Allez, hop. Faisons un tour sur Facebook. Comme 20 millions de mes congénères, je vérifie les dernières news de mes « copains »; j’entends « copains » par collègues, contacts professionnels, vrais amis, faux amis, vrais faux amis. Et puis marques.
Et la chose qui m’agace, c’est que dans ce monde superconnecté, dans ce monde de fans et de « stars », la marque s’instruit petit à petit dans mon quotidien. Tu vas me dire, c’est l’hôpital qui se fout de la charité. Attends que je développe.
Dans cet univers, la pire des choses, ce n’est pas d’être exposé au message. Non. C’est d’être condamné soit à ignorer, soit à dire « j’aime ». Dans le formidable monde de Facebook, on n’apprend jamais à dire non. On dit oui, ou au pire, on dés-aime. Mais jamais on ne peut dire qu’on est contre, qu’on veut un soupçon de subtilité, qu’on veut un autre monde que ce binaire « aime ou crève ».
Dans ce monde où on décapite les expressions, un élément m’agace ; si ma génération en est encore consciente, qu’en sera-t-il des minots qui dès 13 ou 14 ans courent tenter leurs chances sur ce type de réseau ? Car on a tôt fait de confondre réseau social…et réseau social.
Tapons sur Google, pour voir, « réseau social ». Et là horreur : seul Wikipédia (ironie de l’histoire) nous rappelle ce que cette notion comprend. Des gens, qui se constituent en groupes, associations, concordes. Pour obtenir quelque chose, de la reconnaissance, un nouveau job. En quelques années, le réseau social est d’abord devenu digital. En vérité les enfants, il n’en est rien.
Chimère égomaniaque d’une technologie qui nous accapare, qui rend inné ce qui n’est qu’appris.
Un peu plus loin, la presse. Et on a tôt fait de prendre pour preuve le groupe des handicapés-de-l’investigation qui comporte 300 membres. On élève en élément factuel un regroupement qui n’engage pas à grand chose. On érige en vérité absolue des avions en papier. On ne sait juste plus plier.
La différence entre la Coopol et le militant de base ? Le froid, l’agressivité des passants à l’aurore devant les métros ; les ricanements des vendeurs de bonbons les dimanches de marché. Et ça, smartphones ou pas, on y passe tous à partir du moment où on tracte. Pour soi, mais surtout pour les autres.
Mais peu importe car demain tout ira mieux. Mon statut sur Facebook aura de nouveau l’air d’un cocktail vitaminé un soir de pleine Lune.
« Demain tout ira mieux, tu verras ».


11 Comments
La preuve que tout ça est plutôt logique et cohérent par rapport à la société irl:
Vote pour Nico ou abstiens toi.
c’est un peu ça, il est vrai. espérons que ce ne soit qu’un temps, parmi d’autres temps..
« Car on a tôt fait de confondre réseau social…et réseau social. »
A lire à ce sujet :
http://www.connectedthebook.com/
Logique mazochiste au final, mais on a le choix de ne pas en être, personne d’autre que nous même ne nous l’imposons. On a toujours le choix de dire non!
Je n’ai qu’un mot à dire: puissant.
« Un monde ou on decapite les expressions » ? Tu peux avoir des discussions enflammees, dans les commentaires de ta publication, ou celles de tes friends, qui se finissent autour d’un verre (un vrai, hein, qui casse ou se vide trop vite, pas un drink offert parce que je te like). Mais c’est rare.
Je trouve au contraire que facebook est un monde de la surexpression.
@Guillaume pas faux, mais il faut être fort, rentier ou possédé par un égo surdimensionné
@Nathalie je te rejoins, mais du surex ou sousex, en quanti vs en quali, on est raccord
Heu, on peut cliquer sur « i like » (pardon « j’aime »)après lecture ?
bien sûr
True.
Alors, écrivons la suite et faisons que tout aille vraiment mieux demain, posons-nous sur ces histoires de « privacy » cruciales et centrales dans ce débat, apprenons la mesure (de l’amour) des réseaux sociaux digitaux, reconquérons notre part d’intime et de privé de l’IRL avec les gens qu’on aime, rangeons nos cases plus distinctement puisque les frontières pro/perso se confondent désormais. Et voguons vers la suite…
tu fais quoi sur facebook???
y a rien,c’est du vide;
enfin,depuis janvier,ça a peut-etre changé.