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« Je ne suis pas un leader, simplement le haut parleur d’une génération révoltée prête à tout ébranler…. »
Suprême NTM
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« The revolution will not be televised. »
Gil Scott-Heron
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Jeune, la révolte, c’est ton truc. Et c’est bien légitime.
Le jeune aime à se révolter contre les institutions, la société, le monde, et, essentiellement, ses parents, qui constituent en règle générale « deux connards à la vie de merde que même pas en rêve je deviendrai comme vous. »
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(ici, insérer un bruit de porte qui claque avec fracas).
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Il est comme ça le jeune : fougueux, emporté, entier, plein de nobles sentiments et de folles espérances. Il dit oui à la vie, mais pas à la vôtre, il croit en un monde meilleur, ou alors il ne croit en rien ou alors il croit tout un tas de trucs qu’il ne croira plus avec l’âge.
C’est beau un jeune en colère, tant que ça crame pas des voitures (sinon c’est beau, mais indélicat).
C’est pourquoi l’industrie musicale et les médias de masse, qui aiment le jeune, lui livrent avec régularité de quoi alimenter sa révolte de jeune. C’est très bien vu car le jeune constitue le coeur de cible de l’industrie musicale. Autant lui faire plaisir, au jeune.
Et ce qui lui fait plaisir, au jeune, c’est de faire chier ses géniteurs en écoutant dans sa chambre (porte ouverte de préférence) de la musique de révolte de jeune, volume réglé sur « Tiens prenez ça dans les oreilles, je veux jamais devenir comme vous. »
Moins la musique de révolte de jeune est supportable pour les tympans des géniteurs, mieux c’est.
Moi même, en tant qu’ex-jeune, je peux l’avouer, j’ai crié ma révolte de jeune en écoutant à fort volume des morceaux de révolte de jeune. Ca à très bien marché, puisque j’ai pu me hurler ma révolte de jeune SANS brûler de voiture, et devenir le papa d’une petite fille qui va pas tarder à me casser les noix avec sa révolte de jeune à elle. C’est bien fichu.
Je ne sais pas si vous voyez se dessiner la chose mais entre révolte et musique, il y aurait comme un hiatus.
Bon.
Je fais court.
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1° La révolte est dirigée contre les institutions, ça c’est bon.
2° Les médias, l’industrie musicale, les parents, tout ça, ce sont des institutions. Ha si.
3° Pour que la musique de révolte de jeune arrive aux oreilles du jeune, il faut qu’elle passe le filtre des institutions. Sinon ça marche pas.
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Résultat : la révolte doit être validée par ceux contre lesquels elle s’insurge.
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Avouez, on a vu plus simple.
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Bon d’accord mais ça veut dire quoi ?
Ca veut dire, c’est mon point de vue, hein, que tous les morceaux révoltés que vous allez écouter dans la B.O. de cette semaine ont a-priori été jugés inoffensifs. Sinon, il y a fort à parier nous ne les connaitrions même pas.
De fait, lorsque NTM, en 1990, crie bien fort « Je ne suis pas un leader, simplement le haut parleur d’une génération révoltée prête à tout ébranler…. », les mêmes font le triste constat suivant 20 ans après lors d’un concert à Bercy :
« Rien n’a changé, c’est encore pire qu’avant. »
La faute à qui ?
A tous ces artistes, authentiques révoltés ?
Mais non, enfin, ils font leur boulot d’artistes révoltés eux.
L’artiste révolté est un émetteur. Un « haut-parleur » au sens propre du terme, qui « parle haut », donc.
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Le problème, ce n’est pas l’émetteur, ce sont les récepteurs.
Et les récepteurs, c’est nous.
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Jeune d’hier, jeune d’avant-hier, jeune d’aujourd’hui, jeune de demain, tu peux grâce à ces formidables émetteurs, te révolter par procuration.
C’est pas chouette ça ?
Hop. Une affiche énervée dans ta chambre, des morceaux avec des paroles qui ne se l’envoient pas dire et hop, une révolte de jeune.
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« Tremble, monde cruel !
Vacille sur tes pieds d’argiles, colosse de cynisme,
car j’ai collé une affiche de Tryo dans ma chambrette ! »
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Guère étonnant que les « institutions » ne s’inquiètent pas plus que ça …
Mieux, elles s’en amusent avec la bonhomie cruelle de celui qui ne craint finalement pas grand chose.
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La révolte est soluble dans les institutions.
