La démocratie Toutou … L’Amiral Minc et le Cuirassé Cohn-Bendit

Jadis, j’ai appris que Paris n’était plus la fête permanente décrite par Hemingway dans The Moveable Feast.

Je fréquentais un bar dans la rue des Deux Ponts appelé « Le Tapecul. » Là, je buvais quelques verres de whisky avec un certain Geoffrey Parsons. Il était déjà un homme âgé, bien connecté au Herald-Tribune, et sa femme avait été dans la Résistance. Il connaissait la plupart des gens comme Simone de Beauvoir et les avaient « croqués » dans son livre Les Nouveaux Mandarins.

Je me souviens qu’un soir, nous avons appris que Paul Stehlin, l’ancien Général et Député, avait été heurté par un camion alors qu’il traversait une rue près de son bureau aux alentours de l’avenue de l’Opéra. Une enquête menée par le Congrès des États-Unis l’avait identifié comme étant à la solde d’un constructeur américaine d’avions. Le fameux Parsons finit son verre, et murmura que dans le commerce des armes, les règles du jeu sont différentes, et sortit…

Daniel Cohn-Bendit semble avoir oublié ces règles. Après avoir dénoncé le Stalinisme en 1968, on dirait qu’il prend un chemin similaire à ce qu’il combattait.

Cohn-Bendit nous emmène dans un voyage proche d’un « Retour vers le futur » en rappelant un pot de vin obscur entre la France et la Grèce conclu depuis plus de vingt ans. Ce thème distrait la classe politique et l’opinion publique en France et en Europe de la vraie question de fond : comment la communauté financière a-t-elle permis à une nation de seulement 12 millions d’individus  de générer une dette souveraine de 140 milliards d’euros ?

Tout à coup, l’échec économique de la Grèce s’est répandu comme une tempête de feu nucléaire en Europe. Les dirigeants de l’économie mondiale, dont DSK, ont suggéré qu’il fallait un plan de sauvetage estimé à 750 milliards d’euros afin de stabiliser la zone Euro.

Dans ce contexte tendu, que ce soit le nouveau gouvernement Tory-Liberal en Grande-Bretagne ou les revers politiques du gouvernement Merkel en Allemagne, on assiste à une nouvelle situation politico-psychologique qui exige que les pays réévaluent leurs identités nationales, quitte à bafouer l’idée d’une Europe unie.

La promotion de la morale et de l’éthique du mouvement vert en Europe permet à Cohn-Bendit de maintenir sa marque personnelle dans l’arène politique. Mais son opportunisme tombe dans l’erreur classique de ceux qui plaident pour la “troisième voie”, qui peut être exploitée aussi par Alain Minc et d’autres dans la tradition Saint Simonienne qui cherchent à asservir des peuples et des citoyens aux tares de la mondialisation.

Minc a déjà annoncé sa recommandation de réduire les prestations médicales dans le système français de sécurité sociale qui pourrait créer des “comités de la mort”, sur le même mode qu’aux États-Unis suivant le plan d’Obama.

Alors que certains suggèrent que Raymond Aron est le parrain politique de Minc, il importe de rappeler qu’Aron n’a jamais prôné la soumission de l’Etat français aux intérêts mondialistes. Il a exigé une superstructure nationale forte pour lutter contre le stalinisme et le communisme en général.

Alors démocratie Toutou ?

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