- On fait quoi c’soir ?
- Ca t’dit un ciné ?
- Euh ouais OK, si tu veux. On va voir quoi ?
Et là, tout se complique. Un coup à se retrouver sur le canap’ à mater le fameux Info 360 de BFM, en boucle (moment jamais vécu, Dieu soit loué. Ou presque).
Direction donc le Champo, rue des écoles, pour une séance de rattrapage destinée à tous ceux qui n’étaient pas nés en 1969 et qui en ont marre d’être obligés d’aller voir Avatar, George Clooney ou Mélanie Laurent (moment jamais vécu…hum).
Le film : L’enfance nue, premier film de Maurice Pialat.
La salle : petite, rouge, dix personnes assises ça et là (et pas que des vieux, hein).
Le synopsis :
Fin des années 60, région d’Arras, Pas-de-Calais.
Milieu ouvrier, petites maisons en briques.
La mer du Nord et les mines de charbon ne sont pas très loin.
Le petit François est un enfant de l’assistante publique, comme l’on disait alors.
Turbulent, écorché, borné.
Comme tous ces enfants déracinés d’un foyer familial qui n’a jamais su les aimer, il vit une enfance chahutée, trimballé comme tant d’autres dans des familles d’accueil où il peine à trouver ses marques d’enfant “pas comme les autres”.
Il arrive alors chez un couple de retraités à l’accent ch’ti, Mémère et Pépère, chez qui vivent également un autre enfant recueilli, Raoul, et la mère de Mémère, Mémère-la-vieille. Une très, très vieille dame à laquelle peu à peu s’attachera le petit garçon.
François continue ses bêtises, mais semble enfin avoir trouvé chez cette famille extraordinairement attachante, un foyer aimant et attentionné, qui le traite comme l’un des siens.
Verdict :
On a le cœur serré devant cette jolie fresque, émouvante, attendrissante, du milieu ouvrier, du nord, de l’enfance, de la vieillesse. On pense évidemment aux 400 Coups, sorti 10 ans auparavant.
Sans jamais tomber dans le sempiternel mélodrame de l’enfance malmenée, on en sort bouleversé, rêveur, pensif : un film similaire est-il possible aujourd’hui ?
Courez-y. Vous aurez tout le temps d’allumer BFM en rentrant.

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