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« I Need More ! »
Iggy Pop
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« C’est plus facile de crever d’overdose dans les chiottes que de réussir sa vie. »
Henry Rollins
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Les drogues seraient-elles à la création en général et à la musique en particulier ce que l’essence est à la Porsche ?
Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de passer une heure dans une Porsche en panne sèche, mais je vous garantit qu’on s’y ennuie ferme.
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C’est joli mais c’est chiant.
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Il en fût dit, et pire encore, écrit, d’improbables sottises, et même de probables vérités, sur l’étroit rapport entre drogues et musique.
- La rock star se droguerait parce qu’on lui offre tout, et qu’il lui faut aller chercher les sensations là où elles se trouvent. Et toujours plus. Bon.
- Les drogues stimuleraient la créativité. Bon.
- Les artistes souffriraient, par définition, et les drogues soulageraient leur mal être. Bon.
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Peu importe.
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Aujourd’hui encore, vous trouverez toujours un aviné crétin pour vous affirmer que les musiciens sont TOUS des drogués.

Slogan un peu réducteur quand même.
Quand bien même ce serait vrai (et ça l’est certainement) (mais à la vérité, je n’en sais rien), les musiciens, drogués ou pas, font ce qu’ils veulent avec leurs neurones, tant qu’ils offrent de l’excellente musique (parce que si c’est pour composer n’importe quoi autant rester sobre et se nommer Vincent Delerm) (c’est un exemple.).
Néanmoins, mes statistiques personnelles parlent d’elles-mêmes : environ 100 % des albums incontournables ont été composés par ce qu’il convient de nommer des « zazous défoncés », pardonnez-moi l’expression.
Quand Jimi Hendrix s’exclame « Excusez moi, j’embrasse le ciel. », on se doute qu’il est en plein vol plané (au reste, « embrasser le ciel » n’est pas concevable pour qui garde les pieds sur terre, soyons réalistes).
Quand Iggy Pop, intégralement nu, hurle des « hawwwww » « Wraaaaaw » et autres onomatopées désormais mythiques, lors des prises voix du « Fun House » des Stooges, on devine qu’il a dû gober de la substance peu fréquentable à bras raccourcis.
Je ne connais pas d’album digne de ce nom qui n’ait été conçu sans stupéfiants.
Juré. (à part les albums de Fugazi, straight par principe, soit).

Musicien célèbre embrassant le ciel (allégorie).
Bien entendu, la prise de drogues de type « dures » constitue une activité à risques, et tout cela ne va pas sans dommages collatéraux.
On ne compte plus les morts tristement célèbres liées de près ou de loin à l’usage de substances plus ou moins complètement illicites.
Citons les plus flagrantes :
- Bon Scott (AC/DC)
- Keith Moon (The Who)
- Jim Morrison
- Elvis Presley
- Gram Parsons (Byrds)
- Bradley Nowell (Sublime)
- Kurt Cobain
- Janis Joplin
- Jimi Hendrix
- Nick Drake
- Johnny Thunders (New York Dolls)
- Elliott Smith
- David Ruffin (Temptations)
- Sid Vicious (Sex Pistols) (ha pardon, il ne savait pas jouer, Sid Vicious, ça compte pas) …
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Tout de même…
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Avantage de la chose : comme le déclarait le sage Lemmy Kilmister, leader de Motorhëad, » Les morts ne racontent pas de conneries. ».
Notons que l’increvable Lemmy Kilmister, désormais amicalement surnommé l’« anomalie biologique » par moi-même, reconnaît s’être injecté tout ce qu’il était possible de s’injecter dans tous les endroits où il était possible de se l’injecter.
Et ce SANS décéder.
Un miracle, en somme.
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Alors quoi ?
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S’il est avéré que l’on ne peut vivre décemment sans musique.
S’il est avéré que l’on ne peut composer de musique décente sans drogues.
Alors les musiciens seraient nos martyrs, sacrifiés sur l’autel de la dope pour offrir à nos oreilles saines et avides de sensations fortes autre chose que du réchauffé avarié …
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Doit-on les en remercier ?
Oui, probable.
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Et pour vous en convaincre, écoutez donc la bande-son de la semaine, spéciale substances prohibées (voir plus haut).
