La femme japonaise… objet de bien des fantasmes, hein, mes petits coquins ?
Car lorsqu’on parle de femme japonaise, on pense évidemment à la fameuse geisha, femme de haute compagnie, maitrisant les arts les plus nobles, comme la musique, la danse ou la cérémonie du thé, et que l’on assimile trop souvent à tort à une prostituée de luxe (n’est pas Zahia qui veut, ma bonne dame).
On pense aussi à cette épouse fidèle, obéissante et soumise, d’une sagesse irréprochable, entièrement dévouée à son travailleur de mari, qui, le pauvre, travaille teeeeellement qu’il n’a plus le temps de ne rien faire pour son foyer. Une femme entièrement dévouée, donc. Oui, entièrement. (Ca vous fait rêver, ça, mes amis, non ?)
Il y a également ces vraies prostituées, celles-là, filles peu farouches aux attributs certains et quelque peu suspects au regard des mensurations moyennes nipponnes, qui peuplent les rues de certains quartiers de Tokyo, travailleuses de nombreux bars à hôtesses et compagnonnes de passe de quelques Japonais en mal d’affection. A noter que ces Japonais n’ont donc plus le temps de rien, mais trouvent quand même celui d’aller se faire « plaisir » de temps à autre. Bizarre.
Et que dire de ces lycéennes un brin aguicheuses, dans leurs petits uniformes marins à la jupe un peu trop courte, que l’on croise partout et qui peuplent aux heures de pointes les rames du métro tokyoïte et les trains de banlieue.
Beaucoup d’images, donc, tels de médiocres clichés parfois trop vite tirés, apparaissent ainsi derrière cette fameuse femme japonaise. Mais ce qu’il faut regarder, c’est surtout une réalité compliquée pour la femme dite « moderne », désireuse de s’affranchir quelque peu du poids étouffant des traditions culturelles, économiques, politiques, toujours machistes dans une société encore très inégalitaire entre homme et femme. Cette femme qui voudrait travailler ET avoir un voire deux enfants, qui souhaiterait non seulement travailler mais aussi évoluer, faire « carrière », tout ça.
Ici, on nous rabâche chaque 8 mars que les Françaises sont mal loties, et patati et patata.
Là-bas, c’est bien pire ! Les préjugés machistes d’une société encore trop verrouillée par la gent masculine sont tenaces, et les conséquences peuvent être dramatiques.
Certes, l’emploi des femmes augmente, celles-ci représentant désormais 40% de la population active (et seulement 9% des cadres…). Néanmoins, la femme doit souvent choisir entre carrière et vie de famille. Mentalités, infrastructures et immobilisme social se conjuguent pour freiner l’activité féminine. Il n’est pas rare, voire courant, qu’une jeune femme se fasse licencier suite à l’annonce à son employeur de sa future maternité. Ou qu’un employeur rechigne à embaucher une jeune diplômée dont il estime qu’elle deviendra mère dans quelques années. Crèches et systèmes de garderies sont totalement sous-développés, aides sociales et congés parentaux très peu encouragés.
Conséquence : le taux de natalité du Japon est le plus faible au monde, avec à peine 1,3 enfant par femme. Et donc la population décroit. De plus en plus de femmes qui veulent réussir professionnellement préfèrent ainsi faire une croix, momentanément ou définitivement, sur leur désir de maternité, pour s’assurer une carrière.
Triste choix cornélien auquel elles se trouvent hélas confrontées.
Finalement geisha, c’est peut-être pas si mal.

4 Comments
Je ne sais pas si nous avons réellement tant de clichés sur les représentations des femmes japonaises.
Je pense que c’est davantage une image qui englobe toute la relation hommes-femmes au Japon. Je pense que l’on nuance ces images de femmes soumises. C’est davantage une femme « au foyer » que l’on s’imagine.
Ainsi s’il nous semble qu’elle est en effet celle qui va porter les courses au supermarché, celle qui va s’occuper de toutes les tâches ménagères, c’est aussi véritablement la « maitresse » de maison et elle qui tient notamment le budget du foyer.
C’est elles qui va donner de l’argent de poche à son mari pour qu’il aille se saouler avec ses collègues et qui, par peur de représailles, ne rentrera qu’au petit matin pour éviter les foudres matriarcales. Si la société est ultra machiste, du coup le pouvoir au foyer est essentiellement feminin…
Et c’est très vrai, les femmes japonaises ne peuvent être décrites sans connaître le regard des hommes japonais. Le nombre de filles déjà suivies dans la rue par des hommes ou un peu trop tripotées dans le métro a quand même abouti à la création de rames réservées aux femmes pendant les heures de pointe dans le métro de Tokyo…
Certes il y a de nombreuses représentations séduisantes des femmes au Japon mais oui celle de femmes accomplies dans un mode de vie équilibré reste la plus séduisante.
Rien n’a voir mais j’en profite, j’adore cette saga Chroniques Japonaises ! Continue longtemps !
Merci Olivier
Effectivement, mon regard est peut-être un peu biaisé : je me mets à la place « des autres », et j’imagine ce qu’ils ont dans la tête. Je récole aussi quelques remarques que j’entends par ci par là, qui me confortent parfois dans les a priori que j’imagine.
Ceci dit, tu as entièrement raison : c’est la femme qui « tient » son foyer.
Et effectivement, l’attitude plus que déplacée de certains hommes japonais est également un fait avéré.
Ah mais c’était pas du tout une critique, t’as anglé ton sujet et tu as bien fait, j’élargis juste un peu
et puis c’est pas grave tu auras le temps d’y revenir plus tard, on espère bien que tu vas faire tenir tes chroniques quelques années encore
J’espère aussi, Olivier ! :p