Régionales et démocratie numérique : le hasard comme salut !

On entend partout que les Régionales 2010 seraient l’âge d’or du politique connecté. Chaque titre y va de sa citation trouvée sur Twitter, du pamphlet d’un politique sur son blog. Malheureusement, sur ces blogosphères ou Twitter-sphères, l’essentiel manque : de l’idée qui permettrait d’installer un clivage fort, durable. Une idée qui ne serait pas qu’une petite phrase mais un projet de plus long-terme, où le citoyen serait invité à se positionner vis-à-vis de la chose publique.

Sur ces Régionales, on a la triste impression de voir encore se confondre le comment et le pourquoi. A de rares exceptions près (je pense à Anne Hidalgo et à sa redoutable équipe intensifiant réunions locales, prises de position plus globales, rencontres avec le tissu associatif et relai sur le web), ces nouveaux médias ne se font que l’antichambre, que la caisse de résonance d’un modèle politique national qui ne séduit plus. Samuel Laurent titrait d’ailleurs pour Le Monde « Twitter et les régionales, entre platitudes et invectives« . Un constat que je partage. Tout du moins au niveau national car au niveau local des prises de position intéressantes ont été émises notamment  sur les lignes à grande vitesse, ou encore la fiscalité locale. Et justement des positions peu relayées par les médias nationaux (ou par les nouveaux médias Parisiens-centrés). Quand on est en manque d’idée, on renationalise le débat depuis Paris. L’accusation vaut pour la Boétie comme pour Solférino. L’expression « se frêchiser » pourrait être un néologisme pertinent.

A tel point qu’on pourrait se demander si le hasard ne pourrait pas venir en aide à notre démocratie « numérique ».

On peut partir du constat suivant : les règles de popularité sont en fait antidémocratiques car monopolisent l’attention sur des sujets qui concentrent l’ensemble des ressources (journalistiques, opinions…). On se rend compte que dans cet écosystème sous pression permanente, rares sont les sujets plus locaux qui peuvent du coup remonter à la surface. En parallèle, les sujets nationaux visent de plus en plus rarement dans le mille de ce qui mobilisent les citoyens.

Pourquoi pas donc demander à l’ensemble des médias (JT, blogs, journaux en ligne) de mettre en avant et en Une tous les jours un sujet local, original, hors agenda de l’AFP afin de provoquer arbitrairement du débat plus national ?

Après tout, on pousse bien parfois en Une des sujets anecdotiques : pourquoi ne pas prendre la politique comme une autre redécouverte quotidienne ?

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A propos du chroniqueur

Communicant consentant. Infâme contestataire socialisant. Sans-carte assumé. Ancien accro à l'Ayer's Rock et photographe freelance à ses heures. Schyzoblogueur. Connivences avec les Gônes, les Grecs, les Ardéchois et les Européens convaincus. A fait des Grandes Ecoles mais ne trouve pas ça sale. Directeur de la Rédaction.