Maman aussi se met au sport…

Ce weekend c’est la fête des mères. Au moment où certains se creusent la tête pour trouver un cadeau, les magazines de mode et autres journaux féminins rivalisent d’idées. Et pourquoi pas, offrir un cadeau « sport »? Et oui, les femmes « Barbara Gould » aujourd’hui font du sport, et pas seulement les jeunes mamans! Tenez, ma mère fait de la gym une fois par semaine, elle va sur ses 53 ans!

Dans les années 1980, l’essor des salles de sport a permis de briser un tabou ancré depuis des millénaires : la femme n’est pas faite pour le sport.

A la fin du XIXe siècle, on prône dans la société l’activité physique et le sport de masse. Mais la femme est une nouvelle fois exclue. Si Pierre de Coubertin, l’inventeur des Jeux Olympiques modernes, estime que le sport est bon pour la santé de ces demoiselles, trop de sport, surtout en compétition, est inimaginable. Pourquoi? Une femme trop musclée n’est pas belle à regarder…

@Flikr

La gente féminine est tout de même autorisée à partir de 1900 à participer aux JO, mais le nombre de disciplines reste limité. Le sport côté Vénus devient donc l’un des enjeux des luttes du féminisme. Le sport, une bataille au jour le jour. En 1968, seulement 9% des femmes pratiquaient une activité sportive au moins une fois par semaine. En 1997, ce chiffre était grimpé à plus de 32%.

Des inégalités persistantes selon les sports

Le Comité International Olympique a annoncé récemment que la boxe féminine ferait son entrée lors des prochains JO, à Londres en 2012. Qu’on soit pour ou contre, c’est en tout cas une avancée énorme. Toujours cette lutte pour l’égalité des  sexes. Un bon bout de chemin parcouru depuis, par exemple, les années 1960, où les femmes étaient bannies sur le Tour de France. La première femme a braver cet interdit sera le chanteuse Dalida, en 1964. Elle sera obligée de se déguiser en homme, cachée dans la fameuse voiture 101, celle de Pierre Chany et d’Antoine Blondin, pour éviter les foudres de Jacques Goddet, l’organisateur du Tour.

Si le sport au féminin est aujourd’hui admis dans la société (occidentale), certains sports, comme le football ou le rugby féminin, restent encore trop décriés.

Que craint la société, ou en tout cas son penchant masculin ? La perte de cette image d’Epinal, qui fait de la femme un être fragile, une mère de famille… Difficilement conciliable avec des disciplines jugées trop violentes ou les contraintes de la vie d’athlète de haut niveau.

Et on n’hésite pas à critiquer une femme qui semble choisir sa carrière plutôt que sa vie de mère. L’exemple le plus significatif? Le cas Jeannie Longo, sans doute l’athlète la plus titrée du sport français. A près de 51 ans, la Grenobloise court encore. Dans son autobiographie sortie en début de mois, elle évoque pour la première fois sa non-maternité, une blessure pour cette championne : « Je suis seulement cycliste, je ne suis pas une femme d’affaires, je ne suis pas mère », un « sacrifice » réalisé au nom de sa carrière sportive, qui ne plait pas aux mauvaises langues (des hommes comme des femmes d’ailleurs!).

Vient alors la question fatidique : la femme doit-elle enfanter pour se réaliser pleinement, comme le laisse sous-entendre notre société?

1 Comment

  1. L’incitation au sport devrait aussi être encouragée par une double approche: l’invitation à avoir une activité plus longue (background réforme des retraites) et à se prémunir des atteintes à la santé (background explosion des cancers)…

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