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Sauf, sauf ,sauf …. quand la révolte est mise en musique sans leur consentement. Là c’est différent.
Je ne sais pas si vous avez remarqué mais les chants révolutionnaires, ceux qui ont accompagné un beau bazar social, n’ont pas été enregistrés en studio. Ils sont nés dans la rue,
Mais si, la rue… Vous savez, là où les révoltés descendent.
Quand les Beruriers Noirs, duo punk français eighties peu enclin au consensus mou, à force de réver leur utopie autonomiste libertaire bien radicale comme il faut, ont commencé à toucher, non seulement l’underground, mais l’ensemble de la jeunesse, les RG s’en sont mêlés. Ces gens là devenaient potentiellement dangereux. Le groupe n’y a pas survécu.
Fini de rire.
Quand NTM gagne son public à coups de « Nique la Police », NTM perd ses procès et se fait interdire de scène. Joey Starr, devenu un haut parleur, un vrai, ne peut plus bouger le petit doigt sans se prendre une convocation (certes il les cherchait un peu, les procès mais tout de même…)
Fini de rire.
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Fini de rire ?
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Nous n’en sommes pas loin. J’ai cherché quasi en vain des morceaux révoltés sortis durant la dernière décennie et ayant touché une forte audience. Je n’ai rien trouvé, ou presque. Oh, il y avait bien du Saez (pitié), du Manu Chao (bâillement), du Tryo (ronflement), du Vincent Delerm, ce genre… De la révolte molle de la fesse.
Alors j’ai demandé, alentours, à des jeunes, des moins jeunes ,des érudits…
Maigre récolte.
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Serait-ce que la révolte n’arrive plus à nos oreilles ?
Serait-ce que la révolte ne nous importe plus guère?
Serait-ce qu’elle n’existe plus ?
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Elle existe, citons deux cas édifiants, absolument pas mainstream du tout :
Matthew Herbert, dont le dernier album enfonce avec vigueur des portes soigneusement fermées.
Les YoMajesty, duo féminin, au hip-hop férocement engagé, qui ne se l’envoie pas dire lorsqu’il s’agit de se gausser des clichés mâles dominants.
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La révolte existe, rassurons-nous.
Elle n’arrive plus à nos oreilles, inquiétons-nous quand même un peu…
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Car la révolte musicale, si elle n’a jamais changé le monde, a fait réfléchir des générations entières, devenues moins sottes grâce à des « hauts parleurs » comme ceux dont il est question dans la B.O. de la semaine.
Et c’est déjà ça.
Mais n’oublions pas :
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« The revolution will not be televised »…
(Spécial Thanx to Ulrich Stakov et Grand Crew pour les références…)
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La B.O. de la semaine : You say you want a revolution ?
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Grand Master Flash : « The Message »
En 1982, le Grand Master Flash dégaine ce morceau fondateur au titre bien nommé, devenu classique du hip-hop old school. Tout est déjà là et le constat est accablant : partout où mon regard se pose c’est la merde, ça commence à bien faire…
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James Brown : « Say It Loud, I’m Black And I’m Proud »
En 1968, James Brown, idole absolue, se fait porte parole et le funk s’énerve. Authentique empathie ou habile positionnement marketing ? Peu importe. la chose est crédible et le « Street Fighting Man » des Stones sonne bien racoleur, en comparaison. Sly & the Family Stone, parmi d’autres, ne se mouchaient pas du pied non plus, à la même époque.
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Bob Dylan: »The Times They Are A-Changin’ »
Bob Dylan m’inspire personnellement un ennui profond et le culte qui lui est voué m’échappe. Néanmoins ce morceau de ménéstrel folk visionnaire a le mérite d’enfoncer en douceur un clou douloureux : les temps changent et si vous ne l’avez pas compris, c’est tant pis pour vous.
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Creedence Clearwater Revival : « Fortunate Son »
Le Vietnam a inspiré son lot de morceaux pacifistes. Celui-ci n’est pas pacifiste, il est remonté. Charge adressé aux élites : « Odrures, vous m’envoyez me faire tuer pour votre guerre de merde parce que je ne suis pas bien né. » Vlan. Non mais…
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The Clash : « White Riot »
A l’heure où de plus sots intitulaient sobrement leur album « On s’en bat les couilles. », le Clash de Joe Strummer refusait le nihilisme punk pour asséner l’état d’urgence : les noirs se bougent le cul, il serait sage que les blancs lèvent le leur aussi, plutôt que de se faire mettre en disant merci…
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U2 : « Sunday Bloody Sunday »
Moi aussi, j’ai du mal à y croire aujourd’hui, mais U2, avant de devenir le bidule hypertrophié des stades que l’on connaît, fut un jeune groupe irlandais engagé. Ce « Sunday Bloody Sunday », certes héroique et pompier, résonne encore comme un plaidoyer pour une paix complexe à atteindre. J’ai moi même compris la notion de « guerre civile » en étudiant les paroles de la chose en cours d’anglais. J’avais 12 ans. Cette version, Live at Red Rocks, passait le message aux Etats-Unis. C’était déjà ça de pris.
