Coupe du monde : Episode 5

Vive le sport


Tous ceux qui pratiquent un sport collectif savent ce qu’est un vestiaire. Un vestiaire est un sanctuaire. Un entraîneur, ses joueurs. Point.

A la mi-temps de France – Mexique, l’Equipe de France est dans une situation difficile. Un match nul n’est pas nécessairement un mauvais résultat, la victoire est en tout cas difficilement envisageable. Les Bleus jouent mal, ils s’en rendent compte. Ils sont nerveux, à la limite de la rupture, ils n’y arrivent pas. Un mot plus haut que l’autre et la frustration peut tout faire exploser. Une remarque et clac, Anelka disjoncte. Le ton monte. Jusque-là nous sommes dans une situation qui arrive dans à peu près tous les clubs de foot, de hand, de basket, de toutes les divisions… des sportifs du dimanche aux pros du samedi soir. Et rien n’empêche les mêmes mecs de se retrouver devant un verre une semaine plus tard. Ou pas d’ailleurs, ce n’est pas le problème.

Dans ce genre de situation critique le coach doit prendre les décisions, il gère son groupe, il en est responsable. En l’occurrence il sort logiquement Anelka et il décide de régler le problème avec lui le lendemain. Très bien. Gignac entre, il est au moins aussi mauvais. Défaite 0 – 2. A partir de là certains membres du groupe décident de quitter le bateau et de tirer sur l’ambulance. Prendre son téléphone et appeler un journaliste avide de trash-talk, pour lui raconter cette scène qui appartient à l’intimité du groupe, dénote une volonté évidente de nuire à une équipe qui arrivait pourtant très bien à se saborder toute seule.

- Les pontes de la Fédération montent au créneau, ils jouent les vierges effarouchées. Ils essayent avant tout de sauver leur peau en rejetant la responsabilité de tous les maux (les mots ?) du football français sur les épaules d’Anelka.

- Le journal qui publie des insultes en Une a une stratégie : choquer pour vendre du papier. Tabloïd way of life.

- Celui qui achète L’Equipe ce 20 juin a un but : savoir ce qui peut bien se passer dans cette équipe en crise. Et par ailleurs avoir quelque chose de graveleux à raconter devant la machine à café.

- Anelka n’est pas excusable, sa stupidité n’est pas non plus une découverte, mais on peut comprendre qu’il pète les plombs. Rien qu’en le voyant jouer on a déjà envie d’exploser la téloche.

- Mais qu’est-ce qui peut bien motiver un membre du staff à balancer les fonds de poubelle du groupe à la presse qui n’attendait que ça ? La nature humaine sans doute. La bêtise. C’est largement aussi stupide qu’une insulte en plein visage, mais ça n’a même pas le mérite de la franchise.

2 Comments

  1. renard en or:

    Ouais mais en même temps il y a au minimum 30 personnes dans le vestiaire… donc tous ce qui se dit sera forcement répété…

    Si un joueur insulte le coach devant 30 personnes s’est pour moi public : un joueur parlera de la scène forcement a un pote qui le répètera a une autre personne qui le répètera a un journaliste, je ne vois pas comment ca peut être autrement.

    On a l’impression que c’est la mafia, il ne faut surtout pas parler à l’exterieur…

  2. Le problème étant que les 30 personnes en question sont censées avoir le même objectif, et le même intérêt. Cela ne semble pas être le cas, c’est regrettable.
    Je ne pense pas que ce qui se passe dans un groupe soit public. Sinon ce n’est plus un groupe.
    Je ne pense pas non plus qu’il soit mafieux de vouloir préserver l’intimité d’une équipe qui se cherche une cohésion. Faire en sorte de dévoiler ses dissensions est par contre assez méprisable je trouve.

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