Absence d’idées, un terrain médiatique occupé par les querelles politiciennes, les régionales sont pour moi une grande déception. Les candidats suivent la tendance qui consiste à faire plus campagne sur leur personnalité que sur leurs idées. Il en résulte beaucoup de bruit pour un grand vide. C’est vraiment la défaite de la pensée.

Il ne s’agit pas ici de remettre fondamentalement en cause le branding des hommes politiques. Cependant, et là réside le nœud du problème : ce n’est pas parce que l’on peut considérer l’homme politique comme une marque qu’il faut s’adresser aux récepteurs en tant que consommateurs et non en tant que citoyens.
On peut chercher à atteindre des catégories cibles de l’électorat en ayant recours à des techniques marketing, à faire en sorte que son discours soit ainsi reçu de façon optimale. Mais on ne peut pas confondre leur vote avec un acte d’achat. Et pourtant, ne trouvez-vous pas que les hommes politiques se vendent aujourd’hui comme des yaourts ?
Certains diront qu’ Obama s’est vendu comme une paire de Nike.
Just Do It – Yes We Can.
Communiquer sur l’homme au détriment des idées
Ces apprentis communicants-politiciens devraient tirer les leçons des erreurs de leurs modèles (revendiqués ou non).
Communiquer sur des mythes présente de nombreux avantages. Le mythe s’adresse à tous, il rassemble alors que le discours rationnel exclut. Ériger un homme politique en sauveur sera toujours plus efficace que d’exposer et défendre un plan de campagne. Mais communiquer sur des mythes, faire la promotion de sa personne plus que de son programme, peut se retourner contre vous. Vos opposants vous attaqueront directement, ad hominem, au lieu d’attaquer vos idées. La politique devient un combat de catch et abdique sa dimension dialectique. De fait, le 11 mars, Ségolène Royale appelait « un vote-sanction contre le système Sarkozy ». Le plus révélateur, ce n’est pas qu’elle l’ait déclaré, c’est qu’une bonne partie de l’électorat avait déjà l’intention de se prononcer ainsi.
Beaucoup de bruit pour rien
L’environnement médiatique est saturé par les messages phatiques, c’est-à-dire des messages dont la seule fonction est d’assurer la communication entre l’émetteur et le récepteur. Les idées passent en second plan. Sur les profils Twitter des politiques on voit « est passé à Canal + hier ». L’enjeu n’est plus que d’assurer sa propre omniprésence dans les médias.
Face à cela, une seule question résonne dans le vide intersidéral de l’évanouissement de la pensée :
« C’est quoi l’idée ? »
Philippe Michel
À supposer que les candidats aient de réelles idées subversives à nous proposer – et on prétendra que c’est le cas pour ne pas tomber dans le plus profond pessimisme – ils échouent lamentablement à les défendre, trop occupés qu’ils sont à se défendre.
Les régionales –l’évanouissement de la pensée
Absence d’idées, un terrain médiatique occupé par les querelles politiciennes, les régionales sont pour moi une grande déception. Les candidats suivent la tendance qui consiste à faire plus campagne sur leur personnalité que sur leurs idées. Il en résulte beaucoup de bruit pour un grand vide. C’est vraiment la défaite de la pensée.
Il ne s’agit pas ici de remettre fondamentalement en cause le branding des hommes politiques. Cependant, et là réside le nœud du problème : ce n’est pas parce que l’on peut considérer l’homme politique comme une marque qu’il faut s’adresser aux récepteurs en tant que consommateurs et non en tant que citoyens.
On peut chercher à atteindre des catégories cibles de l’électorat en ayant recours à des techniques marketing, à faire en sorte que son discours soit ainsi reçu de façon optimale. Mais on ne peut pas confondre leur vote avec un acte d’achat. Et pourtant, ne trouvez-vous pas que les hommes politiques se vendent aujourd’hui comme des yaourts ?
Certains diront qu’ Obama s’est vendu comme une paire de Nike.
Just Do It – Yes We Can.
Communiquer sur l’homme au détriment des idées
Ces apprentis communicants-politiciens devraient tirer les leçons des erreurs de leurs modèles (revendiqués ou non).
Communiquer sur des mythes présente de nombreux avantages. Le mythe s’adresse à tous, il rassemble alors que le discours rationnel exclut. Ériger un homme politique en sauveur sera toujours plus efficace que d’exposer et défendre un plan de campagne. Mais communiquer sur des mythes, faire la promotion de sa personne plus que de son programme, peut se retourner contre vous. Vos opposants vous attaqueront directement, ad hominem, au lieu d’attaquer vos idées. La politique devient un combat de catch et abdique sa dimension dialectique. De fait, le 11 mars, Ségolène Royale appelait « un vote-sanction contre le système Sarkozy ». Le plus révélateur, ce n’est pas qu’elle l’ait déclaré, c’est qu’une bonne partie de l’électorat avait déjà l’intention de se prononcer ainsi.
Beaucoup de bruit pour rien
L’environnement médiatique est saturé par les messages phatiques, c’est-à-dire des messages dont la seule fonction est d’assurer la communication entre l’émetteur et le récepteur. Les idées passent en second plan. Sur les profils Twitter des politiques on voit « est passé à Canal + hier ». L’enjeu n’est plus que d’assurer sa propre omniprésence dans les médias.
À supposer que les candidats aient de réelles idées subversives à nous proposer – et on prétendra que c’est le cas pour ne pas tomber dans le plus profond pessimisme – ils échouent lamentablement à les défendre, trop occupés qu’ils sont à se défendre.