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Bob Marley : « Redemption Song »
Bob Marley, le rasta saint, s’avère tout de même un peu chiant à l’écoute. Sauf que cette sublime « Redemption Song » fait de lui un Ghandi musical, rien de moins. La colère fut rarement aussi jolie.
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N.W.A. : « Fuck The Police »
Les N.W.A. incarnaient à eux seuls la colère rap, ce qui suivra ne sera que redite et gangsta-bullshit, à peu de choses près. Leur « Fuck the Police » définitif l’atteste : N.W.A. ne faisait pas dans la dentelle de Calais mais dans la rage bouillonnante.
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Suprême NTM : « Qu’est-ce qu’on attend »
Rares, dans la chanson française, sont les paroles aussi radicales que celles de ce brûlot – le mot est faible – du Suprême NTM, s’offrant un désormais culte « Dorénavant la rue ne pardonne plus ! » avant de conclure par un appel pas déguisé du tout : « Unissons-nous pour incinérer ce système ! « Voilà voilà voilà.
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Bérurier Noir : « Le Renard »
Ce conte plus que cruel aux paroles d’une violence inouïe passerait-il encore les portes des médias aujourd’hui ? Le Renard des Berurier Noir avait la rage, c’est peu de le dire. La chose, prônant ouvertement la désobéissance civile et l’ultraviolence vengeresse, fut diffusée par M6 en 1989, live à l’Olympia. Impensable aujourd’hui ? Hahaha… Evidemment : soyons sérieux.
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Fugazi : « Merchandise »
A la force du poignet et sans jamais rien lâcher, Fugazi a su conquérir les oreilles des amateurs aiguisés mais également les autres. Une carrière entière vouée à combattre dignement le système sans jamais y entrer. « You’re not what you own. » : plus radical dans l’anticonsumérisme que ce « Merchandise », je ne vois pas. Ajuste ton bonnet péruvien, Manu Chao, il n’est pas droit.
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Sonic Youth : »Youth Against Fascism »
Les Sonic Youth ne sont pas seulement un groupe arty new yorkais prompt à casser du tympan fragile, ils livraient ici une jolie gueulante contre les extrèmes…appuyés par un certain Iain Mc Kaye, de Fugazi (tiens tiens…).
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Rage Against The Machine : « Killing In The Name »
« Fuck You, I won’t do what you tell me ! » répété 16 fois avant le furibard « Motherfucker ! » final : quel morceau pourrait mieux incarner la désobéissance ? Homérique et salvatrice colère ayant défoulé plus d’un adolescent en pleine rébellion, le « Killing in the Name » de RATM marquera les esprits pour longtemps, avant de devenir l’étalon de mesure de la saine colère boutonneuse. Notons l’énorme « Freedom », issu du même album, et son mantra « Anger is a gift » à peine murmuré mais bien audible.
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Marilyn Manson : « Disposable Teens »
Ha. Marilyn Manson. Bien entendu, le passage sur Terre de l’amusant Marilyn Manson n’a pas fait s’écrouler le monde. Il aura en revanche dopé les ventes de rimmel et de faux piercings. Reste ce « Disposable Teens », concentré de haine post-ado au nihilisme réjouissant (« The more that you fear us, the bigger we get, and don’t be surprised when we destroy all of it … »") puisque diffusé régulièrement sur MTV. Rien d’inquiétant, néanmoins.
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Diam’s : « Ma France à moi »
Houla, houla….Que fout l’inoffensive Diam’s dans cette B.O. ? Je me le demande encore. N’empêche, tant qu’à pratiquer l’entrisme, autant asséner quelques vérités bien senties au passage. Certes le morceau, quoique touchant, s’avère assez laid dans le genre sous-Eminem semi agaçé, mais c’était ça où « Le Diner » de Bénabar et son « On s’en fout, on n’y va pas, on n’a qu’à se cacher sous les draps, on commandera des pizzas, toi la télé et moi… » devenu hymne générationnel, quasi. On a les hymnes qu’on mérite, hein.
