Merde. Sur l’indépendance des femmes.

Sarah Grenier se définit comme « Parisienne d’adoption, étudiante angliciste. Passionnée par la poésie américaine, les mains gauches, les femmes, l’écriture et le cinéma; erre dans les rues de Paris et l’esprit des gens afin de comprendre les comportements de chacun. S’offusque bien plus souvent du recul de la société car quand elle n’avance pas, elle ne stagne pas, mais elle recule. De bonne humeur la plupart du temps, sauf depuis quelque temps. « 


Elle nous a fait parvenir un pamphlet à l’occasion de cette semaine autour de l’indépendance. Vous pouvez la retrouver sur son blog.

Ce n’est pas parce que je suis connue pour être adorable et gentille que je n’ai pas le droit de m’énerver de temps en temps mais là je dois avouer que ça arrive de plus en plus souvent. J’ai bouffé comme quatre aujourd’hui, juste parce que je suis énervée. Enfin, plus ou moins.

Hier, je me suis cognée contre l’arrête du mur de ma chambre, le front avec une légère bosse ; et quand je me suis levée ce matin, j’avais l’impression d’être floue. Les jambes sur le point de fléchir, les yeux qui peinent à ouvrir, mal de dos, mal de crâne, faim constante, pas moyen de me rassasier. Je ne sais pas si il y a un lien entre mon état d’aujourd’hui et mon énervement constant ces temps ci.

Je rentrais chez moi et m’exaspérais de voir ce foutu monde dans le métro ; les gens qui poussent sans dire pardon et pire, ceux qui le font exprès. Pire encore, l’odeur nauséabonde à Pyramides et la pisse sur la ligne 13 puis tout le bordel qui s’accompagne à cette ligne et que tous les politiciens promettent de régler ; moi je ris bien de ces promesses, on n’en a jamais vu la couleur, et cet idiot de gouvernement avec son projet Le Grand Paris qui gaspille de l’argent, argent qui pourrait être utilisé ailleurs.

Puis j’en ai marre. J’ai vu deux gens passés dans ma rue, le ‟regard-ténébreux-nous envahissons-le-monde-nous-sommes-beaux-et-jeunes-et-à-la-mode-en-plus-et-nous-enculons-les-gens-dans-la-rue-mais-ne-nous-parlez-pas-de-mépris″ ; ils peuvent parler de mépris tiens.

J’avançais dans la rue et je me disais que j’en avais un peu marre de tout ça. Marre de la psychanalyse à deux balles qui cherche des problèmes là où il n’y en a pas car aujourd’hui, moi, lesbienne, j’ai appris qu’en fait, et bien, j’avais intériorisé le pénis de mon Papa ; ben ouaiq, j’étais frustrée de voir que les garçons pouvaient avoir un pénis et pas nous les filles, car le pénis, c’est le pouvoir, c’est tout, c’est grand, c’est beau. Ben nous les filles, il nous manque un pénis et ça nous frustre alors on devient lesbienne pour avoir un pénis imaginaire pour faire l’amour à notre mère. Et ce n’est pas moi qui le dis ; j’ai appris ça aujourd’hui.

Pardon, je croyais pourtant que j’étais lesbienne car je les désirais ; tiens c’est bizarre alors. Ah oui, je déteste aussi les hommes et je suis une mal baisée car je prône des valeurs féministes ; enfin, j’ai appris ça aussi. Ben ouaiq, que voulez vous, pour la plupart des gens le féminisme est une idée révolue ; pour la plupart des gens, l’égalité est entièrement acquise. On va pas demander la lune non plus. C’est bon, vous avez le droit de vote déjà (ah mais pardon non excusez moi mais le comble c’est que seulement la moitié de la population use de ce droit fondamental et bafoue ce droit en ne votant pas ; mais bon c’est pas grave, de toutes façons les élections ne servent à rien, surtout les régionales, ce qui compte, ce sont les élections présidentielles, ce qui compte c’est de voter pour un con ; pardon excusez moi, le vote est plus important quand il s’agit de voter pour un symbole, pour celui qui représente les lois ; mais on se fout de voter pour ceux qui vont voter les budgets, de toutes façons, les gens n’en n’ont rien à foutre des restrictions budgétaires universitaires, enfin ils en ont rien à foutre mais vont gueuler après ; ah ben fallait voter. Ou alors, merde, une clinique vient de fermer, ah ben plus de subventions, des milliers de personnes à la porte et des femmes qui n’auront pas droit à un IVG. Ah oui, en plus, y a quelque chose de drôle mais le parti chrétien veut nous donner des cours sur la famille en primaire et veut aussi interdire l’IVG).

