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Il a bon dos l’Art, Mademoiselle
Un revolver, des seins, du sang, Lindsay Lohan et nous avons la micro polémique du week-end qui s’inscrit dans la veine de ces dernières années : « la femme de moins de 30 ans en mal de célébrité fait dans le sweety-trash pour exister ».
Pourquoi levons-nous les yeux au ciel l’air de dire « encore… », car après tout, nous avons nos habitudes en la matière : le téton de Janet dévoilé, le langoureux baiser de Madonna à Britney, la sex-tape de Paris Hilton (elle même plagiant le précurseur du domaine : Pamela A.), Lindsay Lohan elle, éprouve le besoin de se justifier pour essuyer les critiques : « C’est de l’art ».
L’auteur de cette série de photographie Tyler Shields (un aperçu de son oeuvre ici) confirme et renchérit : « Lindsay Lohan est une amoureuse de l’art » . Nous sourions. Nous nous disons que Tyler Shields a rapidemment oublié l’échec de la mission de Direction Artistique tenue par l’intéressée chez Ungaro mais nous nous égarons avec ces considérations.
L’art ne se juge pas au mérite, nous le savons (article L. 112-1 Code de la propriété intellectuelle) donc nous confirmons qu’il s’agit, ici, sans conteste d’art.
C’est bien l’absence de mérite qui avait permis de qualifier les urinoirs de Marcel Duchamp d’oeuvre d’art
ou du Pont-Neuf emballé de 50 000m2 de toile dorée, en 1985 par Christo son épouse d’oeuvre d’art contemporain.
C’est sain. Ca pousse à la créativité!
Mais il a bon dos l’art. Il permet parfois de légitimer des images potentiellement choquantes pour certains, sous couvert de l’accès à un intérêt supérieur : l’Art, la liberté d’expression…
Y-a t’il des limites? Les artistes peuvent-ils tout montrer en prétextant qu’il s’agit d’Art?
Naturellement, le respect de l’ordre public est le critère référant qui permet d’interdire la projection de certains films par exemple (le film La dernière tentation du Christ de Martin Scorsese avait été interdit de programmation par les Maires de certaines communes, au motif qu’il était susceptible de porter atteinte à l’ordre public).
Le film Baise Moi de Virginie Despentes et Coralie Trinh Thi s’était vu retiré son visa d’exploitation suite à l’arrêt du Conseil d’Etat au motif que ce film aurait du être classé dans la catégorie des films X car il est »composé pour l’essentiel d’une succession de scènes de grandes violence et de scènes de sexes non simulées ».
Un film est qualifié de pornographique ou d’incitant à la violence lorsqu’il montre une activité sexuelle non simulée ou lorsqu’il présente une succession de scènes de grande violence.
Toutefois, le juge recherche également l’intention de l’auteur, la qualité de la réalisation du film, la démarche artistique du réalisateur avant de qualifier un film de « classé X ».
Ainsi, dans le cas du film Baise Moi, le Conseil d’Etat a retennu que les autres séquences du film ne traduisaient pas « l’intention affichée par le réalisateur de dénoncer la violence faite aux femmes par la société ».
Dans un autre registre, l’exposition Our Body, A corps ouverts mettant en scène des cadavres humains, préservés par plastination, a été interdite à Paris en 2009 par le Tribunal de Grande Instance de Paris, qui a jugé qu’elle portait atteinte aux principes de respect du cadavre et d’inviolabilité du corps humain.
Les organisateurs s’étaient pourtant défendus en soulignant les caractères artistique, pédagogique et scientifique de l’exposition.
L’Art ne légitime donc pas tout…