Une bonne vieille guerre des images cette semaine (enfin quinzaine) tendance géopolitique, entre Israël qui prône son droit à se défendre, assaut compris dans les eaux internationales, et une partie (non négligeable) de la communauté internationale, qui défend le droit à l’accès humanitaire des palestiniens.
Que peut on récapituler?
Le passage en force du blocus des bateaux humanitaires ressemble à une provocation médiatique… que l’armée israélienne a choisi superbement d’honorer. Même les défenseurs les plus zêlés d’Israel ne comprennent pas ce parti pris, hésitant entre amateurisme-maladresse et sureté de son bon droit. En terme d’attitude de marque, cela reste peu défendable. Erreur de com?
Les associations humanitaires ont décidé de jouer la victimisation pour démontrer la posture agressive et l’injustice de la position d’Israel à l’égard des palestiniens. Preuve en images: comme au Liban en 2006, victimes à l’appui. L’armée israélienne n’a pas tardé à sortir des vidéos de l’assaut comme en 2006 où fleurissaient des video youtube sur les provocations du Hezbollah et du Hamas. Images contre images pour mieux prendre à témoin l’opinion: une leçon de la guerre du Vietnam, qui bascula avec le bombardement de Tran-Bang.
En fait, ce qui est intéressant, c’est que le pouvoir de l’image semble s’affaiblir. Les partisans d’Israel défendent leur position malgré les vidéos. L’opinion s’insurge rapidement mais balaye tout autant, semblant résignée…
On a l’impression que l’opinion comme les parties prenantes ne semblent plus croire en le pouvoir de l’image. Elles font comme si. Elles le pratiquent. Mais considèrent qu’il s’agit de quelque chose de non-vrai quand cela les dessert. Nous assistons à une forme de « déréalisation » au sens du philosophe Bernard Stiegler. Les images deviennent un outil virtuel qu’on utilise pour satisfaire ses objectifs mais qui ne peut atteindre dans l’autre sens. On a l’impression troublante que les images ne correspondraient plus en tant que tel à une réalité ressentie, assumée.
Pas surprenant en soi: la pub tv ne fait plus l’effet qu’elle faisait trente ans avant. Les marques utilisent aujourd’hui d’autres biais pour concerner leurs parties prenantes. D’un autre coté, les publics aussi ont évolué. Leurs vies se sont dématérialisées. Le bombardement d’images issus de clips ou les pratiques de jeux vidéos ont désensibilisé les publics à la réalité. A tel point que pour nombre d’ados occidentaux, la guerre c’est tendance…
C’est peut-être un des paradoxes de cette guerre d’images, les publics auxquels elles sont destinées, n’ont pas le même rapport à l’image que ceux qui la vivent….
(Crédit photo: Flickr – Zenith Phuong d’après Nick Ut)

2 Comments
c’est surtout que la force du démenti est plus forte que celle du mensonge, dans nos ères de digital storytelling.
Oui mais quand le démenti est un mensonge? (ouh là j’ai mal à la tête là…)