Chroniques japonaises #9 : Mauvaise baleine…

Depuis plusieurs semaines, vous l’aurez remarqué, mes chroniques fleurent bon une  subjectivité parfois mielleuse : le Japon c’est trop cool, oh mais oui, et puis les gens, ils sont trop gentils, et puis le métro, il est trop clean, et  gnagnagna… Et puis  surtout, comme Sarko n’a pas l’air de beaucoup l’apprécier, ce pays plein de sumos gominés, ça nous (vous) donne une bonne raison supplémentaire de se dire que ouais, le Japon, c’est quand même drôlement chouette.

Cette semaine, en écho au focus hebdo de Tout ça, je dis STOP.
Osons le dire : le Japon n’est pas toujours aussi rose que ses cerisiers en fleurs.
La faute à… la baleine.

Quoi ?? A l’heure du tout-écolo, un mammifère marin protégé viendrait ternir l’image d’un pays qui voue à la nature un culte millénaire (cf Chroniques #4) ?

Oui.

Et là, c’est le drame : les Japonais mangent de la baleine. Vous me direz, nous, on mange bien des escargots (beurk).  Chaque année, entre décembre et février, les navires japonais pèchent environ 1000 baleines. 100 000 auraient été pêchées depuis 1988… Officiellement à des fins scientifiques, car le commerce est interdit par la Commission baleinière internationale depuis 1982. Officieusement donc pour la revente à destination de gourmets prêts à payer très cher pour un bout de cette chair grasse et tendre (parait-il, hein). Il n’est pas rare, à Tokyo, de voir des restaurants en proposant sur leur carte, grâce à une petite subtilité législative : le commerce de la viande utilisée à des fins scientifiques est en effet autorisé….

Les écolos, Greenpeace en tête, s’hérissent  évidemment de cette pratique, pourtant ancestrale : des peintures et poèmes du Xème siècle rapporteraient des scènes de pêche. Et les vieux Japonais racontent que c’est la viande de baleine qui auraient sauvé le pays de la famine dans le désastre d’après-guerre.

La chasse à la baleine est réglementée par la Commission baleinière internationale, créée, figurez-vous, en 1948, par la signature de la Convention internationale pour la régulation de la chasse à la baleine et aux grands cétacés  le 2 décembre 1946. Les membres sont classés en pro-chasse et anti-chasse. Parmi les premiers, on trouve donc le Japon, mais aussi la Norvège, l’Islande ou le Danemark. Mais aussi, allez savoir pourquoi, la Mongolie, les Iles Marshall ou encore les Palaos (?) (pays d’Océanie situé en Micronésie, à l’est des Philippines, au nord de l’Indonésie, à l’ouest des États fédérés de Micronésie et occupant l’extrémité occidentale de l’archipel des îles Carolines…hum). Bizarre, bizarre.

Bref, la chasse à la baleine et sa consommation restent le côté obscur du Japon : évoquer la chasse à la baleine avec un Japonais, c’est un peu comme essayer de parler de Tiannanmen avec un Chinois. Même si les raisons sont différentes, évidemment. Légèrement tabou.

2 Comments

  1. t’en as déjà mangé?

  2. Kiyomi Delzongle:

    Ah ben non, jamais !

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