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« Le Rock a toujours été la musique du Diable… Je crois que le rock’n roll est dangereux… Je sens que nous ne faisons que proclamer quelque chose de plus ténébreux que nous-même».
David Bowie (Rolling Stone, 12 février 1976)
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Voilà qui donne une bonne idée de la puissance des substances illicites en circulation durant les mid seventies.
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Non, mes bien chers frères, le Rock n’est pas la Musique du Diable.
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Et pourtant Dieu sait s’ils furent nombreux les obtus batraciens de bénitiers effarouchés à l’idée que la saine jeunesse puisse se laisser corrompre par de nocifs poum-tchaks et prompts à qualifier tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un truc inconnu de « machin du Diable ».
Le Blues fut la « Musique du Diable ».
Le Rock’n'roll fut la « Musique du Diable ».
La Soul fut la « Musique du Diable ».
Le Punk fut la « Musique du Diable ».
Le Metal fut la « Musique du Diable ».
Le Zouk Love fut la « Musique du Diable » (là c’est moi qui le dit, c’est personnel, je considère que l’écoute répétée de Zouk Love rend nigaud).
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Sottises.
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Ô mes bien chers Frères, en vérité je vous le dit, la Musique de Jeunes n’est point la musique du Diable, enfin, quoi.
La Musique de Jeunes est la musique du pêché. C’est différent.
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La Musique de Jeunes sert essentiellement de bande-son aux activités de jeunes que la morale réprouve : forniquer, casser des trucs, ingérer des substances illicites, hurler des âneries et emmerder ses géniteurs.
Rien de tel pour emmerder ses géniteurs que de fricoter avec l’interdit.
De là à ramener Satan là dedans, il y a un pas.
Pas que d’audacieux demeurés n’hésitent pas à franchir. En témoignent les sempiternelles mais amusantes analyses de pochettes, les albums écoutés à l’envers afin d’y déceler un improbable message satanique, et autres balivernes.
On notera qu’un être humain normalement constitué écoutant l’intégrale des Beatles à l’envers peut basculer dans la folie. Non parce qu’il y détectera un message du Malin, mais bien parce que la chose s’avère inaudible plus de 20 minutes d’affilée …
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Certes, parfois, la Musique de Jeunes évoque le Diable.
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De temps en temps, elle le fait même plutôt bien. « Sympathy for the Devil » constitue probablement l’un des morceaux les plus réussis des Rolling Stones, pourtant peu avares en sombres bouses oubliables.
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Angus Young, guitariste d’AC /DC, donne un concert de Musique du Diable.
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Bien souvent, soyons francs, c’est un cruel manque d’inspiration associé à un excès de mauvais goût vestimentaire qui nous aura offert quelques antéchrists d’operette valant leur pesant de croix retournées. Citons les désopilants Alice Cooper, Judas Priest, Motley Crue, Kiss, Ozzy Osbourne, Marilyn Manson, entre autres zigotos supposément habités par le Malin et qui s’amusaient à le faire (le malin, donc) en décapitant des volailles sur scène, en gros.
Hard rock et métal auront par ailleurs frayé avec les représentations du Démon. Plus ou moins sérieusement. La chose est ici folklorique, à défaut d’être satanique. Il est question de transgresser et d’agacer la bienséance. A ce jeu, AC /DC aura toujours le dernier mot, sans jamais y croire. D’autres créeront un écrin commode à l’imagerie efficace (voir Iron Maiden et son « Number of the Beast. » entre autres…)

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Certes, il y aura toujours les authentiques siphonnés du bulbe. Ceux dont le problème relève plus de la psychiatrie que de l’exorcisme.
Le célèbre barbu Charles Manson, allumé notoire, a fini par tuer des gens connus, en 1969 – dont Sharon Tate, l’épouse de Roman Polanski – après une fixette de trop sur le « Helter Skelter » des Beatles. C’est mal.
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Charles Manson après écoute d’« Helter Skelter ».
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Plus proche de nous, le Black Métal Norvégien s’est illustré durant les nineties par sa propension à regrouper de très mauvais musiciens mais excellents candidats à l’internement au sein des groupes Mayem et Burzum. Øystein Aarseth a.k.a. Euronymous, leader du groupe Mayem, fut poignardé à plusieurs reprises par son ancien ami Varg Vikernes du groupe Burzum.
Notons que le groupe Mayem s’était déjà illustré avec le suicide par balle de son chanteur, Dead. Le facétieux Euronymous, en découvrant le corps de Dead, s’empressa de photographier le cadavre et préleva quelques morceaux de son crâne ouvert dont il offrit par la suite les fragments en guise de pendentif élégant à quelques personnalités proches de Mayem (dont le batteur du groupe, le bien nommé Hellhammer). Certaines rumeurs voudraient même qu’il ait dévoré des morceaux du cerveau de son ami… Voilà voilà.
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Le Black Métal Norvégien est-il la Musique du Diable ?
Aucune idée, mais il ne fait aucun doute qu’il est celle des tarés congénitaux.
