Inévitable dystopie

Ceux qui ont lu Huntington et Fukuyama ont sûrement aussi lu Huxley. Les grands prédicateurs du présent n’ont en effet d’égal que les auteurs d’utopies partagées et de dystopies redoutées.

Pendant que les deux premiers se penchent sur la Fin présumée pacifique ou violente de l’Histoire contemporaine – qu’une option ou l’autre soit envisagée, il ne s’agit que de la conceptualisation avancée d’un avenir découlant du cheminement actuel de l’Histoire – l’autre dépeint un monde quasiment parallèle au notre. Un monde où un choc, un événement – cataclysmique ou plus sournois – aurait provoqué une rupture. L’avenir n’est plus radieux, la fin est malheur global.

Pour moi, grand adepte de l’approche hegelienne de l’Histoire, les fictions d’anticipation dystopiques comme Children of Men (PD James), the Road (Cormac MacCarthy) ou 28 Days Later (Alex Garland/Danny Boyle), voire Dark Angel (James Cameron) sont les oeuvres les plus pertinentes, car elles sont l’écho d’un proche avenir que notre monde courant sur un fil de tension (sociale – économique – technologique) extrême devrait sérieusement envisager.

Lire une telle fiction aujourd’hui, c’est comme contempler notre vie (merdique) dans 6 mois, et se demander si les actions que l’on mène maintenant nous permettront d’éviter cette prévision ou si elles ne sont que les fatals choix amenant ce futur inévitable.

C’est cette même question, ce même sentiment auxquels les dirigeants du monde doivent se confronter en ce début de décennie.

« D’après ce que je lis, tout va partir en vrille dans les 20 ans à venir (écologie, identités nationales, quoi encore). Que faire. »
Visiblement, ils ont l’air de penser eux aussi que ce n’est qu’un mauvais film, et c’est ça qui fait peur.

…. A moins que tout cela n’est qu’une simulation produite par la Matrice, auquel cas, ouf.

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