Attention : l’usage des drogues ne garantit pas l’accession au statut de vedette célèbre. Nombre de junkies incapables de pondre une chanson audible sont morts à la fois dans l’anonymat et dans leur vomi.
Un conseil : dans le doute, abstenez-vous…
LUNDI : Le dealer n’est pas ton ami.
Montée : Curtis Mayfield / « Pusherman »
L’impeccable portrait de dealer comme figure mythique composé par Mayfield pour la B.O. de Superfly.
Descente : The Clash / « Hateful »
Ne nous y trompons pas. Sous des airs de chanson à boire pour pub enfumé se cache une évocation cruelle de l’amour / haine qui lie le junkie et son dealer.
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MARDI : Soyons festifs mais sachons dire non.
Montée : Ramones / « Now I wanna sniff some glue »
En 1 mn et 30 secondes, les Ramones plient la profession de foi des sniffeurs de colle à rustine.
Descente : Jeffrey Lewis / « No LSD Tonight »
Le très rigolo no folk foutraque de J. Lewis, au titre évocateur : parfois, il faut savoir dire stop.
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MERCREDI : Cocaïne, la drogue qui rend con
Montée : Dillinger / « Cocaine in my brain »
En 1976, Dillinger débite un flow semi hystérique sur l’efficace et bien nommé « Cocaine in my brain ». Au moins c’est clair (ou presque).
Descente : Debbie harry / « Rush Rush »
Sémillantes 80′s : Debbie Harry (Blondie, donc), fraîchement repoudrée, inflige à la B.O. de Scarface cette purge synthépop en PVC, à la limite du supportable. Un leitmotiv obsessionnel semi codé, « Rush Rush for the Yeyo » (i.e. cocaine, donc), et un constat accablant : c’est officiel, la cocaine rend nigaud.
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JEUDI : Un dernier pour la route
Montée : Amy Winehouse / « Rehab »
Le classique instantané de la Winehouse n’est pas seulement un miracle soul, c’est aussi une bien belle fin de non recevoir adressée à la sobriété.
Descente : Beck / « Alcohol »
Ce blues dépressif de Beck rappelle à qui veut bien l’entendre que se bourrer la gueule n’est pas un style de vie mais une addiction. Conclusion : l’alcool, c’est beurk.
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VENDREDI : Ma dose, ma dose, ma dose…
Montée : Mudhoney / « Revolution »
La fuzz de Mudhoney dynamite le « Revolution » des Spacemen 3. Le pitch : sauvons le monde grâce au suppositoire à la morphine, bien plus pratique. Grand morceau hypnotique au passage.
Descente : Depeche Mode / « Walking in my Shoes »
Evoqué à demi-mot, puisque l’autre moitié n’est pas nécessaire, le calvaire du junkie prend tout son sens chanté par un David Gahan alors au bord du gouffre opiacé. Poignant.
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SAMEDI : Paradis artificiels ?
Montée : The Beatles / « Lucy in the Sky with Diamonds »
On a beaucoup glossé sur la signification cachée des initiales de ce titre. Inutile. Les paroles parfaitement surréalistes de ce classique psyché l’attestent : les consciences s’ouvraient, brother.
Descente : The Rolling Stones / « Sister Morphine »
En 1971, le Summer of Love est bien fini. L’heure est au bilan. Pas brillant. Les Stones s’y collent et offrent un « Sister Morphine » profondément pessimiste. Au bout, il n’y a rien, brother.
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DIMANCHE : Eternels regrets
Descente finale : Johnny Cash – Nine Inch Nails / « Hurt »
« Hurt » constitue probablement et de loin le plus beau morceau composé par Trent Reznor. Reprise par un Johnny Cash en fin de vie, la chose bouleverse autant qu’elle démontre une évidence : quelle que soit la génération, quelles que soient les substances, c’est toujours le poison qui gagne à la fin.
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2 Comments
Il me semblait que les Radiohead était cleans
Je m’en vais envoyer des fleurs à tout ce beau monde pr les remercier de s’être sacrifié pour mes oreilles…
En joignant photo des dites oreilles. Et si le monde entier faisait ça, ils auraient une belle collection et le monde serait formidable.
Commentaire à haute valeur ajoutée…