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Notons que l’artiste – le vrai, pas le cinglé psychopathe – évoque parfois le Diable pour mieux tenter de laver ses pêchés. Ancestrale frayeur que celle de finir en Enfer.
Surtout lorsque l’on sait qu’on ne l’aura pas volé, si tant est que la destination existe.
Car l’artiste pêche, et c’est bien légitime, vu qu’il mène une vie dissolue, rapport au mauvais exemple qu’il se doit de donner à la jeunesse qui l’écoute. Non seulement l’artiste pêche, mais sans sa propension à se vautrer dans le stupre, il y a fort à parier qu’il aurait embrassé une autre carrière que celle d’Artiste pour Jeunes. Expert-comptable, analyste-programmeur, juriste, vétérinaire, ce genre…
Artiste pour Jeunes n’est pas un métier facile : sexualité débridée, drogues, vie nocturne, alcools forts, vilaines pensées, groupies en rut… La spirale infernale du stupre s’accommode mieux d »une présence satanique que christique. A titre d’exemple, il est à noter que le rock païen, satanique ou pas, sera toujours plus rigolo que le rock chrétien, c’est ainsi.
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Donc la Musique de Jeunes sera toujours la musique du Pêché.
Et c’est très bien comme ça.
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Ecoutez de la « Musique du Diable », mes bien chers frères, c’est la meilleure.
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Et comme le braille Trent Reznor, leader de Nine Inch Nails, qui s’y connaît en pêchés :
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« If there is a Hell, I’ll see you there…. »
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La B.O. de la semaine : Thank You Satan !
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AC /DC : « Hell’s Bells »
Les facétieux AC/DC fricotent pour de rire avec l’Enfer depuis leurs débuts. La rigolotte pochette d’ »Highway to Hell » en témoigne. Point d’orgue, ce « Hell’s Bells » vengeur. « Satan vient te chercher… » Rien que ça. N’oublions pas qu’ AC/DC est avant tout un excellent groupe de rock qui n’a jamais eu besoin de Satan pour produire du « riff sorti des forges de l’enfer », comme on dit dans Rock & Folk.
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Dionysos : « Thank You Satan »
Merci Dionysos pour avoir sauvé ce beau texte de Léo Ferré, inécoutable dans sa version d’origine (Léo Ferré écrivait de jolies choses mais sur ce morceau, sa voix dépasse les limites de l’audible). La chose pose au passage un postulat : une vie sans pêché est une vie perdue.
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The Rolling Stones : « Sympathy for the Devil »
Brillant morceau des Stones, que ce « Sympathy for the Devil » tribal, vaudou, hypnotique, qui laisse la parole à un Satan sarcastique présentant son CV.
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The Beatles : « Helter Skelter »
Rien de satanique a-priori dans cette charge des Beatles spécialement composée pour faire plus de raffut que les Who. Une réussite. Reste que ce grand malade de Charles Manson y a décelé une invitation à commettre le pire. On retrouvera le titre « Helter Skelter » en lettres de sang sur les murs de la Tate Mansion et les Beatles étaient bien embêtés.
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Nine Inch Nails : « Heresy »
Avec un mauvais goût très sûr, Trent Reznor emménage dans la Tate Mansion évoquée ci-dessus pour y enregistrer The Downward Spiral, épatant album nihiliste et flippant. On y trouve ce « Heresy » parfaitement blasphématoire, incluant cette profession de non foi : « God is dead, and no one cares. If there is a Hell, I’ll see you there. »
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Snoop Dog : « Murder Was the Case »
Etonnant morceau de Snoop Dog, « Murder Was the Case » délaisse presque les délires gangstas et les histoires de pipes à crack pour installer un pacte faustien entre un Snoop agonisant et un Diable ricannant : « Je te sauve mais tu m’ appartiens. » prévient ce dernier.
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The Gun Club : » A Devil in the Woods »
Jeffrey Lee Pierce aura tenté d’exorciser ses démons durant la majeure partie de sa discographie. Chez le Gun Club, le Diable est celui de Robert Johnson, celui à qui l’on vend son âme à la croisée des chemins.
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Tricky : « Hell is Around the Corner »
Chez Tricky, l’enfer est intérieur et ses flammes brûlent pour de vrai. Suffocant constat : l’enfer, c’est ici, maintenant.
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Tom Waits : « Way Down in the Hole »
Magnifique blues desossé et bancal, le « Way Down in the Hole » de Tom Waits est une supplique. Merci de ne pas me laisser aux mains de Satan, je vais faire des bêtises…
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Mike Oldfield : « Tubular Bells (Part One) »
L’inquiétante ritournelle qui ouvre cette plage instrumentale experimentalo-atmosphérico-pénible de 25 minutes est devenue l’inoubliable mantra musical du film « L’Exorciste ». Résultat : le Diable a son logo sonore (un peu comme Bouygues Telecom, mais en mieux).
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Jeu amusant : lis cet article à l’envers à haute voix et retrouve des messages sataniques soigneusement dissimulés.
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hell yeah.