Tous des meeters..! (et alors?)

Péristète nous en parlait : comme tant d’autres marques, Tally Weilj ouvre un flagship. On sait que ce temple de marque, qu’est le magasin porte drapeau, a pour vocation d’exposer la philosophie de la marque et de rendre possible son expérience maximale. Ces lieux sont un des outils phares du marketing moderne pour faire vivre l’interaction marque-public. Il faut du tangible, il faut de la rencontre.
Dans une société liquide, les humains sont les vrais repères des autres humains. Dans un océan d’incertitude, le public vogue d’oasis de valeur en plage de découverte. La rencontre joue donc un rôle essentiel dans tout clé d’entrée d’échange marchand. On ne se limite plus à la qualité, au design mais à un tout dynamique. Le street a amené bien des idées créatives intéressantes (ici et )et des succès publics par sa capacité à réunir et à croiser les situations avec les publics. Bien des choses bougent sur la manière d’entrée en contact…
L’autre jour, je discutais avec un étudiant sur son mémoire concernant les limites de l’e-mail marketing. Comment faire pour démontrer les limites actuelles et d’autre part pour ouvrir sur de nouvelles pratiques ? Il me disait, effaré, qu’au dernier salon professionnel qu’il avait fait les professionnels s’échangeaient les bases de données convaincues de leur bienfait. Le challenge est donc intéressant pour approcher scientifiquement une limite du credo du marketing classique.
Internet a rendu une chose possible : l’enrichissement des palettes d’interaction des publics. Elle a musclé la démarche critique autour des marques et cultivé le sens du contact. Meetic et les médias sociaux ont entrainé notre mode d’entrée en relation. La communication a tout à gagner d’une meilleure mise en scène de la rencontre. Comme disait ce cher Benoit Poelevoorde dans les bien nommées « Portes de la Gloire » (je vous épargne l’accent), « on a jamais deux fois la possibilité de faire une bonne première impression ».
Alors ? La promotion n’a t-elle aucune valeur ajoutée comme entrée en matière ? Si, si elle annonce un low cost permanent. A la Lidl ou la Easy Jet. Mais, la première étape annonce dans l’absolu la personnalité et la légitimité de la marque. Difficile alors de construire une relation inspirante avec cette étiquette du bas de gamme (Easy Jet ne se débrouille pas trop mal grâce à son côté malin).
C’est tout l’enjeu et la difficulté de la rencontre : réussir un moment fort, mais qui annonce aussi un récit global… à plusieurs. Il convient alors de laisser des clés d’entrée ici et là pour permettre de s’approprier l’univers de la marque tout en suivant son rythme. Les marques doivent mieux gérer leur cohérence pour proposer un sens global au niveau de leur relation. Sinon elles risquent fort de passer à côté des enjeux de cette époque.

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