Si l’on peut admettre que les branchés, ceux qui sont – qui font – le hype, savent être précurseurs et avant-gardistes dans certains domaines (très limités comme la mode et la musique pour ne citer que les plus évidents), leur pouvoir de prescription sur le domaine politique est nul. Car les branchés sont directement en lien avec les milieux médiatiques et business du monde culturel, ils influent directement sur leurs « amis » qui eux retransmettent au grand public. En politique, ces milieux sont totalement hermétiques.
Les gens de la hype ne s’intéressent d’ailleurs que très peu à la politique. Très majoritairement à gauche, dans le paradoxe de la sur-consommation et souvent avec un bon pouvoir d’achat, ils sont la caricature de la bienpensance Technikart, magazine pour les sous-branchés que les vrais branchés conchient pour son hérésie, mais politiquement tout ce petit monde se retrouve autour de « la guerre c’est mal » et (pour les pointus) de « la justice sociale c’est ça la vérité ».
Alors que certains milieux culturels véhiculent de vrais idées politiques, que certains artistes (underground ou très grand public) affirment fortement leurs convictions politiques, les branchés actuels se retrouvent politiquement dans le ventre mou de la vague conformiste. Aucune action de lobbying effectuée, aucune tentation d’infiltration des milieux du pouvoir.
Peut-être suis-je de mauvais esprit. Doit-on voir dans l’arrivée en force du nude dans la mode (résultat des tendanceurs de la hype) un acte politique fort qui résulterait sur l’interdiction totale de la burqa en France ? Nude vs burqa, le combat politique ne fait que commencer, les branchés font la tendance politique de la bienpensance vestimentaire.

7 Comments
je pense juste que t’en veux aux gens de gauche de t’avoir traité de red-head quand t’étais jeune (les gens de droite se cachaient à notre époque)
tu lis Technikart mon poulet, non ?
Article qui aurait pu être intéressant mais qui manque cruellement de vision. Les « tendanceurs hypes » qui se croient subversif en faisant du « nude » ne se rendent pas compte qu’aujourd’hui il n’y pas plus normatif que le nu. A leur compte et avec un soupson de cynisme inavoué (à vous de juger), ils reprennent la ligne marketing la plus évidente depuis 10 ans « le sexe ça fait vendre », et on voit se reproduire flickr et autre porno-song à la chaîne sans une seule pointe d’originalité et, tu as raison, de vision politique. Là où tu aurais pu aller plus loin dans ton analyse, c’est que cet tendance au dénudement, voulue trash mais qui ne l’est pas du tout (qui ça choque encore de voir une nana à poil alors qu’il y en a à tous les coins de rues, et à tous les coins de site web…), n’est que la prolongation d’une tendance « toujours plus » qui à mes yeux reflète davantage notre société de consommation qu’une réelle vision artistique. Jusqu’où ira le toujours plus ? C’est dans le porno que ses ramifications sont encore le plus inventives (voir les perversions japs). Pour résumer, se croire subversif en bafouant les valeurs bourgeoises traditionnelles des année 70 est simplement un manque évident d’ouverture au monde, puisque ça fait belle burette que la pensée dominante a déja battu en brèche les résistances à la consommation qu’elles constituent. Du marketing rien de plus.
Dans ce contexte, seule la burka pourrait être considérée comme réellement subversive, puisque allant à l’encontre des valeurs dominantes.
Je trouve ce débat tristement trop vertical.
Puisqu’en réalité on peut observer une porosité croissante entre les tendanceurs, les suiveurs, les gens qui se prennent trop au sérieux et les petits rigolos.
Il n’y a pas vraiment de frontières à la hype ou à la politique. Je pense qu’il faut considérer sérieusement la complexité du monde et l’atomicité des personnalités.
Tous les mêmes, mais jamais les mêmes.
Andy : le « nude » dans la mode n’est pas le « nu » mais joue plus sur la transparence et le corps sans surfer sur la vulgarité du sexe (ce sont deux phénomènes vraiment différents).
VQ : quand tu vas voir le petit milieu de la hype, tu ressens quand même énormément la verticalité de leur pouvoir proclamé. Et la porosité entre la hype et la politique, je la cherche toujours …
Autant pour moi cette confusion malhabile. Ne connaissant pas trop le milieu de la mode, j’avais d’abord réduit ton propos à la fausse tendance « underground » et « avant-gardistes » du hype bourgeois qu’on connait tous. Après la transparence, ça date pas d’aujourd’hui non plus (sauf en politique o_o ?)
@LucMandret: la porosité hype/politique = la mode des lipdubs? ah ah