L’attaque de la flottille pro palestinienne fait beaucoup de bruit. Et cela faisait bien longtemps que le monde ne s’était pas insurgé de l’attaque d’humanitaires en plein sauvetage worldesque. Mais a bien y regarder il me semble que ce qui insurge le monde n’est pas tant l’attaque d’humanitaires mais bien la cause palestinienne.
Sans remettre en cause la nécessité de dénoncer l’attaque du 31 mai 2010 je ne partage pas le choix de l’adjectif humanitaire. Je vous l’accorde ce débat est bien secondaire, néanmoins il est nécessaire. En effet à trop confondre militantisme et humanitaire, la sécurité des acteurs humanitaires peut être engagée. En effet en temps de conflit la seule parade et le meilleur gilet pare-balles d’un humanitaire reste bien sa neutralité. Comment pouvoir accéder aux populations sans pouvoir faire la preuve de sa neutralité ? Comment convaincre un gouvernement de vous laisser traverser une frontière sans le convaincre que votre aide sera neutre et désintéressée, sans aucune volonté de prendre parti dans le conflit en cours mais bien de simplement apporter une aide aux civils ?
Et c’est bien ce qui se passe aujourd’hui en Palestine. La réaction d’Israël aurait elle été différente si le navire avait été affrété par une grande organisation internationale telle que médecins du monde ? La présence affichée et revendiquée de militants et autres personnalités politiques ne laissaient d’autres choix que de voir cette flottille comme politique et donc d’y apporter une réponse politique.
Même si je pense que jamais aujourd’hui une ONG ne saurait engagée une telle action, de peur d’y perdre sa neutralité justement, je reste convaincue que la flottille était avant tout pro-palestinienne et à 10% humanitaire. Mais est-il seulement possible aujourd’hui de donner une seule réponse humanitaire à la crise palestinienne ? Rien n’est moins sûr.

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Bonjour.
Ton développement soulève plusieurs questions, à propos de ce qu’est la neutralité (que Sartre définissait comme le refus de résister, et donc le choix du statut quo), et de ce qu’est l’aide humanitaire.
Le devoir d’ingérence ou le choix des endroits où l’on intervient sont-ils réellement « neutres » ?
On peut par ailleurs s’interroger sur pourquoi il semble logique d’envoyer du riz en Somalie, et que l’on parle de « provocation » ou de « volonté d’humilier » quand Castro et Chavez proposent l’envoi de médecins aux USA …
Pour revenir au sujet initial de l’article, le but de la Flotille de la Liberté est évidemment politique, et les organisateurs ne s’en cachent pas. Comment pourrait il d’ailleurs en être autrement, puisque la crise humanitaire de Gaza n’est pas liée à une castratophe naturelle, mais à un blocus illégal imposé par un Etat, que les militants veulent briser.
Cette opération a pour référence principale l’opération « du riz pour le Vietnam » menée contre l’occupation états-unienne en d’autres temps. Le fait que l’on s’interroge là dessus alors que les organisateurs de ces opérations, dans les 70 n’avaient pas de mal à mettre en avant les valeurs qui guidaient leur action est assez révélateur du brouillard idéologique et du refus du parti pris politique qui semble caractériser notre époque.
Bien à vous,
Vivian