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Edito : La révolte
« Soyez réalistes, demandez l’impossible! »
L’aspiration à une vie meilleure, à une société plus juste et moins discriminante, plus libre aussi. Voilà ce qui, entre autres, animait nos ainés en mai 68.
Aujourd’hui, la révolte est toujours là : toujours sous-jacente, parfois éclatante, souvent réprimée, rarement écoutée.
Sommes-nous devenus plus exigeants envers nous-mêmes et envers la société au point de ne plus nous satisfaire de nos conditions, si (relativement) confortables puissent-elles être ? Ou a-t-on réellement des raisons de se révolter ?
Ce sentiment de révolte n’est-il pas le fruit d’un glissement progressif vers une prise de conscience collective que « plus ça va, plus rien ne va » ? L’humain est méprisé, ses droits sont bafoués. L’hôpital, l’école, l’université, les transports, mais aussi les fermetures d’usines ou les délocalisations sauvages sont autant de sujets sensibles, aujourd’hui hautement politiques, qui font se révolter ceux qu’ils concernent directement.
L’harmonie a disparu, si tant est qu’elle ait existé un jour. Le manichéisme triomphe.
Les Grands contre les Petits. Les riches contre les moins riches. Les dirigeants contre les dirigés.
Le pouvoir de quelques-uns contre le bonheur de tous.
La révolte n’est-elle qu’une remise en cause d’une situation établie ?
Trouverons-nous toujours, quoiqu’il arrive, une raison pour nous révolter ?
Cette semaine, un vent de révolte souffle sur Tout ça, et il va, nous l’espérons, faire bouger quelques barricades.