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The Beatles : « Revolution 1″
En pleine agitation hippie flower power tout ça, les Beatles au sommet, plus haut-parleurs je vois pas, lâchent ce « Revolution » étrange, moqueur et désabusé. Qu’on ne s’y trompe pas : le truc n’a rien de révolutionnaire, mais pointe au contraire toute l’ambiguité de la position du groupe : porte-parole d’une planète à laquelle il n’appartient déjà plus.
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Gil Scott-Heron : « The Revolution Will Not Be Televised »
S’il devait rester un grand morceau révolté, ce serait peut-être celui-ci. Dès 1971, ce slam impeccable de l’immense Gil Scott-Heron le rappelle avec brio : la vraie révolution ne sera pas médiatisée.
Vous ne la verrez pas venir et elle vous explosera à la tronche.
Sans musique de révolte de jeune pour vous prévenir.
Sans émeutes d’opérette.
Sans affiches contestataires punaisées à nos bonnes consciences.
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Au moins, c’est dit.
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6 Comments
Et Anarchy in the UK ? Tout de même …
@Etienne :
J’ai eu 2 problèmes avec cette B.O. :
1° Choisir. Pas simple. Certains morceaux méritaient amplement leur place mais je ne pouvais pas tout mettre, sinon, je serai encore entrain d’en écrire les descriptifs : le « Kick Out » du MC5, le fabuleux « War » d’Edwin Starr, pour prendre les premiers qui me viennent.
2° Trier, et là, c’est subjectif, plus ou moins, mais j’ai essayé de distinguer au max les révoltés et les coups marketing. Les Pistols appartiennent clairement à la seconde catégorie, amha, hein… Alors oui, « Anarchy in the UK » est un morceau symbolisant l’esprit punk 77 MAIS, c’est aussi un morceau calibré pour heurter d’emblée. Là l’émetteur n’est pas forcément dans une démarche de révolte, mais dans une démarche de résultat / visibilité. Ceci dit, les Pistols, aussi sots furent-ils, sont devenus des icônes et le morceau est encore reçu comme une grosse mandale à l’establishement. Sauf que lorsque le Clash hurle « White Riot », personne ne les téléguide… C’est tout ce qui fait la différence ! Mais bon, c’est perso hein
A en croire Greil Marcus dans Lipstick Trace, Rotten serait un grand situationniste parait il…
Oui, je sais bien. Lyndon n’a jamais été débile, mais il a été jeune. Quand tu lis le pavé de Jon Savage, « England’s Dreaming », c’est tellement fourni et circonstancié sur la stratégie Mc Laren que tu ressors de ça avec une conviction : Lyndon s’est mis à faire des choses intéressantes quand il s’est barré.
Avant ?
Un boy’s band (mais avec un put… d’album, certes) qui se fait cracher dessus dans la rue parce que son manager en fait une bande de parias.
J’ai adoré les Pistols, vraiment, mais ces mômes là étaient intrumentalisés au dernier degré. Sérieux ! Découvrir l’envers du truc m’a vraiment calmé. C’était intéressant dans la démarche, le coté voyou de Mc Laren, etc… Mais bon, ce groupe là n’en était pas un, en fait…
« Le capitalisme recycle tout même la révolte » comme dirait ce cher Beigbeider. Il est clair que les seuls mouvements de masse « tolérables » sont les concerts « Lady Gagesque » et les matchs de foot… A quand des vrais rassemblements à la fois alternatifs et intelligents dépossédés de l’image toute faite des circuits marketing qui contraignent les initiatives et façonnent les inerties…?
@Olivier
Pour tout dire je ne suis vraiment pas fan des Pistols, j’ai toujours préféré le Clash. Plus sincère et puis musicalement ils ont véritablement évoluté. Quand on écouté le 1er LP du Clash et London Calling, on se dit qu’est ce qu’il s’est passé ? Donc musicalement, je penche pour le Clash, car contrairement au Pistol il n’ont pas fait table rase d’un passé musical.
En revanche d’un point de vue impact sociologique, les Pistol se posent dans le genre. Même si quelque part il était manipulé, ils ont tout changé (en bien ou en mal je sais pas). D’ailleurs si le Clash a existé c’est en partie grâce aux Pistols. En terme de foutage de merde, ils ont fait de Anarchy in the UK le 45 tours le plus écouté des Royaume Unis tout en étant interdit.