gène qui gêne.
Ainsi donc pour les ténors xénophobes, on a inventé (ou réinventé) de nouveaux clivages :
Et cette tendance risque d’empirer.
Dans le futur, donc, il n’y aura plus d’immigré. Mais il y aura toujours de nouvelles formes de bannissement, si l’on y prend pas garde.
En attendant, aujourd’hui est la journée sans immigré. Le début du manifeste est simple :