Le 11 décembre 1941, quatre cerisiers sont abattus pendant la nuit en réponse à l’attaque de Pearl Harbor. Le jour où l’Allemagne et l’Italie déclarent officiellement la guerre aux Etats-Unis, il est décidé de changer le nom des arbres: toute référence au Japon est abolie afin d’éviter de nouveaux actes de vandalisme. Les arbres continueront de fleurirent pendant la guerre alors même que des milliers d’Américains d’origine japonaise sont internés dans des camps.
Après la guerre, les cerisiers de Tokyo n’offraient plus les mêmes couleurs. Les vergers de la banlieue de la capitale nipponne sont entièrement dévastés. Là encore les dirigeants politiques ne lésignent pas sur les moyens, preuve qu’il en va bien au-delà de considérations de jardinier ! Tous les vergers sont reconstitués grâce au « rapatriement » de centaines d’arbres de Washington, D.C. Symboles d’une renaissance des relations pacifiques entre les deux pays, mais aussi de l’enracinement de la présence américaine, ce sont toujours ces arbres qui bordent la rivière Arakawa…
Comme tous les ans, le Cherry Blossom Festival s’est ouvert hier par l’illumination d’une immense lanterne (20 tonnes de granit quand même !) que le Japon offrit aux Etats-Unis à l’occasion du centenaire du Traité de Paix, d’Amitié et de Commerce (1854) entre les deux Etats. L’élection de Miss Cherry Blossom, les concerts de pop’, les feux d’artifice, les défilés et parades vont maintenant se succéder durant deux semaines à Washington, D.C.
Après le « Snowarmagedon » de cet hiver (dixit Obama), le printemps reprend ses droits et la ville ses couleurs. Les fleurs des cerisiers, symboles de l’évanescence de la vie humaine et de l’évolution de la culture nipponne à travers les âges, renvoient toujours les Etats-Unis aux plus belles heures de leur histoire comme aux plus sombres.


1 Comment
Je connaissais l’histoire des 2000 cerisiers offerts en 1909, mais j’ignorais l’existence de ce Cherry Blossom Festival à la mode américaine…
Merci