C’est pour ça d’ailleurs que l’égalité est atteinte. En 2005, un mec faisant parti du gouvernement (j’ai oublié son nom) a dit que l’idée même que la femme dispose de son propre corps lui faisait peur ; perso, ce sont des idées comme celles-ci qui me font peur. Ceux et celles qui me font marrer sont ceux et celles qui se nomment et qui osent se nommer pro-vie, c’est un comble tout de même non ? Moi ça me fait rire mais pas longtemps. Il y a bel et bien des cliniques qui ferment. Il y a encore beaucoup de pays dans lesquels l’IVG n’est pas autorisé ; puis des pays dans lesquels l’homosexualité est un crime.

Les mal-baisées, ce ne sont certainement pas les féministes. Au contraire, une meilleure relation entre les hommes et les femmes assureraient aussi aux hommes une meilleure qualité de vie car une meilleure compréhension des femmes, car les femmes ne sont pas difficiles à comprendre, c’est ce qu’on a voulu leur faire croire, car il est plus facile d’être contre ce (celles) que l’on ne comprend pas. Logique imparable.

Non le féminisme n’est pas une idée révolue, les films féministes ne sont pas passéistes et sont malheureusement encore d’actualité et tout est toujours remis en cause, toujours. Ce qui est dépassé, c’est l’idée du masculin et du féminin comme des entités opposées ; l’inverse n’est plus à prouver ; ou alors allez nettoyer vos yeux.

« Le féminisme est le plus grand des humanismes » disait une militante dans le film de Carole Roussopoulos : Debout. Le féminisme n’est pas contre les hommes ; mais pour les femmes et indirectement, pour les hommes ; pour une meilleure relation entre ce qui fait cette humanité ce qu’elle est.

Alors, comprenez que j’en ai marre d’entendre des conneries débitées ici et là par des gens qui ne comprennent absolument à rien à ce qu’il se passe réellement. Que j’en ai marre que les gens fassent l’amalgame entre toutes notions possibles. Puis toutes ces soi-disantes vérités débitées à la télé. Pour prouver encore plus la crédibilité des médias dans toute son ironie, on pourrait parler de France Soir qui déclarait avoir communiqué avec Claude François et avoir fait une interview depuis l’au-delà ; je crois que dans la une de France Soir réside toute la connerie/l’ironie des médias ; à une autre échelle certes, mais c’est tout de même inquiétant.

Bref, je devrais conclure ici, même s’il me reste encore beaucoup de choses à dire ; on a de la chance quand même d’être en France car ça pourrait être pire ; je pourrais avoir été violée car lesbienne ; ah mais attendez, une seconde, c’est arrivé à Béziers.

Ah ben merde alors.

3 Comments

  1. Souris, c’est le retour du printemps ! Et va nous mettre une petite jupe, ça nous fera plaisir ^^

  2. Anne:

    J’ai lu en entier cet article, plusieurs fois même, mais je n’ai pas compris ni l’intérêt, ni ce qu’il cherchait à dire ou à prouver…
    L’auteur dit « Alors, comprenez que j’en ai marre d’entendre des conneries débitées ici et là par des gens qui ne comprennent absolument à rien à ce qu’il se passe réellement »… donc si les gens n’ont pas tes idées, s’ils ne sont pas pro-féministes alors ils n’ont rien compris, ils sont idiots??? Ce n’est pas un peu despotique comme façon de penser?
    Finalement c’est peut être toi qui a tord, ou tes idées qui sont farfelues, passées ou autres…?

  3. Sarah:

    Il n’y a pas un interêt particulier à cet article si ce n’est d’éclaircir les idées fausses.
    On peut ne pas être d’accord avec moi. Mais je cite des faits.
    L’égalité hommes/femmes est une illusion, autant dans la sphère privée, que dans la sphère publique.
    Le féminisme ne dénigre pas les hommes. Les « féminisme est le plus grand des humanismes » pour citer une miltante F. Depenloup dans le film Debout de Carole Roussopoulos.
    Ce n’est pas une question d’avoir mes idées. En quoi vouloir rendre le monde plus égalitaire est une idée. Il est un mouvement. Un activisme.
    En quoi est-ce mal?

    La victime est, de toute façon, souvent son propre bourreau, pour citer Baudelaire, pour reprendre Sylvia Plath.

    Vous n’avez qu’à méditez là dessus. Et vois ce lien ci contre:

    http://ballonsonde.org/wikiSonde/videos/Femmes_Debout.htm

Post a Comment

*
* (will not be published)