Cannes est le centre du monde et Robin est sorti du bois

C’est parti. Pendant une dizaine de jours, Cannes sera l’épicentre de la planète cinéma, des robes de princesses, des soirées jusqu’au bout de la nuit, des contrats signés et des scénarios remis entre de bonnes mains. La Croisette mise en beauté frémit, s’impatiente, et s’égosille sous un soleil au rendez-vous, on croise les doigts.

Les dernières finitions sont en cours alors que la presse a déjà droit à la projection de Robin des Bois et s’affaire dès la sortie dans le café WIFI bien équipé du Palais des Festivals, votre serviteur compris. Parce que le plus important quand même, c’est le cinéma.

Vous avez aimé Gladiator, vous êtes fan de la brute qui se cache derrière le calme olympien de Russel Crowe aka Maximus aka Robin ? Vous êtes bien parti. Ridley Scott a bien retenu les ingrédients qui composent une bonne histoire, et a priori un blockbuster. Un humble mais brillant archer orphelin au service de la Couronne d’Angleterre, un royaume divisé entre deux frères ennemis où règne la corruption, la misère et la pauvreté, une joyeuse trouve de hardis soldats toujours prêts à détrousser les bandits de grand chemin et à ripailler comme il se doit, une petite dose d’amour, et vous y êtes. Ah oui, j’oublie la musique omniprésente, notamment lors des scènes de batailles, qui rappelle étrangement les balades de Maximus dans les champs de blé. Je m’attendais presque à l’entendre répliquer à Quintus que « les hommes devraient toujours savoir quand ils sont vaincus. » Oui.

Mais qu’on ne s’y trompe pas. Si Ridley Scott connait la recette, il a donné à Robin quelques galons et déconstruit le mythe du gentil voleur. On ne vous racontera pas toute l’histoire. Sachez juste qu’on apprend pendant 2h20 comment Robin Longstride est devenu Robin des bois, et comment il a rencontré Lady Marianne, incarnée par une Cate Blanchett un peu en-dessous des performances qu’on lui connait, mais maniant fort bien l’épée et l’humour caustique. On constate avec un certain soulagement que l’histoire prend le dessus sur les habituels messages manichéens que peuvent délivrer ce genre de films. On peut même se laisser aller à penser que la Magna Carta  fut une initiative de Robin des bois. Si, si…

Enfin, et on en aurait pas douté, Robin Hood est un film très esthétique. Les paysages arides de Gladiator font place aux vertes plaines du nord de l’Angleterre, mais pas seulement, puisqu’on remarque au passage que plusieurs scènes sont dignes de Rembrandt par la lumière et l’atmosphère qu’elles dégagent.

On attend maintenant de savoir ce que deviendra Robin des bois. Succèdera-t-il au Cinquième Elément dans les coeurs des critiques, ou subira-t-il le même accueil glacial que le Da Vinci Code ? Il pourrait bien ne devenir qu’un simple   »film popcorn », à coup sûr, une fois en salles.

Ici, on attend impatiemment les prochaines séances. A suivre donc.

 

 

1 Comment

  1. La question centrale: pourquoi un enième Robin des Bois…? (surtout si Robin/Russell ne peut arriver à la hauteur de Maximus/Re-Russel..? A noter tout de même, le timing intéressant de l’histoire avec la situation politico-financière: le studio souhaiterait il surfer sur un air de revanche…?

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