Dans le futur, l’Elysée remerciera les « supporters » radicaux du PSG

Prenez 200 abrutis. 100 qui sont domiciliés dans la Tribune Boulogne, 100 qui ont décidé que leur terre d’appartenance est Auteuil. Leurs dadas ? Se fracasser la tête. De tribune à tribu, il n’y a qu’un pas.

On lit ça et là des sociologues qui tentent d’expliquer que le phénomène serait la résultante de différents facteurs plus ou moins fumeux. Pas franchement de lien avec des organisations politiques, à part sans doute de manière individuelle.

Et si on est un soir de match sur le quai du RER et qu’on ressemble à Jacob, Selim ou Jeannot d’ailleurs, on a le droit de se prendre une canette de Heineken dans la tronche. Vive le sport !

Dire qu’on appelle encore ça des supporters. J’ai bondi en lisant l’intervention de Nicolas Hourcade dans Libé :

«Il ne faut pas oublier que les associations ont aussi des dimensions régulatrices. La dissolution des Boulogne Boys en 2008 n’a pas apaisé la situation. L’absence d’association à Boulogne est un problème. Peut-être que les autorités peuvent essayer de dissoudre les bandes violentes mais, a priori, la mesure de dissolution s’applique mieux à des associations qu’à des bandes.»

Le constat est terrible : afin de faire taire la violence dans un…stade…il faudrait donc passer des accords avec les associations d’ultras. Afin que ces associations puissent associer ces électrons libres violents, et donc les contrôler. Et padré, tu peux faire de la revente de billets au black, par contre ne tape pas sur le dealer d’Auteuil. On est où là? On parle bien de 200 zozos à qui on ferait mieux de radier à vie l’entrée au Stade ? Ou mieux, interdire le droit de vote. Plus radical chic.

En Italie, on appelle ça faire un deal avec la mafia. J’appelle ça faire un compromis inacceptable. La loi du silence, quand elle est institutionnalisée, fait peut être taire la pression médiatique. Mais ne change en rien les harcèlements, les peurs, les petites tortures quotidiennes auxquelles se livrent quelques sommités reconnues sur 2 boulevards.

On en profite à l’Elysée : vite, faisons une loi sur les bandes ! Les rassemblements dans le hall d’immeuble, les bandes à Gare du Nord, les mectons du PSG, même combat ! Sécurisons les portes et laissons les ballons à la cave !

Quand l’opportunisme politique ressemble à une main de Thierry Henri, c’est moche.

7 Comments

  1. Juste une question: la canette de Heineken dans la tronche, vide ou pleine ?

  2. alors je pense qu’elle comporte encore un fond jaunâtre.

  3. Bak:

    Article inutile. Du simplisme ou de l’art de parler de choses dont on a aucune idée en énonçant des sentences définitives. On refuse la complexité des choses et on moque ceux qui essayent de comprendre. C’est exactement c’est qu’est le Sarkozysme que l’auteur critique: on ne réfléchi pas, on réagit sans faire de détail, avec des slogans.

  4. VQ:

    Je crois que cher Bak (akoyo? Jacek le polonais circa 1998?), vous n’avez pas saisi l’ironie que j’ai cru saisir dans cet article, pas plus que vous n’avez saisi la pertinence de la forme et du fond que vous critiquez.

    Je pense en effet que pour parler de faits ou de phénomènes simplistes et idiots, un ton et une approche simpliste et bas du front n’est rien de moins qu’adéquate.

    Si l’on parlait de la faim dans le monde, il faudrait plus de précisions, c’est sûr. Mais les soi-disant supporters…

  5. @Bak développez, je suis preneur !

  6. Bak:

    La première chose c’est que cet article n’est pas pertinent en tant que commentaire sur l’actualité puisqu’il simplifie à outrance les événements (selon vous tout se résume à « 200 abrutis » qui se battent). Cela étant dit, libre à vous de publier vos humeurs et bons mots, ce n’est pas pour ça que j’ai réagi (le net regorge de toute manière de ce type de commentaires).

    Ce qui me gêne c’est la manière dont vous traitez les sociologues qui réfléchissent sur le sujet du supporterisme et notamment le plus compétent sur le sujet, Nicolas Hourcade. Les articles et études qu’il a commis sont extrêmement intéressants et documentés (lui-même étant un ancien ultra). Que vous écriviez sur un sujet en restant au niveau de la discussion de comptoir (en termes d’analyse j’entends) soit, mais accordez au moins une certaine légitimité et crédibilité à ceux qui font un travail de recherche.

    Comme toutes les sous-cultures, le supporterisme a des codes, une histoire, des ambigüités etc…et il n’est pas ridicule de le décrypter pour proposer des solutions (pour le coup) pertinentes. De plus, effectivement il est plus facile de discuter avec une structure formalisée qu’avec un groupe de personnes non organisé, non effectivement la disparition des Boulogne Boys n’a pas engendré un recul des violences et non la dissolution des associations d’Auteuil (des milliers de membres) n’effacera pas les antagonismes entre les deux tribunes ou calmera les « 100 abrutis ». Pas de quoi bondir à la lecture de cette analyse.

    C’est en ça que je vous rapproche de la méthode Sarkozy faite d’amalgames et de raccourcis (telle que vous-même la décrivez à la fin de l’article) : on stigmatise (« 200 abrutis »), on fait des amalgames (« tu peux faire de la revente de billets au black « ) on refuse la complexité des choses (« différents facteurs plus ou moins fumeux »).

    Pour info : http://www.sofoot.com/psg-le-monde-a-l-envers-122829-article.html

    @VQ
    - « vous n’avez pas saisi l’ironie » : j’ai bien saisi le ton humoristique de l’article, en revanche je ne vois pas ou se niche l’ironie que vous pensez avoir saisie.
    - « vous n’avez saisi la pertinence de la forme et du fond » : pour cause, pour moi il n’y a pas de pertinence.
    - « pour parler de faits ou de phénomènes simplistes (sic) et idiots (re-sic)» : ce n’est pas un phénomène simple, je vous invite à lire Nicolas Hourcade justement.
    - Le sujet ne mérite pas que l’on s’y attarde pour vous, je le trouve pour ma part passionnant (et je précise que je ne suis absolument pas sociologue).

  7. @Back et bien merci, votre propos est éminemment justifié. je vais donc essaye de répondre plus posément à vos différents points

    - par rapport aux sociologues : ayant moi-même des accointances avec eux, bien sûr que je respecte leur travail de décryptage. Bien sûr que le supporterisme est l’un des thèmes révélateurs de tendances sociétales plus larges. Recomposition des modes d’influence, socialisation, anomie et récupération etc.
    L’élément qui m’agace : la récupération systématique-du-sociologue-référent-agitateur-de-chiffon-rouge (vous noterez que je ne critique pas son propos mais l’articulation du papier de LIbé). Quant à la question de la structure Boulogne Boys : j’ai du mal à accepter qu’une organisation d’une hypocrisie telle soit un interlocuteur à dorloter dans le cadre de régulation de violences gratuites, racistes, intolérables.

    Peu d’amalgame donc : un agacement vis-à-vis de ces groupes, un énervement contre la récupération politique.

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