Penser un nouveau projet, c’est hype #UE

Si la chronique Europe de Tout Ca se permettait d’avancer ,même en le murmurant, que l’Europe, c’est vraiment hype, l’averti lecteur et peut être bientôt millième fan sur Facebook partirait d’un éclat de rire ironique ou d’un juron scandalisé. Il pourrait même se targuer d’une réflexion cinglante : « L’Europe, oui…Un certain théâtre de l’esprit, purement gesticulatoire, où le public savait qu’il était joué, mais se délectait néanmoins du spectacle, où la France avait oublié son rôle, mais découvrait un souffleur génial, de Gaulle… »

Bon, c’est écrit par Romain Gary dans Europa, et on est en 1972. Et comme me souffle un érudit : les Européens viennent de subir de plein fouet l’agression monétaire de Nixon, l’agression énergétique du monde arabe, l’intergouvernemental à la De Gaulle a repris le pas sur le communautaire à la Monnet, l’élection directe du Parlement est toujours dans les tiroirs du Conseil, l’union monétaire est une utopie lointaine, les fédéralistes tiennent des contre-sommets à chaque réunion des chefs d’Etat, le marche commun lui-même est en panne. Nous n’étions plus très loin du degré zéro. SIC. Ca vous rappelle quelque chose là, non, le degré zéro ?

2010 est à plusieurs égard un 1972 (à nuancer pour les plus rigoureux). Bipolarité en moins, l’Europe subit une agression économique sans précédent, qui bouscule le système dans son ensemble et impose de le repenser rapidement. La crise et son effet domino sur les PIIGS, de la Grèce, au Portugal et à l’Espagne menace sérieusement l’équilibre de la zone euro, on l’a bien trop entendu. On l’a dit donc, nécessité de refonder l’ensemble vers plus d’intégration non seulement politique, mais également fiscale et budgétaire.

Et quand la recommandation émane d’un banquier, ça peut devenir hype. Tom Fitzpatrick, analyste en chef à Citigroup, a confié à Bloomberg les propos suivants : « Europe needs to stand up and decide if it is going to be a ‘United States of Europe’ or a ‘patchwork quilt’ of independent states. Without a preparedness amongst the major nations – Germany in particular - to head in this direction, we fear that the euro as a common and expanding single currency will inevitably be doomed.

Au-delà de l’esthétisme figure donc une nécessité bien concrète et les Schuman et Spinelli pourraient se retourner dans leur tombe à l’idée que l’intégration soit soutenue par le grand capital, et que même George Soros puisse nous mettre en garde : « The construction is patently flawed. A fully fledged currency requires both a central bank and a treasury. The treasury need not be used to tax citizens on an everyday basis, but it needs to be available in times of crisis.

Voilà. Il serait donc bien URGENT de prendre conscience de ces réflexions et de se saisir du sujet. Comme on dit, nécessité fait loi. Penser l’intégration en se dégageant d’une attitude « utopico-romantiste », où la fédération n’est pas présentée comme un bel idéal [...] mais comme un objectif, et de façon volontariste.

Promis, on vous donnera bientôt le plan détaillé.

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