Le pouvoir, une drogue dure ?

Quelque récent scandale scandé ironiquement d’un « qui ne saute pas n’est pas lyonnais », quelques affaires classées sans suite par la justice innocentant des hommes politiques, Alain Juppé repartant comme en 40 à l’assaut du trône présidentiel, la récente et scandaleuse réforme de la constitution de Djibouti qui donne au Président le droit de se représenter à vie…Les exemples ne manquent décidément pas pour nous pousser à nous interroger sur cette drogue rare et sans doute bien addictive qu’est le pouvoir, et les dérives auquel il pousse.

Pouvoir politique bien sûr, qui fait se poser à Érasme cette question dans son Éloge de la folie :  » Quoi de plus insensé que de flatter le peuple pour une candidature, d’acheter ses suffrages, de pourchasser l’applaudissement de tant de fous, de se complaire à être acclamé, de se faire porter en triomphe comme une idole ou de se tenir en statue d’airain sur le forum ? « 

Pourtant, si l’homme est un animal politique qui se soumet aux rivalités de l’arène, il se distingue de moins en moins par sa virtù et explique peu l’ intérêt de son implication pour la polis aux citoyens qui sont censés l’élire. Comme on se plait à le répéter souvent ici, il manque une histoire et un scénario intéressant pour nous donner envie de participer, pour les flatter eux. L’homme politique, trouve sans doute sa novocaïne dans la compétition électorale ; mais en quel sorte de héro(…) se voit-il une fois entré dans les cénacles, entouré de ses compagnons philautia (le narcissisme), kolakia (la flatterie), tryphe (l’irréflexion) et komos (l’intempérance)?

Le  pouvoir c’est aussi un jeu de miroirs, pour celui qui domine, et celui qui « reçoit ». Est-il devenu banal depuis que les médias nous livrent une proximité quasi intime avec le « politique » ? Sommes-nous finalement toujours accros à ce jeu, dans un monde éclaté qui nous donne de plus en plus, à nous simples mortels, de pouvoirs et de possibilités – connaissances, réussite, inter-médiation des flux d’informations et de décision par un simple clic qui, dose quotidienne, suffit à nous contenter ? Sommes-nous alors tous dépendants ?

Une chose est sure. L’idée qui paraît à première vue choquante s’impose comme une évidence. Le pouvoir est une drogue dure. Il modifie le comportement de personnes qui, sans lui, seraient sans doute « normales », jusqu’à les faire agir de manière insane. Les conditions dans lesquelles il s’exerce aujourd’hui, malgré les efforts incessants vers la démocratie, n’ont pas amélioré les dérives. (Jacques Baguenard)

Allez.Vous reprendrez bien un petit rail jusqu’au prochain scandale…

2 Comments

  1. Et si nous étions tous toujours aussi en demande de ce jeu de miroir, et de pouvoir. Mais que le désintérêt porté à la sphère politique ne serait non pas conséquence de l’augmentation du pouvoir individuel de chacun, mais de l’affaiblissement du pouvoir réel de cette sphère?
    Si le pouvoir n’avait pas quitté le monde des hommes dits « politiques » pour celui des hommes dits « d’argent »?
    En d’autres termes, même si cette drogue du pouvoir politique est suffisamment forte pour conduire celui qui la goûte à des dérives dangereuses pour lui et surtout pour les autres, à en juger des dérives plus dangereuses encore, la drogue du pouvoir financier est autrement plus forte! Ou alors serait-ce la même mais à plus forte dose…

  2. bvfcdxhgf:

    fucking shit

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