Comme des régionales

Les régionales approchent. Les régionales sont là. Et voici l’heure de se pencher sur les programmes pour mieux cerner de quoi faire son devoir citoyen. Dans les faits, ce devoir devient de plus en plus une contrainte… et de moins en moins une pratique désirée donc réalisée.

En terme d’investissement des publics, le trend initié en 2005 et débouchant sur plus de 80% de participation à l’élection présidentielle semble se retourner. Ce n’est pas qu’une question française : le désir de participation aux élections américaines de 2008 est aujourd’hui remplacé par une perception de la politique impraticable

Du coup, le débat se déporte de plus en plus sur la com politique. Les éditorialistes que nous sommes déplacent leur analyse sur les signaux politiques et non sur les réalisations. On parle d’image, on parle de « coups », des petites phrases… Ce n’est pas non plus un hasard : il est difficile de juger d’autre chose…

Pendant la dernière présidentielle, Ségolène Royal parlait d’ »expert-citoyen ». Elle reprenait ainsi la terminologie des analystes en marketing ayant recensé des comportements de consommateurs de plus en plus affutés… Sauf que l’expertise citoyenne, devient au contraire un processus difficile à réaliser, au contraire de la pratique de comparaison marketing. Au niveau moyen, l’expert citoyen est loin d’exister.

La bonne question du communicant-citoyen est donc : comment réconcilier fait politique et communication ?

  • En remettant en perspective les mécanismes liés aux acteurs en place. Cela peut paraître bête, mais l’éducation citoyenne est loin d’être un acquis réel. Et sans éducation politique, difficile d’arriver à une forme de citoyenneté. Internet est là pour trouver l’info : le problème est qu’elle est souvent fastidieuse à trouver, ce qui transforme tout citoyen en Indiana jones de la poltique. Et surtout, il n’y a pas de plateforme réellement sociale permettant d’en faire une référence dans les débats de proximité (y compris le café du quartier). Or, il n’y a pas de réelle démocratie, sans lieu de débat identifié et partagé.
  • En organisant une pédagogie des enjeux permanents : dans une société pris dans le culte de l’immédiateté et de la plasticité, il peut être nécessaire de réarticuler les processus connectant choix et impact. Cela évidemment ne peut se faire sans une participation des parties prenantes permettant d’éclairer la lisibilité des faits.
  • En organisant surtout un historique permanent, une pédagogie des faits réalisés (ou pas), ce qui permettrait de mieux juger sur pièce. Le fil relationnel de l’action politique est donc à nourrir pour mieux être facteur d’implication.

Cela aurait le mérite de repenser un peu le lien entre politique et citoyen. Et éviterait d’arriver à une meilleure utilisation des cartes de fidélité à la place des cartes d’électeurs.

(crédit photo: Flickr- Davide Cherubini)

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