Maman d’élève

Cette semaine dédiée à toutes les mamans me donne l’occasion d’évoquer leur rôle vis-à-vis de la scolarité de leurs enfants. On va fêter à l’envi les tendres môômans alors permettez-moi d’écorner un tout petit peu l’image de certaines. En tant que professeur j’ai un regard un peu particulier sur les mères plus ou moins soucieuses de la réussite de leur rejeton. Et la conception qu’ont certaines mamans de l’Education Nationale ne cesse de me surprendre, je ne prendrai ici que quelques exemples tout à fait symptomatiques des dérives observées au quotidien par tous les profs.

La maman et l’image du professeur :

Il y a quelques mois j’ai dû affronter les foudres d’une mère totalement outrée par la note que  « je m’étais permis » (sic) de mettre à sa fille. Cette dame pleine d’aplomb m’a expliqué très simplement qu’il était proprement scandaleux que sa chère petite blonde n’ait pas eu la moyenne en histoire alors qu’elle est issue d’une « très bonne famille » et que son échec ne pouvait être dû qu’à l’inanité du devoir ou à l’incompétence du professeur.

En l’absence d’argument fondé permettant de remettre en question ma notation j’observais très clairement le poids de l’argent dans la dissension qui m’opposait à cette maman. Ce qui émanait de son propos c’est bien que mon statut social m’interdisait tout bonnement de chicaner face à son injonction. Il était à peine sous-entendu qu’après tout je ne suis qu’un ouvrier de l’Education Nationale. Ce mépris de l’institution éducative est à mettre en parallèle avec un phénomène plus global qui concerne la place de la connaissance dans notre société. Le « savoir » a perdu sa prééminence sur l’ « avoir » et cela se traduit par une dégradation très visible de l’image du professeur. Qui serais-je pour apprendre quoi que ce soit à quelqu’un qui a mieux réussi ? J’ai du mal à me poser la question ne saisissant pas tout à fait le sens de cette réussite.

La maman et le rôle de l’école :

Il y a aussi les mères qui s’imaginent que l’Education Nationale doit se substituer à elles. Ce phénomène est certainement le plus alarmant mais aussi le plus caractéristique de la « démission parentale » qui touche une partie de la société. Je pourrais énumérer les exemples de parents qui nous demandent d’assurer l’apprentissage de la politesse et du respect à leur enfant. Je n’évoque même pas ceux qui manifestement jugent ces valeurs superflues. On a aussi des mères qui ne s’étonnent même pas que leur enfant dorme pendant les cours « puisqu’il regarde la télé toute la nuit ». Ben oui évidemment.

Alors qu’on pourrait croire que certaines valeurs sont des acquis sur lesquels le professeur peut s’appuyer pour faire son travail il apparaît que la réalité est toute autre. Il faut souvent partir de très très loin pour réussir à enseigner quoi que ce soit de scientifique. Ne nous étonnons donc pas que certains enfants accumulent du retard du début à la fin de leur cursus pour aboutir à un échec qui dépasse largement le cadre scolaire.

2 Comments

  1. en fait, t’es un mélange d’assistante sociale, de coach, de juge des libertés et de conseil matrimonila nan ?

  2. Assistante sociale oui. Coach oui. Juge des libertés, non malheureusement ! conseiller matrimonial, oui parfois !!!

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