De Fleur à Katsuni, ma femme moderne bourgeonne et m’égare

Il y a 30 ans, on lisait Martine à la mer et Gridi Lapin. La maman d’aujourd’hui a bien changé, qu’elle soit une Desperate Housewives ou une MILF (Mother I’d Like to Fuck). Je ne sais plus bien si les femmes y ont gagné quelque chose ; au nom d’une liberté acquise, on les re-catégorise dans des appellations que les plus grands machistes des années 50 n’auraient même pas osé imaginer.

Cette « girl power » n’est-elle pas en fait la revanche cachée de l’homme sur la femme ? Au nom d’une émancipation économique, sexuelle, les modèles de réussite sont-ils si enviables ?

Quelques errances :

Adopte Un Mec : le « supermarché des rencontres » a tendance à me faire douter de l’intérêt pour les femmes (en particulier) et l’humanité (en général). Pourquoi donc ? Parce que supermarché fait penser à panier de consommation. Et que le panier de consommation, cette notion économique, se réfère au fait de sustenter les besoins quotidiens : pain, beurre, yaourt, couches du petit, papier toilette, coupe-ongles; bref à gérer la frustration et le besoin, pas à susciter le désir et porter vers le haut des aspirations personnelles. Au final, pour le « mec », il s’agit d’une plateforme en plus pour tirer son coup, une « planque » pour le chasseur où la proie n’est pas celle qu’on croit. La carte de fidélité (sic) est généralement un attrape-cons, sous ses airs asservis et de bonne affaire : pareil pour le lot masculin

L’ex pornstar Katsuni : l’actrice-journaliste-créatrice incarne la revanche de la marque qu’elle développe sur son activité initiale. Elle commence à être discutée dans les médias, à incarner un exemple de réussite dans des titres des plus sérieux. Katsuni est affranchie des ses canaux de distribution (initiaux) pour vivre sa vie, en étendant sa notoriété vers de nouvelles frontières. Aujourd’hui de la lingerie, des chroniques, demain un roman ou du coaching en image ? Mais combien de sordides histoires isolées rue Saint Denis pour une rescapée ?

Et puis des modèles de femme moderne comme Fleur Pellerin. Présidente du club XXIème Siècle (les élites des minorités visibles), mais au CA de Solidarité Sida, Libé dit d’elle qu’ « Avec son parcours de première de la classe, Fleur Pellerin incarne presque physiquement la philosophie du «21». «Nous ne sommes pas dans une optique communautariste, avec passe-droits et postes réservés, dit-elle, mais bien dans une idée républicaine de la diversité.» Pas de discrimination positive, mais la volonté que le plus grand nombre ait accès aux outils de la méritocratie. Elle-même en est le pur produit. Son premier «petit concours» date de son entrée en sixième dans un collège franco-allemand de Versailles. «J’étais sur des rails, j’ai enchaîné.» Bac à 16 ans, prépa HEC à 17, l’Essec à 21 ans, Sciences-Po, l’ENA. Sans effort apparent – héritage de ses grands-parents paternels, instituteurs à la campagne et «hussards de la République».«  Fleur représente donc cette girl-power enfin sortie des créations médiatiques et change en quelque sorte les déséquilibres sociaux.

Résultats des courses : de Fleur à Katsuni, ma femme moderne bourgeonne et m’égare

4 Comments

  1. VQ:

    Versailles-Essec-Sciences Po-ENA.
    J’ai du mal à saisir l’idée républicaine de diversité et la notion de modernité là dedans.
    Ah non, je rectifie ce que je ne vois pas bien dans ce modèle, c’est son intégration à la liquidité du monde. Une diversité dans l’uniformité autoreproductrice. C’est un peu l’agent Smith de la Matrice.

  2. Laurent, si je ne m’abuse, à part l’ENA, y a quand même une bonne partie de son parcours qu’on partage non ?

    Donc en fait on est des modèles d’hommes modernes et des premiers de la classe sans le savoir ? Ah. Bon ben j’irai le dire à mon chef demain alors. On verra s’il veut bien me filer plus que l’inflation comme augmentation.

    Et puis Katsuni aussi elle était sur des rails. Ben oui, elle a fait Sciences Po Grenoble, faut pas l’oublier.

  3. Le FEMME est une ILE VIRTUELLE elle change selon qui l’approche….fous celles et ceux qui cherchent à en DEFINIR la NATURE….

  4. je pense toujours qu’il faut se conformer pour ensuite imposer sa marginalité

    (mais c’est un point de vue)

Post a Comment

*
* (will not be published)