2050. La bipolarité est définitivement entrée dans les livres d’histoires Ipad et la puissance s’est déportée à l’Est, du côté du Soleil Levant. Le continent africain s’est désormais engagé sur la voie du développement économique et ses dictateurs éclairés sont devenus les véritables partenaires d’un monde toujours globalisé, sinon fortement régionalisé. Dans ce nouveau contexte, que sont devenus les États-Unis ? Imposent-ils toujours l’idéologie dominante héritée des Funding Fathers aux quatre coins de la planète ? Le libertarisme de Ronald McDonald a-t-il réussi à annihiler les dangereux barbus qui sévissent au Moyen-Orient et dans la Corne de l’Afrique ?
Dans ce nouvel ordre, quel scénario pour l’Union européenne ? 2050 - Idéal type : Des Communautés au Marché Commun et à l’Union politique, l’UE a fêté ses 100 ans d’existence institutionnelle. Le projet de Victor Hugo, des Spaak et autres Spinelli s’est réalisé : « Un jour viendra où vous (…), toutes nations du continent, vous perdrez vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous joindrez étroitement dans une unité supérieure et vous constituerez la fraternité européenne. »
Les États-Unis d’Europe, ou le nom que l’on souhaitera leur donner, ont vu le jour. Une forme institutionnelle de toute façon unique et hybride où les États membres ont délégué la majeure partie de leur souveraineté à l’Union. Un budget propre, une fiscalité, des citoyens impliqués qui adhèrent et participent au devenir d’un espace public qui s’étend…de l’Atlantique à l’Oural, et au sein duquel un noyau dur porte la périphérie.
L’Union n’est plus seulement ce soft power, cette Venus qui cherche sa voie. Elle est devenue un bloc puissant, tant en matière de politique extérieure, que de défense. Ses ambassades illustrent son rayonnement et coopèrent avec les instituts de ses pays respectifs. Ses interlocuteurs savent qui répondra au téléphone, c’est sûr. Elle est enfin un modèle de durabilité environnementale qui impose ses normes à ses partenaires…
Non mais tu rêves ! 2050 -scénario catastrophe : l’UE, acculée par ses turpitudes institutionnelles, n’a pas su relever les défis qu’elle s’était lancée avec le Traité de Lisbonne. La Stratégie de Lisbonne est définitivement enterrée et les inégalités entre les membres sont indécentes. Seul prime la politique de libre concurrence et la défense d’un euro toujours plus faible face aux monnaies asiatiques et au dollar qui résiste (j’aime bien l’Amérique, quand même). L’influence et la puissance se sont diluées dans l’éclatement des compétences et des égos souverainistes. On a remisé les vieux rêves. Jean Monnet ? Tout au plus un illuminé. On ne parle plus que d’intergouvernemental, d’une Union fantôme et fantasmée, écrasée sous le poids de son échec et confiné sur son petit espace géographique. Une Union délitée de sa substance et de son projet, chambre d’enregistrement, club de happy few qui se réuniraient pour débattre sur des problématiques impossibles (on me dit que ça existe déjà…), défendeur poussiéreux des droits de l’homme et des libertés fondamentales…
Aucun de ces deux scripts ne fait vraiment rêver. Et c’est plutôt une bonne nouvelle, puisque cela signifie qu’il nous reviens, à nous jeunes citoyens européens qui grandissons dans un espace commun de paix et de stabilité (là je te fais rêver hein ?!), doux artefact de nos précurseurs, conscients des évolutions de l’ordre international, d’écrire l’histoire qui donnera à l’Union européenne une place de choix et qui nous rendra fiers d’être européens, un jour…

2 Comments
Très bien de s’interroger sur le devenir de l’UE. Une lecture d’Une Histoire populaire des Etats-Unis d’Amérique d’Howard Zinn serait une source d’inspiration.
Les esprits se rencontrent, je suis justement entrain de le relire et m’en suis peut être inconsciemment inspirée
Une référence brillance ceci dit, je ne sais pas si nous avons un équivalent européen…